Cette fiche a été rédigée dans le cadre du projet d’Atlas encyclopédique des Petites Iles de Méditerranée, porté par le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, et leurs nombreux partenaires.
This sheet has been written as part of the encyclopedic Atlas of the Small Mediterranean Islands project, carried out by the Conservatoire du Littoral, the PIM Initiative and their numerous partners.
(https://pimatlas.org)

ILES

Cluster : Oran

Sous-bassin : ALGERIE

Sbiaat île Ouest

Contributeur :

Tarik Mokhtari

 

Date de création : 19 Décembre 2017

Progil - Sbiatt Ouest
Commune

Ain Temouchent

Archipel /
Surface (ha) 0,35
Linéaire côtier (mètre) /
Distance à la côte (Mile nautique)

0.0756

Altitude max (mètre) /
Coordonnée géographiques Latitude /
Longitude /
Propriété foncière /
Gestionnaire(s) /
Statut de protection national /
international /

Description générale


Situé au sud-ouest du Cap Figalo dans commune de Msaid (wilaya de Aïn-Temouchent), l’archipel de Sbiaat est appelé “les 3 îles” par les Sasselois; il est constitué en réalité de 4 îles et une presqu’île à quelques mètres seulement d’une grande plage de sable fin de plus de 1 kilomètre de longueur. Pendant longtemps, l’archipel n’était accessible que par voie maritime. Il était fréquenté par les plaisanciers et les pêcheurs venants des plages de Bouzedjar à l’est ou la plage de Sassel à l’ouest. Quelques habitants du village de Msaid s’y rendent aussi régulièrement pour pratiquer la chasse sous-marine ou la pêche avec des cannes a partir des bords de la presqu’île. L’archipel est situé en bas d’une falaise, la piste difficilement praticable qui reliait la route du littoral à la plage a été rénovée, élargie et goudronnée au début des années 2000 ouvrant l’accès aux touristes qui découvraient pour la première fois ce très beau site. Un zone de parking a été aménagée au bord de la plage, un poste de gendarmerie et un poste de premiers secours ont été crées. L’archipel est resté naturel et sauvage, il n’y a pas de phare, il n’y a aucune habitation sur les îles, pas d’abri, quelques courageux font la traversée à la nage et s’aventurent sur les îles de Sbiaat mais la majorité des touristes restent sur la plage a contempler ce site paradisiaque.

Connaissances


Poussin Goéland leucophée

Il n’existe pas de publications scientifiques concernant l’archipel de Sbiaat disponibles sur internet. Ces îles sont peuplées essentiellement de goélands leucophées présents en très grande quantité; quelques rares pigeons ramiers ont été observés également. Sur le plan botanique, les îles sont revêtues d’arbustes et de quelques plantes, on note principalement la présence d’Anthemis chrysantha, une espèce endémique de la mer d’Alboran, Sonchus tenerrimus une espèce endémique de la région oranaise et d’autres jolies fleurs telles que Allium subvillosum ou Frankenia corymbosa. En ce qui concerne les poissons, leur quantité a beaucoup diminuée au cours des 20 dernières années suite à la pêche excessive, les espèces les plus fréquentes sont la badèche(Epinephelus costae), en moindre quantité le mérou brun(Epinephelus marginatus), les saupes, les sars, les rougets et les mulets. On note de moins en moins la présence de vives royales et de corbs(Sciaena umbra), 2 espèces très présentes auparavant. Les pêcheurs au filet avait l’habitude de prendre régulièrement des requins de sable et des requins-marteau. Ces prises deviennent exceptionnelles de nos jours. Un phoque-moine fréquentait l’archipel et le Cap Figalo, il dérangeait les pêcheurs, car il se servait dans leurs filets de pêche sans jamais s’y prendre. Au milieu des années 80, un pêcheur de Sassel a voulu l’exterminer. Armé d’un fusil de chasse, il a fait une sortie en mer a sa recherche, il a renoncé a le faire à la dernière minute. Ce phoque moine a définitivement quitter les lieux à la fin des années 1980.

Intérêts


C’est une très belle destination touristique fréquentée de nos jours par des touristes venants d’Aïn-Temouchent ou des wilayates limitrophes (Oran, Sidi Bel Abbes et Tlemcen). La majorité d’entre eux restent sur la grande plage de sable fin sur la côte. Quelques uns s’aventurent sur les îles de l’archipel. Jusqu’aux années 1990, les fonds marins aux abords de l’archipel étaient très poissonneux. Lors des dernières décennies, le nombre de bateaux fréquentant l’archipel et le nombre de pêcheurs ont considérablement augmentés rendant les prises de poissons de plus en plus rares. Les plongeurs peuvent toujours se consoler en allant explorer les épaves au large de l’archipel, il en existe au moins 2 dont « The City of Perth ». Ce navire anglais faisait partie d’un convoi qui devait rallier Annaba à Liverpool, il a été torpillé par un sous-marin allemand le 26 mars 1943, ses vestiges comprenant les canons et les imposantes hélices se trouvent à 18 mètres de fonds dans la baie entre l’archipel et le Cap Figalo. C’est un spot de plongée privilégié pour les plongeurs scaphandriers ou les apneistes confirmés.

Les ruines du cabanon de Louis Girardet situées sur la presqu’île représentent une curiosité. On devine l’aménagement du cabanon avec son coin cuisine, sa cheminée, ses espaces de rangement, le quai pour le bateau, le système de récupération des eaux pluviales et ses réservoirs, le treuil pour remonter le bateau sur l’île et les vestiges du système de tyrolienne entre l’île et le continent qui permettait à monsieur Girardet de faire la traversée tout en étant suspendu dans les airs quand la mer était agitée. 

ENCADRE : La presqu’île de Girardet


Fils unique et descendant d’une famille qui s’était installée en Algérie dès le début de la colonisation en 1840, Louis Girardet avait hérité de son père de terres agricoles aux alentours du village de Hassi El-Ghella(Er -rahel anciennement). Il avait la chance d’avoir 2 ouvriers sur lesquels il pouvait compter, un espagnol et un algéro-marocain. Comme il était passionné par la nature, il leur déléguait la gestion de ses terres et menait une vie au plus près de la mer. Il a fait construire une maison sur pilotis à la plage de Sassel. De la, il sortait régulièrement en bateau à la découverte de cette belle partie du littoral méditerranéen. En visitant l’archipel des 3 îles près du Cap Figalo, il est tombé sous le charme de cet endroit paradisiaque. Un beau jour une idée folle lui a traversé l’esprit : « et si je construisais un cabanon sur la presqu’île ? ». Il n’a pas hésité a concrétiser ce projet hors du commun. Après tout, sa femme de nature casanière s’occuperait de l’éducation de Georges et Christian leurs 2 enfants, ses ouvriers étaient performants, il leur faisait confiance et les terres agricoles étaient bien fertiles. Tout cela ne lui demandait pas beaucoup de présence physique. Le Cabanon réalisé était constitué d’une seule pièce de 4 mètres de long sur le côté est de la presqu’île, bien protégé des vents d’ouest. Il y avait un petit coin cuisine, une cheminée creusée dans la roche et quelques espaces de rangement. Il était à proximité directe d’un petit abri naturel où il pouvait accoster son bateau de 6 mètres. Au-dessus de son cabanon il a conçu un système pour récupérer l’eau de la pluie qui se déversait dans un petit bassin. Cette eau il s’en servait pour prendre sa douche et faire le ménage mais pas pour boire. Il amenait son eau potable du village de Bouzedjar ainsi que des batteries pour éclairer la lampe de son cabanon. La particularité de la presqu’île du Cap Figalo c’est que le cordon de sable qui la relie à la plage de Sbiaat n’est pas très large. Quand la mer s’agite, la presqu’île devient île et son accès n’est plus possible ; alors pour éviter de se retrouver bloquer dans son cabanon, Louis Girardet a conçu un système de tyroliennes, il a scellé 2 poteaux, un sur les hauteurs de l’île et un sur la falaise en face et à l’aide d’un câble, des roulettes et des poulies il pouvait se rendre sur l’île ou sur la plage. Des vestiges de ce système ingénieux sont encore visibles de nos jours sur l’île, ainsi que le treuil qui lui servait pour hisser son bateau par mauvais temps. Louis Girardet allait à la pêche tous les jours en face des îles ou au large du Cap Figalo. Il calait des nasses grâce auxquelles il prenait de grosses langoustes. Celles-ci étaient stockées dans le petit vivier de 2 mètres de large qu’il avait conçu sur la presqu’île. Il avait un ouvrier qui l’aidait pour ses sorties en mer, ce dernier n’était rémunéré que par l’argent de la vente des langoustes et il n’en manquaient pas au village de Bouzedjar. Il vivait seul sur sa presqu’île, son voisin le plus proche était monsieur Guitard qui avait construit un cabanon à l’extrémité de la baie au pied du Cap Figalo. Ils étaient les seuls occupants de toute cette région et à titre symbolique et honorifique, les autorités ont accordé à monsieur Girardet le titre de garde-pêche et garde-chasse. Cette vie paisible de solitaire en parfaite symbiose avec la nature aura duré jusqu’à l’âge de 59 ans. Monsieur Girardet se voyait vieillir sur sa presqu’île mais le destin en a décidé autrement. Le 5 juillet 1962 l’indépendance de l’Algérie est proclamée, la guerre est finie. Un grand soulagement pour les Algériens qui fêtent leur victoire pendant que les Français font leurs valises. Ce jour-là le hasard et la malchance fait que Louis Girardet se trouve au centre-ville d’Oran où règne une confusion totale. Des centaines de français sont massacrés (350 à 3000 selon les sources) et il en fera partie. S’il était reste sur sa presqu’île personne ne serait venu l’embêter. Vingt ans après Georges son fils est retourné dans son pays natal, c’était un voyage chargé d’émotions, il a revu son village et la plage de Sassel qui l’ont vu grandir. Accompagné de kader (Kadrika)un ami d’enfance, ils ont pris une petite barque et longé cette belle côte que son père chérissait au point d’y consacrer toute une vie. En Arrivant à la presqu’île tant d’images traversent son esprit, chaque rocher lui rappelle un souvenir d’enfance, un moment exceptionnel passé avec son père. Rien n’a changé ou presque, une route a été construite et la plage en bas de la falaise d’argile autrefois vierge est devenue accessible. Ce jour-là des dizaines de personnes sont présentes sur la plage, sur la presqu’île et aux abords du cabanon que son père avait bâti. Il est loin le temps où on pouvait profiter seul de ce site féerique qui porte désormais le nom de Girardet.
Tarik Mokhtari

Pressions


La grande plage de Sbiaat est l’une des plus belles plages d’Algérie. Avant qu’elle ne soit accessible il y avait peu de d’impact de pollution hormis les déchets ramenés par la mer lorsque cette dernière était agitée. Depuis que la plage est accessible, l’afflux massif de touristes a amené son lot de pollution. Les bouteilles, les sacs de plastiques et autres détritus sont malheureusement nombreux sur la plage notamment en fin de journée de week-ends d’été. En dehors de la saison estivale la plage retrouve un bon état de propreté. Au printemps, quelques rares personnes prélèvent les œufs des goélands leucophées des nids sur les îles. Il nous a été rapporté que cette pratique se faisait déjà auparavant(témoignage des années 1940), cela ne semble pas avoir d’impact significatif, une visite sur le terrain en avril 2015 retrouve une quantité très importante de goélands, de nids et d’oeufs.

Vu la beauté du site, plusieurs investisseurs notamment étrangers ont été tentés de monter des projets touristiques. Ils ont renoncé a leurs projets du fait du manque d’accessibilité au site, il faut rappeler aussi que Sbiaat n’est pas alimentée en eau courante ni en électricité. La direction du tourisme de la wilaya de Aïn Temouchent de 2007 classe le site en ZET(Zone d’Extension Touristique) et propose le site aux investisseurs. Avec l’ouverture de l’accès à la plage, cela les encouragera peut être. La particularité de l’Algérie c’est qu’il existe encore de grandes bandes du littoral méditerranéen, parfois de plusieurs dizaines de kilomètres totalement vierges. Vu l’élan démographique et le développement de l’urbanisme ces dernières décennies, il est évident que cette région fera l’objet d’un projet touristique tôt ou tard. On espère qu’il se fera en harmonie avec la nature. un tel projet concernera à priori la parcelle de terrain en face de la presqu’île. le reste de la plage étant en bas d’une falaise. Les îles ne semblent pas être menacées par l’urbanisation.

 

Enfin, la nidification du Goéland leucophée, seule espèce d’oiseau marin nicheur présente sur l’île, entraine des perturbations manifestes à l’instar de l’ensemble des îles sur lesquelles s’installent les colonies : apports de détritus et perturbation des communautés végétales en favorisant le développement des espèces rudérales. Les populations restent cependant relativement faibles. Le recensement effectué en 2015 relevait la présence de 34 couples seulement. Les collectes d’œufs de Goéland, pratiquées à l’époque par les gardiens de phare, sont aujourd’hui anecdotiques.

Gestion & Conservation


En arrivant sur le site, on peut lire sur une panneau “Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement, Espace terrestre et marin remarquable”. Le panneau rappelle qu’il est interdit de prélever des fleurs, de ramasser des espèces protégées telles que les tortues et qu’il est interdit de jeter des ordures. Ces dernières années, pendant les saisons estivales des compagnes de sensibilisation sont organisées pour informer les touristes et les encadrer pour la préservation de la nature. Ces compagnes ont été organisées par le ministère de l’environnement et par la direction du tourisme de la wilaya de Aïn-temouchent.

 

Principales ressources bibliographiques


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Cette fiche a été rédigée dans le cadre du projet d’Atlas encyclopédique des Petites Iles de Méditerranée, porté par le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, et leurs nombreux partenaires.
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ILES

Cluster : Bejaia

Sous-bassin : ALGERIE

Tigzirt / îlot à l'ail

Contributeur :

Riadh Moulai

Date de création : 19 Janvier 2017

Photo profil - île d'Ail
Commune Béjaia
Archipel /
Surface (ha) 0,3
Linéaire côtier (mètre) 220
Distance à la côte (Mile nautique)

0.0702

Altitude max (mètre) 5
Coordonnée géographiques Latitude
Longitude
Propriété foncière /
Gestionnaire(s)
Statut de protection national /
international /

Description générale


Cet îlot, situé à l’extrémité ouest de la plage de Boulimate, à 10 km environs de la ville de

Bejaia, est localement surnommé “l’îlot à l’ail” ou TISKERTH à cause de sa végétation apparente depuis le continent, dominée par de grandes tiges d’Allium commutatum à floraison estivale

L’îlot, situé à seulement 100 m du rivage (plage de Boulimate), mesure environ 0,4 ha de superficie, dont la moitié seulement est couverte de végétation, la partie nord de l’îlot étant trop fortement soumise aux embruns. Sa topographie est relativement plane bien que ses côtes soient surélevées de quelques mètres au dessus du niveau de la mer. Il s’agit d’un affleurement de grès Quaternaire (plage fossile) fortement érodé par les embruns, de sorte que sa surface, très acérée, est extrêmement désagréable au pied du baigneur. C’est probablement cela qui le protège de la sur-fréquentation estivale, malgré sa grande accessibilité depuis la plage. (Vela et al.,2012)

Connaissances


La flore vasculaire semble comporter 21 espèces (Vela et al.,2012)

La faune des invertébrés terrestres de l’île de l’ail est composée des élements suivants;

  • Gastropoda: 1 espèce
  • Insecta: 35 espécés (Bensid et Namir,2016)

La faune des vertébrés terrestres est composés d’une seule espéce, le reptile, Chalcides ocellatus (Aissat, comm.perso.)

ENCADRE : LE SUIVI DU PHYLLODACTYLE D’EUROPE


Afin de s’adapter aux contraites des missions en milieu insulaire (logistique organisationnelle, aléas étéorologiques…)  et à l’écologie du Phyllodactyle d’Europe (animal nocturne et cryptique, activité saisonnière et asynchrone au sein d’une même population…), le choix a été fait dès 2014 sur le Grand Rouveau de mettre en place un protocole de suivi reposant sur un système de tuiles rondes superposées. Ce dispositif présente l’avantage d’une surface identique dans chaque gîte, ce que n’offrent pas les amas de pierres, dont les interstices, auquel l’espèce est particulièrement sensible, sont variables. Le suivi est ainsi réalisable de jour, sans difficulté particulière pour l’observation, donc, pas de biais observateurs, pas ou peu de biais liés à la météo, dénombrement de la totalité des individus présents dans le gîte et pas uniquement les individus actifs. Ces sont ainsi 32 gîtes artificiels qui ont été installés et répartis de manière homogène sur l’ensemble de l’île afin d’intégrer un éventail le plus large possible de conditions (stationnelles, d’exposition au soleil, de végétation etc.). Ces gîtes sont suivis deux fois par an, une première fois au printemps, puis une seconde fois en automne, qui correspond à la période de présence des juvéniles issus des pontes estivales. Le contrôle des gîtes est relativement simple et rapide. Ils peuvent être contrôlés en une journée par un ou deux observateurs. Il requiert toutefois une attention particulière lors du démontage des tuiles, afin de ne pas blesser les individus lors de la manipulation de ces dernières.

Intérêts


La découverte de cette station insulaire unique d’Allium commutatum en Algérie procure à l’îlot de Boulimate une valeur patrimoniale irremplaçable à l’échelon national. Cela justifie son intégration au sein de la “Zone Importante pour les Plantes” (Important Plant Area) voisine du Parc National de Gouraya qui incluait déjà naturellement la petite île des Pisans (Yahi & al., sous-presse). Cet exemple, parmi d’autres encore inédits (E. Véla, obs. pers.), illustre combien l’exploration du hotspot algéro-tunisien “Kabylies-Numidie-Kroumirie” (Véla & Benhouhou, 2007) n’est pas terminée et doit être poursuivie consciencieusement.

La présence Malva neglecta Wallr. [= M. rotundifolia auct., non L.] ne semble jamais avoir été reportée en Kabylie ni sur le littoral du Centre ou de l’Est algérien (Quézel & Santa 1963).

Pressions


Aucune pression anthropique notable; ne semble être notée sur l’île. l’île semble  peu fréquenté (voir ci-haut, description générale)

Gestion & Conservation


Aucune mesure de gestion et de conservation de cet espace insulaire ne semble exister pour l’instant.

Principales ressources bibliographiques


  1. Bensid M. et Namir F., 2016 – Analyse de la diversité entomologique de quelques îles de la région de Béjaia (Algérie). Mémo. Master en Biologie dela Conservation et developpement durable, Université de Béjaia,69 p.
  2. Quezel, P. & S. Santa (1962-1963). Nouvelle flore de l’Algérie et des régions désertiques méridionales, 1-2. CNRS, Paris.
  3. Vela & S. Benhouhou (2007). Évaluation d’un nouveau point chaud de biodiversité végétale dans le Bassin méditerranéen (Afrique du Nord). C.R. Biologies 330 : 589-60
  4. VELA E., BOUGAHAM A. F. et MOULAÏ R., 2012 – Découverte d’Allium commutatum Guss. (Alliaceae) en Algérie. Lagascalia 32 : 291-296
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ILES

Cluster : Nord Eivissa

Sous-bassin : BALEARIC ISLANDS

Grand Rouveau

Collaborador :

Antonia Maria CIRER COSTA

Data de creació : 31 de desembre de 2017

GRAND ROUVEAU satellite
France; ile du Grand Rouveau; PIM mai 2009
Commune Sant Joan de Labritja
Archipel Nord Eivissa
Surface (ha) 1,42
Linéaire côtier (mètre) 529
Distance à la côte (Mile nautique) 63
Altitude max (mètre) 35
Coordonnée géographiques Latitude 39,0921
Longitude 1,43219
Propriété foncière Dominio Publico Maritimo-Terrestre (100%)
Gestionnaire(s) Direcció General d’Espais Naturals i Biodiversitat (Govern de les Illes Balears)
Statut de protection national /
international /

Descripció general


Es troba situada a ponent del Port de Balansat, a l’est de la Punta de sa Creu, davant els penya-segats de la Cala d’en Ferrer. Està separada d’Eivissa per un canal molt profund, contorn de la qual emergeix com un prisma irregular de roca calcària massiva del trànsit entre el juràssic i el cretaci inferior, de color blanquinós amb parets completament verticals. Els materials són més antics que els de la costa que hi confronta, de manera que la separació es deu a una falla prou important. Sols hi ha un punt, al costat sud-oest, on es pot apropar una barca, si l’onatge ho permet, i iniciar l’ascens a l’illa. A dalt de les cingleres naturals hi ha les restes d’una antiga paret que emmurallava completament l’illa; d’aquí ve el seu nom, d’època, constructors i finalitats enigmàtics, probablement preromana.

La part superior té uns 200 metres de llarg per 60 d’ample, és relativament planera, amb forma de rasa. La rasa és una superfície d’abrasió que es va formar quan el nivell del mar era més alt que ara i perquè els processos erosius van incidir fortament en l’illa (Mata & Roig, 2016). És molt pedregosa, amb les pedres de l’antiga muralla escampades i cobertes de vegetació nitrohalòfila, vegetació afavorida per l’elevada densitat d’aus que sustenta. En aquesta zona superior el grau de recobriment vegetal és molt elevat i la topografia permet una certa retenció d’aigua de pluja.

L’illa presenta nombroses cavitats i algunes coves ben desenvolupades, que serveixen de cau a distintes espècies d’aus marines.

Els fons marins són els propis dels penya-segats del nord-oest d’Eivissa, amb comunitats d’algues fotòfiles de llocs batuts en superfície, comunitats d’algues fotòfiles que ràpidament esdevenen esciòfiles a mitjan fondària a causa del pendent accentuat de les parets, de fins a 20 m de fondària. La part exterior de l’illot, entre 8 i 15 m de fons, presenta una sèrie de túnels i coves submarins que acullen una fauna cavernícola interessant. A la part nord de l’illa hi ha unes interessants plataformes rocoses cap als 33 m de fondària, travessades per canals d’uns pocs metres de fons que presenten una interessant fauna coral·lígena. A partir dels -40 m dominen els fons detrítics. La invasió per l’alga introduïda Lophocladia lallemandii, la qual va arribar molt probablement a finals de la dècada dels 90 (Patzner, 1998), és segurament l’impacte més considerable de les comunitats marines d’aquest illot.

Coneixement


Interès


La vegetació està constituïda per camèfits rupícoles litorals, alguns dels quals de distribució restringida, com la maçanella de penyal, Helichrysum fontanesii, Asteriscus maritimus, juntament amb altres de distribució més generalitzada al litoral eivissenc i als illots, com Limonium ebusitanum, Chrithmum maritimum i Daucus gnidium. Són especialment abundants espècies nitròfiles com el salat ver (Suaeda vera) o la malva (Lavatera arborea), l’all bord (Allium commutatum), entre els quals creixen exemplars d’esparreguera vera (Asparagus horridus).

En aquest illot s’ha introduït la lletrera de ses Margalides, Euphorbia margalidiana, per tal de tenir-ne una rèplica si en algun moment entrava en recessió la població de l’illa Margalida. Es tracta d’una introducció emparada pel Pla de Recuperació de l’espècie, portada a terme per la Conselleria de Medi Ambient.

L’elevat grau d’insularitat que presenta l’Illa Murada ha propiciat l’existència d’invertebrats endèmics, com els coleòpters Alphasida ibicensis i Phylan mediterraneus. Aquesta illa és la terra typica del gasteròpode Trochoidea ebusitana muradae, que n’és endèmic; així com de la sargantana Podarcis pityusensis muradae, població amb tendència al gegantisme, color del cos melànic amb laterals, gola i ventre, generalment, de color blau marí intens. Aquesta sargantana practica el comensalisme amb les aus marines, els nius de les quals visita a la recerca de restes d’aliment.

És un bon lloc de nidificació d’aus marines. Hi ha una bona colònia de virot gran, Calonectris diomedea, així com de noneta, Hydrobates pelagicus, alguna parella de corb marí emplomallat, Phalacrocorax aristotelis desmarestii, així com la gavina de peus grocs, Larus michahellis. S’hi ha documentat la pressió de l’òliba, Tyto alba, sobre la noneta, però deu ser un fenomen esporàdic no preocupant.

Cal incloure entre els interessos de l’illa les restes de la murada que li dona nom. Podria haver estat utilitzada en èpoques diferents, ja que s’hi detecten materials i tècniques heterogènies, i és possible que hagi tengut funcions defensives o també ramaderes. Alguns historiadors relacionen aquestes restes amb les de les Torres d’en Lluc, situades a la costa eivissenca, alguns quilòmetres al sud.

Pressió


L’Illa Murada no pateix una pressió excessiva. No és d’accés fàcil, però certament és visitada de manera incontrolada i pot ser que s’hi hagin produït molèsties ocasionals rellevants a les aus marines que hi nidifiquen.

No s’hi coneixen espècies invasores.

Gestió i conservació


L’Illa és Àrea Natural d’Especial Interès, la qual cosa hi proscriu definitivament cap actuació urbanística. També forma part de la Xarxa Natura 2000, en qualitat de LIC. No té, però, vigilància ni un seguiment suficient de les espècies de fauna i flora que hi viuen.

Principals recursos bibliogràfics


Patzner, R., 1998.
Posadas, E., 1989.
Ribes-Marí, E., 1993.

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ILES

Cluster : Mallorca

Sous-bassin : BALEARIC ISLANDS

Grand Rouveau

Collaborador :

Vincent RIVIERE (AGIR écologique), Patrick LELONG (Institut Paul Ricard) et Céline Damery (Conservatoire du litoral)

Data de creació : 31 de desembre de 2017

GRAND ROUVEAU satellite
France; ile du Grand Rouveau; PIM mai 2009
Commune Six-Fours-Les-Plages
Archipel Archipel des Embiez
Surface (ha) 6.45
Linéaire côtier (mètre) 1580
Distance à la côte (Mile nautique) 1.21
Altitude max (mètre) 33
Coordonnée géographiques Latitude 43,0803445
Longitude 5,7676338
Propriété foncière Publique (100% – Conservatoire du Littoral / Phares et balises)
Gestionnaire(s) Ville de Six-Fours (depuis 2001)
Statut de protection national /
international /

Descripció general


A l’Ouest du Cap Sicié, l’île du Grand Rouveau, qui fait partie de l’Archipel des Embiez, marque l’entrée de la rade du Brusc, à Six-Fours-les-plages.

Dernière île de l’archipel, culminant à 31 m, elle est dominée par un phare, contrôlé à distance depuis la station de Porquerolles, dont l’automatisation en 1974 a mis fin à plus d’un siècle de présence d’un gardien, occupant les bâtiments attenants depuis l’achèvement de sa construction en 1864. Toutefois, exceptée la présence des gardiens de phare, l’île n’a jamais fait l’objet d’aménagements à vocation touristiques, qui se sont concentrés sur l’île des Embiez toute proche et sur le littoral. L’absence d’eau et la surface modeste de l’île ont sans doute contribué à limiter ce développement. Son acquisition par le Conservatoire du littoral en 2000 a définitivement préservé cet état.

En plus du phare, les aménagements créés sur l’île restent de faible ampleur: une habitation en pierres locales apparentes ainsi qu’une remise taillée dans la roche, un chemin pavé en pierres rapportées, un débarcadère, protégé du vent d’Ouest, de petits ouvrages maçonnés ça et là sur l’île afin de faciliter l’accès aux différents points d’observation. La situation privilégiée de l’île offre un point de vue de la façade littorale jusqu’à Marseille, avec en perspective les falaises de Cap Canaille et l’archipel de Riou.

Passée l’automatisation, l’île devient, avec le développement de la navigation de plaisance, une destination privilégiée des touristes. Outre le patrimoine terrestre, la qualité du milieu marin est reconnue au-delà de la rade du Brusc. Les nombreux écueils qui entourent l’île du Grand Rouveau, bien que constituant de dangers réels pour la navigation, créent des paysages sous-marin d’une rare qualité. Ainsi, si l’archipel des Embiez est très riche en sites de plongée de grande notoriété (Ponchon et Joachim, 2003), ceux situés à proximité du Grand Rouveau sont des destinations de choix pour les clubs de l’ouest toulonnais. Cette diversité et cette richesse ont motivé l’attribution et la gestion de 273 ha du Domaine Public Maritime au droit de l’île au Conservatoire du Littoral pour 30 ans en 2011.

Toutefois, les nuisances associées à ces activités de plaisance (feux, détritus, dégradations) ont sans doute conduit quelques amoureux du site à se constituer en association de protection de l’île (APIR), dont les adhérents, tout en occupant lors de leurs séjours la bâtisse de pierres en contrebas du phare, se chargeaient de l’entretien régulier des installations et limitaient ainsi les dégradations. Malgré ces actions positives, on note toutefois une tentative échouée d’introduction de lapins sur l’île, et le repiquage de plants de Griffe de Sorcière (introduite par les gardiens de phare) ayant ainsi contribué au développement de grandes étendues sur l’île. Aussi paradoxal que ceci puisse paraître pour une espèce introduite originaire d’Afrique du sud, ces grandes plages homogènes de Griffe de sorcière sont associées pour la population locale à l’image d’une île préservée et naturelle auprès des habitants.

Quoi qu’il en soit, la présence d’espèces protégées ayant pour certaines, disparu des îles de l’archipel du fait de l’urbanisation, a conduit le Conservatoire du Littoral à s’engager dans une démarche de préservation du patrimoine naturel de l’île, à travers l’action de l’initiative PIM (Petites Iles de Méditerranée) depuis 2009. L’île, dont la richesse terrestre et marine est reconnue par un classement en Aire Spécialement Protégée d’Importance Méditerranéenne (ASPIM) en 2010, reste ouverte au public, dont la sensibilisation est confiée au gestionnaire de l’île : la ville de Six Fours les Plages.

Coneixement


Le Phyllodactyle d’Europe, espèce emblématique de l’île
(©Louis-Marie Préau, CdL/PIM 2009)

Aucune trace d’occupation historique n’est relevée sur l’île, alors que les premières traces de présence humaine sur le littoral en face de l’île sont datées entre 40 000 et 10 000 ans av. J.-C., et qu’un comptoir Phocéen, contemporain à celui de Marseille, y serait établi aux alentours de 600 ans av. J.-C. La protection de la rade du Brusc, dont l’île du Grand Rouveau ferme l’accès, ont certainement contribué à l’installation de ce comptoir puis à l’installation Romaine en offrant les conditions idéales de protection des navires contre la houle et les vents du Sud.

Avant le début des travaux de construction du phare en 1856, l’ingénieur en charge des travaux décrivait l’île comme «un petit îlot inculte, improductif, inhabité et isolé en mer » (CEEP 1999). Il est cependant probable que l’île, malgré l’absence de vestiges antérieurs au phare, ait été occupée par des marins tout au long de l’Antiquité, favorisée par la proximité du littoral et la facilité du débarquement sur l’île. On ne dispose donc que d’une connaissance récente de l’historique des activités sur l’île, documentée à partir de la seconde moitié du 19ème siècle. On connait notamment le rythme des rotations de garde du personnel, on sait grâce à leurs témoignages comment ils exploitaient le site afin de s’alimenter en légumes frais et œufs. Les potagers utilisés sont aujourd’hui envahis par une végétation dense et impénétrable, marquant ainsi le retour de l’île à une nature plus sauvage.

Sur le plan biologique, la première herborisation incomplète est réalsée par Jahandiez en 1935. Molinier en 1953 réalisée les premiers inventaires phytocosiologiques, dans le cadre d’une synthèse qu’il rédige sur l’ensemble de l’archipel, et produira la première carte de végétation au 1/20000ème. Les connaissances seront ensuite complétées par les travaux de Molinier et Moutte en 1987 et 1989. Le premier inventaire complet de la flore est réalisé par Medail en 1999 (Médail, 2000), dans le cadre d’une étude globale de la faune et la flore du Grand Rouveau réalisée par le CEN Paca (CEEP, 2009), alors Conservatoire Etude des Ecosystèmes de Provence.

Sur le plan faunistique, alors que l’archipel fait l’objet de travaux réalisés par des herpétologues (spécialistes de l’étude des reptiles) sur l’archipel, dont les écrits ne confirment pas leur débarquement sur l’île, il faut attendre 1982 pour que les premiers inventaires faunistiques soient réalisés sur l’île. Leur brève visite sur l’île leur permet de noter la présence de Rat noir et de Goélands leucophée. Il faut donc attendre 1999 pour que le bilan de la faune de l’île soit inventorié.

Passée cette période, l’action du Conservatoire du Littoral et de l’initiative PIM permet une réactualisation des connaissances, en 2009, soit 10 ans plus tard, ainsi que la formalisation d’un shéma de gestion en 2011.

A partir de cette date, les activités scientifiques se sont multipliées sur l’île, notamment à travers un programme de restauration écologique visant à éradiquer dans un premier temps la Griffe de sorcière (dès 2012) puis le rat noir (dès 2017). Des états zéros avant éradication, selon des protocoles standardisés ont été réalisés puis poursuivis annuellement sur la flore (Pavon et al, 2012 ; Ugo, 2015), l’herpétofaune et l’avifaune, s’appuyant sur les travaux menés par le Parc National de Port Cros sur l’île de Bagaud. Ces protocoles permettent, au fur et à mesure qu’avance l’éradication, de suivre l’évolution de la biodiversité en réponse à la disparition des 2 espèces invasives.

ENCADRE : LE SUIVI DU PHYLLODACTYLE D’EUROPE


Afin de s’adapter aux contraites des missions en milieu insulaire (logistique organisationnelle, aléas étéorologiques…)  et à l’écologie du Phyllodactyle d’Europe (animal nocturne et cryptique, activité saisonnière et asynchrone au sein d’une même population…), le choix a été fait dès 2014 sur le Grand Rouveau de mettre en place un protocole de suivi reposant sur un système de tuiles rondes superposées. Ce dispositif présente l’avantage d’une surface identique dans chaque gîte, ce que n’offrent pas les amas de pierres, dont les interstices, auquel l’espèce est particulièrement sensible, sont variables. Le suivi est ainsi réalisable de jour, sans difficulté particulière pour l’observation, donc, pas de biais observateurs, pas ou peu de biais liés à la météo, dénombrement de la totalité des individus présents dans le gîte et pas uniquement les individus actifs. Ces sont ainsi 32 gîtes artificiels qui ont été installés et répartis de manière homogène sur l’ensemble de l’île afin d’intégrer un éventail le plus large possible de conditions (stationnelles, d’exposition au soleil, de végétation etc.). Ces gîtes sont suivis deux fois par an, une première fois au printemps, puis une seconde fois en automne, qui correspond à la période de présence des juvéniles issus des pontes estivales. Le contrôle des gîtes est relativement simple et rapide. Ils peuvent être contrôlés en une journée par un ou deux observateurs. Il requiert toutefois une attention particulière lors du démontage des tuiles, afin de ne pas blesser les individus lors de la manipulation de ces dernières.

Interès


Le Phare de l’île (©Louis-Marie Préau, CdL/PIM 2009)

Le Phare est sans nul doute le principal élément du patrimoine architectural de l’île. D’une hauteur de plus de 17m, culminant ainsi à près de 49m on remarquera la qualité des matériaux utilisés pour sa construction : les pierres servant à la décoration du phare proviennent des carrières de Cassis, et les parements et les façades sont exécutés avec des moellons calcaires tirés du cap de la Cride situé entre le port de Bandol et de Sanary. Les murs de la maison adjacente, bien que moins spectaculaires, sont constitués de pierres locales apparentes. Les toitures des deux bâtiments ont été rénovées (en 2015 pour le phare, en 2013 pour la maison) dans le but de limiter la dégradation des bâtiments par leur mise hors d’eau.

Sur le plan floristique, alors que les études de Molinier et Jahandiez dressaient une liste de 53 taxons présents sur l’île, l’inventaire réalisé par Médail dresse une liste de 131 taxons de flore vasculaire. Aujourd’hui, les différentes synthèses font état de la présence de 8 espèces végétales remarquables dont 7 protégées. Pavon (Pavon, 2012), avait mis l’accent sur 7 espèces remarquables : Allium chamaemoly, Limonium pseudominutum, Senecio leucanthemifolius, Thymelaea hirsuta, Bupleurum semicompositum, Orobanche sanguinea et Ugo (Ugo 2015) a reconfirmé la présence de plusieurs individus d’Orpin du Littoral (Sedum littoreum). L’île du Grand Rouveau représente pour cette dernière espèce l’unique station connue du Var, tandis qu’elle n’est identifiée que de quelques points dans le massif des Calanques. C’est bien la notion de refuge que cette espèce illustre par son isolement. On peut toutefois être surpris par l’absence d’une autre plante protégée, présente quant à elle sur l’île du Grand Gaou au sein du même archipel : la Barbe de Jupiter, Anthyllis barba-jovis.

Si la richesse végétale est remarquable, il n’est en pas de même sur le plan faunistique. Les cortèges avifaunistiques, mammalogiques et herpétologiques sont particulièrement simplifiés: une seule espèce d’oiseau marin nicheur, un seul mammifère (introduit), deux espèces de reptiles. Cependant, c’est bien dans ce dernier groupe que réside le principal intérêt actuel de la faune de l’île. En effet, le rare Phyllodactyle d’Europe, Euleptes europaea (Delaugerre et al, 2012)gecko absent du littoral continental varois, disparu des Embiez et absent de la quasi-totalité des autres îles de l’archipel, est ici, à l’instar de l’Orpin du littoral, en situation de refuge. Même si les populations semblent en bon état de conservation (Cheylan, comm. pers.), et bénéficient à ce titre d’un suivi spécifique bisannuel, elles demeurent en situation critique, puisque toute introduction d’espèces potentiellement compétitrice (et notamment la Tarente de Maurétanie) pourrait à terme les faire disparaitre.

Sur le plan marin, si la diversité de faciès sous-marins qu’offrent les fonds entourant l’île est reconnue et est à l’origine de plusieurs spots de plongée, pour autant, la pêche et la chasse sous-marine ont fortement impacté les peuplements de poissons. Toutefois, la petite faune marine reste très riche et diversifiée, et on note la présence d’espèces règlementées comme le Mérou brun, Epinephelus marginatus,et le Corb, Sciaena umbra. Les herbiers de Posidonie sont bien représentés, malgré des dégradations ponctuelle dans les couvertures liées aux dégradation par les mouillages de bateaux de plaisance. Parmi les éléments remarquables constituant la richesse aquatique de l’île, on note la présence de peuplements de Gorgones, dont la Gorgone rouge, Paramuricea clavata présente à faible profondeur, de très nombreux individus de Grande nacre, Pinna nobilis, espèce protégée et le bon état écologique des bioconcrétionnements à coralligène (Harmelin et al, 2009).

Pressió


L’attrait des plaisanciers aux abords de l’île (©Conservatoire du litoral, 2017)

Depuis le départ des gardiens du Phare, les pressions sur les milieux terrestres n’ont cessé d’augmenter avec l’avènement du tourisme nautique. Les dégradations entraînées par l’absence de gestion des flux et de sensi-bilisation ont alors largement augmenté sur l’île : vandalisme, dépôts de détritus, feux de camp. Ainsi, l’intervention de l’APIR, puis l’action du Conservatoire du Littoral et de la ville de Six-Fours-Les-Plages, a permis de diminuer considérablement ces pressions sur la partie terrestre.

Sur la partie marine, la concentration des plaisanciers en période estivale entraîne ponctuellement la dégradation de l’herbier de Posidonie situées à proximité du débarcadère, conséquence d’un mouillage sur ancre non réglementé et ce, malgré la gestion en cours de la partie marine du Domaine Public Maritime au droit de l’île et son classement au sein du réseau Natura 2000. On dénombre jusqu’à 60 bateaux de plaisance en période estivale au droit du débarcadère de l’île. On note ainsi la présence de chenaux intermattes et de marmites de sable au sein de l’herbier et le fort déchaussement des rhizomes attestant de cet impact. Les actions de pêches, notamment de la pêche de loisir (à la palangrotte) et chasses sous-marine exercent une pression sur les communautés marines et participent de leur dégradation. La conséquence directe de cette pression se traduit par une faible fréquence des espèces cibles.

La Caulerpa cylindracea (anciennement C. racemosa), algue invasive, est apparue récemment sur le site. La Caulerpa prolifera, présente également sur les fonds, n’est pas une espèce introduite contrairement aux autres espèces du Genre Caulerpa.

L’essentiel des pressions sur le patrimoine biologique terrestre se focalise principalement autour de l’impact des espèces invasives. Le cortège d’espèce, bien que pauvre comparativement aux autres îles du secteur, était avant 2012 largement dominé par la Griffe de sorcière, Carpobrotus edulis, particulièrement dynamique sur l’île. Cette espèce, sans doute introduite comme le suppose Médail pour ses capacités d’adaptation en milieu littoral, et dans le but de maintenir les déblais déposés lors de la construction du phare, avait colonisé près de 60 % de la surface de l’île avant les opérations d’éradication menées à partir de 2012. Des repasses sont conduites chaque année, pour éviter toute reprise de cette espèce. Au delà de la Griffe de Soricère, on notera la présence de pieds d’Aloé, d’Agaves, de quelques buissons de Pittosporum tobira et d’un pied d’Eucalyptus, qui, pour la majorité d’entre eux, sont regroupés autour de la maison. Les populations sont peu dynamiques, et leur expansion est à surveiller.

Quant au Rat noir, son introduction n’est pas documentée. On suppose qu’il fût introduit lors de la construction du phare, mais son introduction antérieure est possible, vue la faible distance qui sépare l’île des autres îles de l’archipel. Son maintien sur l’île était largement favorisé par la présence de tapis de Carpobrotus, dont il consommait les fruits et contribue à la dissémination des graines (Abiadh, 2009). Suite aux campagnes de dératisation menées en 2017, des postes anti-réinfestation restent en place pour prévenir d’une éventuelle réintroduction du rat noir sur l’île.

On notera tout de même l’absence de la Fourmi d’Argentine, Linepithema humile, présente sur l’île des Embiez, ayant sans doute entrainé la disparition des insectes rampants. Elle entraine une simplification de la diversité entomologique, par son action sur les plantes, dissémination de graines, et son agressivité vis-à-vis des autres espèces.

Enfin, la nidification du Goéland leucophée, seule espèce d’oiseau marin nicheur présente sur l’île, entraine des perturbations manifestes à l’instar de l’ensemble des îles sur lesquelles s’installent les colonies : apports de détritus et perturbation des communautés végétales en favorisant le développement des espèces rudérales. Les populations restent cependant relativement faibles. Le recensement effectué en 2015 relevait la présence de 34 couples seulement. Les collectes d’œufs de Goéland, pratiquées à l’époque par les gardiens de phare, sont aujourd’hui anecdotiques.

Gestió i conservació


Opération d’arrachage de la griffe de sorcière (©Louis-Marie Préau, CdL/PIM 2009)

L’acquisition en 2000 de la majeure partie de l’île par le Conservatoire du littoral (le chemin et le phare restent la propriété de Phare et Balises) et la reconnaissance internationale que lui a conféré le classement en ASPIM, sont la continuité d’une action de préservation du Grand Rouveau, dont les premiers artisans furent une poignée d’habitants de la côte et amoureux du site, regroupés au sein de l’association APIR. La sensibilisation des visiteurs et l’entretien régulier des installations ont, après le départ des gardiens du phare, contribué à limiter les actes de vandalisme, les feux de camp, et le dépôt de détritus.

Ces actions sont aujourd’hui assurées par le gestionnaire du site, la ville de Six-Fours-les-plages, en partenariat avec le Conservatoire du Littoral et l’Initiative pour les Petites Iles de Méditerranée (PIM). Des travaux menées en 2018 dans le cadre du projet européen MED-PHARES ont également permis l’entretien du chemin et la canalisation du public, ainsi que l’installation de panneaux d’informations à destination des visiteurs.

L’île s’est dotée d’un schéma de gestion en 2011 (Ben Haj & Laviole, 2011), réalisé suite aux campagnes d’inventaires menées dans le cadre de l’initiative PIM en 2009. Le Document d’Objectif du site Natura 2000 FR9302001 «Lagune du Brusc» encadre les aspects marins (Rouanet et al, 2009). Un arrêté préfectoral, entourant la partie sud de l’île du Grand Rouveau et interdisant le mouillage, les activités nautiques et la navigation est en vigueur, mais ne semble pas respecté par les usagers. Une organisation des zones de mouillages devrait être mise en place afin de limiter l’impact entraîné par la forte fréquentation par les plaisanciers. D’autres actions de préservation du milieu marin sont en cours ou en projet.

En 2012, un programme de restauration écologique a été lancé afin de lutter contre deux des espèces invasives présentes sur l’île : la griffe de sorcières et le rat noir. Ce programme, encore en cours aujourd’hui, est porté a été mené par le Conservatoire du littoral et la mairie de Six-Fours-Les-Plages, avec l’expertise technique apportée par les équipes d’AGIR Ecologique et de l’Initiative PIM.

Après des opérations ponctuelles d’arrachage initiées en 2009, des campagnes visant à l’éradication de la Griffe de Sorcière sur l’ensemble de île (y compris en falaise) ont été entre 2012 et 2016, à raison d’une semaine par an. Près de 178 journées-homme ont ainsi été mobilisées. Des contrôles annuels (repasses) sont menés depuis 2013 et jusqu’à aujourd’hui, pour éliminer les repousses sur les zones d’intervention et se poursuivront jusqu’à la disparition totale de la Griffe de sorcière sur l’île (estimée à une dizaine d’années). Bien que les résultats observés jusqu’à présent soient encourageants (diminution du volume de repousses au fil des ans), les volumes totaux ne sont pas négligeables (Conservatoire du litoral, 2020).

Des opérations de génie écologique (Auda & Rivière, 2014) ont été mises en place pour accompagner les processus de cicatrisation du milieu sans modifier le patrimoine génétique insulaire (semis, pépinière – cf encadré-, andains anti-érosion …). Un projet de pépinière expérimentale, réalisé à partir de boutures locales, a été testé mais, en raison de nombreuses difficultés, a du être abandonné en 2018.

L’opération de dératisation (cf encadré) menée sur la base du protocole proposé par l’équipe de l’INRA de Rennes, a fait l’objet d’une importante campagne en 2017 (alliant phase de piégeage mécanique puis chimique) et une campagne complémentaire en 2018 (suite à la détection d’indices de présence du rat noir en debut d’année). L’île est désormais équipée en postes anti-réinfestations, suivis régulièrements par les agents de la Ville de Six-Fours et et l’Initiative PIM, après de prévenir de toute nouvelle introduction.

Au niveau marin, on note que le moratoire concernant la protection du Mérou brun est bien respecté, l’espèce étant fréquente dans les fonds rocheux autour de l’île. La gestion et l’organisation des mouillages en vue de limiter l’impact du à la forte fréquentation des plaisanciers semble délicate. En effet, considérant le nombre important de bateaux, interdire le mouillage sur ancre conduirait à déplacer la pression sur un autre site, quant l’organisation de mouillages sur bouées pourrait inciter les plaisanciers à rester au mouillage de nuit, alors qu’ils ne sont présents qu’en journée aujourd’hui. La sensibilisation semble aujourd’hui la meilleure voie pour limiter ces impacts, en invitant les plaisanciers à mouiller sur les plages sableuses plutôt que dans l’herbier lui-même, et par la même occasion à gérer et recycler leurs déchets.

ENCADRE : LE GRAND ROUVEAU, SITE EXPERIMENTAL POUR UNE RESTAURATION ECOLOGIQUE « LOW-COST »


Au regard de l’intégration du Grand Rouveau dans le programme « îles sentinelles » de l’Initiative PIM, et lors des réflexions pour l’élaboration du programme de restauration écologique en 2012, l’ensemble des organisations ont pris le parti de s’appuyer sur les partenariats et les collaborations inter-institutions pour mener à bien les actions prévues, et de mettre en place des actions à faible coût, afin de faciliter leur appropriation et leur réplicabilité par des gestionnaires de petites îles du bassin méditerranée, aux moyens limités.

Concernant l’éradication de la griffe de sorcière, au regard de la configuration du site et pour des raison économique et écologique, le choix a été fait de ne pas exporter les rémanents vers le continent pour traitement en décharge spécialisée. Pour limiter l’érosion et favoriser la reprise végétale, les Griffes de sorcières arrachées ont été utilisées pour la mise en place d’andains. Sur les zones accessibles, la méthode des andains a largement contribué à faciliter l’intervention, et permis de mobiliser des personnes bénévoles non formés à ce type de travaux.

Que ce soit pour l’arrachage de la Griffe de Sorcière ou les capagnes de dératisation, la mobilisation de personnels bénévoles (agents des organiations porteuses de la démarche, gardes du littoral, agents des Parcs Nationaux de Port-Cros et des Calaques, entreprise AGIR Ecologique) a été l’un des principes mis en œuvre tout au long des opérations, afin de limiter le coût de cette intervention d’ampleur et de sensibiliser et impliquer des partenaires. Pour la dératisation le recours aux bénévoles représente 60% du temps-homme mobilisé au total.

Principals recursos bibliogràfics


  1. Bellan-Santini D., Ruitton S., 2001 – Inventaire du Patrimoine Naturel de Provence-Alpes-Côte d’Azur ; ZNIEFF actualisées. ZNIEFF N°83-000-003. Les Embiez (ouest) – Le Grand Rouveau et Rochers des Magnons. Ministère chargé de l’Environnement, Muséum National d’Histoire Naturelle 5 p.
  2. Ben haj S., Laviole L., 2011 – l’île du Grand Rouveau ; Schéma de gestion. Initiative PIM, 41 p.
  3. Conservatoire-Etude des écosystèmes de Provence, Conservatoire Botanique National de Porquerolles, 1999 – Etude du milieu naturel de l’île du Grand Rouveau (archipel des Embiez, Six-Fours-Les-Plages). 49 p.
  4. Delaugerre M., Cheylan M., 2012 – Observations et remarques sur l’herpétofaune des îlots de Provence (de Six-Fours à la Londe). Note naturaliste Initiative PIM. 13 p.
  5. Harmelin J.-G., Lelong P., Rouanet E., Ruitton S., 2009 – Mission île du Grand Rouveau – Milieu marin. Note naturaliste Initiative PIM 20 p.
  6. Lelong P., Couvray S., Miard T., Rebillard D., Bonnefont J.-L., 2014 – Inventaire de la faune ichtyologique des fonds marins de l’ouest toulonnais – Rapport annuel 2013. Contrat TPM – CG83 – Institut océanographique Paul Ricard. 23 p.
  7. Médail F., 2000. – Flore et végétation du Grand Rouveau. Bull. Soc. Bot. Centre Ouest, 31 : 21-46.
  8. Rouanet E., Bonnefont J-L. Lelong P. et Durand R., 2009 – Site Natura 2000 FR 9302001 “Lagune du Brusc” – Document d’Objectifs – Tome 1 : Diagnostics écologiques et socio-économiques, enjeux et objectifs de conservation hiérarchisés – Note de synthèse. Institut Océanographique Paul Ricard – Mairie de Six-Fours-les-Plages : 35 p.
  9. Ugo J., 2015 – Suivi de la végétation après éradication de la Griffe de sorcière sur l’île du Grand Rouveau. Initiative PIM. 10 p.
  10. Conservatoire du litoral, 2020. Expériences de gestion et de conservation dans les petites îles de Provence
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Cette fiche a été rédigée dans le cadre du projet d’Atlas encyclopédique des Petites Iles de Méditerranée, porté par le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, et leurs nombreux partenaires.
This sheet has been written as part of the encyclopedic Atlas of the Small Mediterranean Islands project, carried out by the Conservatoire du Littoral, the PIM Initiative and their numerous partners.
(https://pimatlas.org)

ILES

Cluster : Cabrera-Migjorn de Mallorca

Sous-bassin : BALEARIC ISLANDS

Grand Rouveau

Contributeur :

Jordi MUNTANER (Govern de les Illes Balears)

Date de création :
31 de desembre de 2017

GRAND ROUVEAU satellite
France; ile du Grand Rouveau; PIM mai 2009
Commune Ses Salines
Archipel Cabrera-Migjorn de Mallorca
Surface (ha) 2,46
Linéaire côtier (mètre) 747
Distance à la côte (Mile nautique) 134
Altitude max (mètre) 10
Coordonnée géographiques Latitude 39,3103
Longitude 3,00116
Propriété foncière Dominio Publico Maritimo-Terrestre (100%)
Gestionnaire(s) Direcció General d’Espais Naturals i Biodiversitat et Direcció General de Pesca i Medi Mar (Govern de les Illes Balears)
Statut de protection national /
international /

Descripció general


Es tracta d’una petita illa que pertany al terme municipal de ses Salines. Està situada al sud-est del port de la colònia de Sant Jordi, al sud de Mallorca. Aquesta illa protegeix aquest petit port (a 450 m de distància) dels embats dels vents de component sud i sud-est. Possiblement, el nom deriva de l’existència d’un punt de vigilància en el seu cim (Cosme Aguiló, [comunicació personal]). Entre na Guardis i la costa més propera de Mallorca es troben dos petits illots, el Gros i el de s’Estopa, i dos esculls, el Petit i el dels Corbs Marins. Una mica més enfora i cap al sud-est, però també a prop de na Guardis, es localitzen na Moltona, el més gran de tots i el més proper, i na Pelada, més petit i allunyat. Tots tres presenten característiques geològiques i biològiques molt semblants.

La composició geològica és de calcarenites vindobonianes i plistocèniques, amb aposicions de sediments arenosos i dunars i una confirmació tabular i ondulada. El perfil costaner presenta plataforma d’abrasió, abundància de reble d’erosió i fenòmens de microcarstificació per l’efecte de l’onatge. Els fons immediats són predominantment arenosos, amb una praderia de posidònia ben desenvolupada.

L’any 1990 es va construir la primera balisa de l’illa de na Guardis. Es tractava d’una marca lateral, d’estribord (verd) per senyalitzar l’illot a les embarcacions que recalen al port de la colònia de Sant Jordi. El 2003 un temporal va destruir-la, i només va quedar la base de formigó d’aquella instal·lació, i es va posar una balisa provisional. L’any 2004 es va substituir per una de fibra i se’n va canviar la ubicació a una zona més protegida. A l’octubre de 2014 la balisa va passar a ser una marca cardinal W (groc-negre-groc) per decisió de la Comissió de Fars. Actualment l’aparença lluminosa és de nou centelleigs blancs cada deu segons i té un abast nominal de tres milles nàutiques. L’equip lluminós és de leds i té alimentació solar mitjançant un panell fotovoltaic i una bateria. Està monitorada per via GSM des de Palma i s’hi fan dues o tres visites anuals per al manteniment.

Coneixement


Història

A la cota més elevada d’aquest illot es troba un important jaciment arqueològic corresponent a una instal·lació comercial púnica que va estar activa des de la seva fundació, cap al segle IV aC fins al segle II aC, coincidint amb l’ocupació romana. Es tracta del primer assentament púnic trobat a les Balears fora d’Eivissa. Posteriorment se n’han trobat d’altres a uns quants illots de Mallorca, però menys importants. Aquest establiment inclou un centre d’habitatge i comerç constituït per una edificació de planta rectangular, dividida en dues cambres iguals amb llars de foc. S’hi han trobat diferents restes ceràmiques de peces d’ús quotidià, com vaixelles i plats púnics-ebusitans i nombroses peces d’àmfores. Aquestes edificacions són ben visibles en els sistemes disponibles de fotografia aèria. També s’han trobat nombroses restes arqueològiques púniques, consistents en peces de ceràmica, a les aigües immediates a aquest illot.

No hi ha més testimonis històrics d’usos d’aquesta illa, fins a l’abalisament modern de navegació.

L’explotació del marès: la pedra illenca[1]

Des de temps immemorials, el marès ha estat un material bàsic per a bastir edificis a les Balears, tot i que avui està en recessió, desplaçat per noves tècniques i materials. Fins a mitjan segle XX era el més important arreu; basta recordar obres tan emblemàtiques com la catedral de Palma, el castell de Bellver, les murades de Ciutat,  l’església de qualsevol poble i la immensa major part de cases urbanes o rurals.

Antany l’obtenció d’aquest material preuat es concentrava en les pedreres litorals emplaçades al llarg de tota la costa del nostre territori. En aquest sentit, cal ressenyar que aquesta ubicació no és casual: el litoral mallorquí, sobretot a la zona del sud i llevant de l’illa, és la zona maresera per excel·lència, i el transport del marès es realitzava amb barca, com es comprova en els llibres d’obra d’algunes de les construccions més importants de Mallorca. Va haver-hi pedreres costaneres actives fins als anys 60 del segle passat.

Les pedreres de marès són molt visibles a la costa i les illes: el tall és recte i dret, ja que s’obtenien prismes de pedra ben regulars. Aquesta explotació va transformar l’aspecte natural d’una bona part del litoral illenc. L’antigor de moltes d’aquestes ha afavorit una integració natural amb la resta d’elements que conformen el paisatge, al qual imprimeixen caràcter i aporten testimonis de l’antiga activitat humana. Aquesta empremta ha comportat una riquesa toponímica notable. Les pedreres es complementaven amb barraques, cisternes, embarcadors i altres elements que humanitzen l’entorn.

Les pedreres de marès són la prova més evident de la tasca extractiva duta a terme pels trencadors de marès. La seva presència és força notable, sobretot, als municipis de Calvià, Palma, Llucmajor, Santanyí o Felanitx. Es conserva una informació detallada als arxius de com el material per a cada una de les parts de determinades obres importants, com la Seu, era seleccionat de distintes pedreres, algunes a molta distància de Palma. La tasca dels trencadors va ser descomunal: el buit generat en aquests indrets —en alguna d’aquestes assoleixen unes alçades de més de vint metres— es va crear degut a la tasca pacient d’esculpir a cops d’escoda cantons de marès. El tall perfecte que presenten les parets d’aquestes pedreres descomunals es creà de manera artesanal, amb una habilitat admirable. Francisco Vich Verger (Coll d’en Rabassa, 1934) es considera el darrer trencador de marès de Mallorca. L’any 1964, a causa d’un encàrrec especial, va extreure manualment la darrera peça de marès d’una pedrera mallorquina. Explica com s’obtenien les peces de marès i quines eren les eines que empraven: una escoda, un tallant, uns tascons, paciència i l’experiència que sols s’aconsegueix amb els anys. Els senyals que queden a la pedra demostren que la tècnica era exactament la mateixa que vuit-cents anys abans.

Cal constatar l’existència de jaciments de marès en algunes de les illes i illots entorn de les illes majors. A Cabrera hi ha pedreres a la cala Santa Maria, entre els calons des Forn i el des Palangrers. També és significativa la pedrera de cala en Regau, a sa Dragonera. És molt evident també l’activitat extractiva present a na Guardis, l’illa de na Moltona, na Llarga, na Pelada, l’illa Gavina, na Corberana i na Cabot, propers a la colònia de Sant Jordi. Són molt notables els gravats a la pedra de na Pelada, on hi ha representats magníficament els velers amb els quals es traginaven els mitjans.

Cal esmentar també la particularitat que es pot percebre al litoral llucmajorer. Les riberes marines de les possessions de Son Granada, es Puigderrós i sa Torre són uns indrets on es pot percebre amb força claredat l’intensa tasca extractiva que s’hi dugué a terme; a més, hi han arrelat dos topònims força rellevants pel que fa al que a nosaltres ens interessa: l’illot de la Fossa i els illots de Can Climent. Ambdós indrets poden ser resultat d’aquesta labor extractiva incipient duta a terme en aquesta contrada, i la distinció recollida als genèrics d’ambdós noms de lloc ens permet intuir alguna mena de lligam entre la seva formació i el seu reconeixement i arrelament toponímic. A banda d’aquesta curiositat hipotètica, volem ressenyar l’aparició de certs penyals isolats molt propers a la costa que, sense tenir la consideració toponímica d’illots, són fruit també de la tasca pacient i activa duta a terme pels trencadors de marès. És el cas del prominent rocam situat al morro d’en Feliu, a la ribera de Calvià. És perfectament possible que alguns illots de marès de petita entitat arribassin a desaparèixer per la intensitat de l’extracció.

 

Referències
AGUILÓ ADROVER, C., 1996.
ALOMAR GARAU, G.; CLAR MONSERRAT, B., 2007.
SALVÀ MATAS, C., 2013.
SALVÀ MATAS, C., 2014.
SASTRE MOLL, J., 1987.
SASTRE MOLL, J. ,1993.
SASTRE MOLL, J., 2007.

[1]Tomàs Mut Ferragut

Interès


Interès

 

A la part més elevada de l’illot es troba una garriga laxa formada per Phillyrea latifolia subsp. media i Pistacia lentiscus amb presència d’Asparagus horridus. A les zones més arenoses és abundant Helichrysum stoechas, juntament amb Pancratium maritimum i Lotus cytisoides. Altres espècies detectades a aquest illot són Eryngium maritimum, Crithmum maritimum, Mesembryanthemum nodiflorum, Teucrium capitatum subsp. majoricum, Teucrium dunense, Limonium caprariense i Diplotaxis ibicensis, fins a un nombre superior a 70 tàxons.

Aquest illot, igual com els de na Moltona i na Pelada, està ocupat per una subespècie endèmica de la sargantana de les Balears (Podarcis lilfordi jordansi). Com la majoria de les sargantanes d’aquesta espècie, són de coloració dorsal molt fosca, quasi negra, i ventral blavosa. Es presenten amb densitats molt elevades i són molt confiades: acudeixen a les restes de menjar que deixa l’home.

L’aucell més característic d’aquest illot ha estat la gavina de bec vermell o gavina corsa (Larus audouinii). Aquesta espècie de comportament reproductor molt itinerant, que ha incrementat les poblacions a totes les illes Balears des de començament dels anys vuitanta del segle passat, va fer niar per primera vegada a na Guardis 54 parelles el 2000, 40 el 2001 i només ho va fer una colla el 2002. No va a tornar a niar fins al 2006, amb 27 parelles que varen criar. El màxim històric es va produir l’any següent, amb 233 parelles. Posteriorment la xifra va davallar a 3 colles el 2009, 40 el 2012 i 1 el 2013, sense que s’hagi tornat a reproduir a aquest illot. També es va detectar qualque colla de gavina de potes grogues niant, però ha estat una situació excepcional. S’han produït també nidificacions esporàdiques de collverd (Anas platyrhynchos) i, possiblement, de picaplatges camanegra (Charadrius alexandrinus). El 2016 es va comprovar la presència de Rattus sp. a aquest illot.

Pressions


 

Aquest illot, a causa d’estar molt a prop del port de la colònia de Sant Jordi i de la platja des Dolç i pel fet de trobar-se en la ruta de nombroses embarcacions que, principalment durant els mesos d’estiu, es dirigeixen a la platja propera des Carbó i a altres indrets de la costa fins al cap de ses Salines, rep una quantitat considerable de visitants. A l’estiu és habitual veure gent que s’atura a l’illot, amb tot tipus de petites embarcacions de poc calat, principalment per banyar-se, però que també penetra a l’interior de l’illot. També presenta un moll petit situat a la costa nord a on es poden fermar embarcacions una mica més grans. En aquest punt és a on desembarca el personal que fa el manteniment dels fars i senyals marítims. També desembarca aquí la gent que va a cercar sal de cocó, que tradicionalment recollien unes poques persones, però que s’ha posat de moda fa pocs anys i ara és molt cercada. De vegades hi arriben pescadors amb canyes, llences i gent que cerca altres productes de la mar, com pegellides, crancs, etc. Es pot considerar que existeix una freqüentació humana important que en alguna ocasió ha perjudicat les colònies de gavina roja, i s’han produït episodis de vandalisme a les excavacions arqueològiques.

Gestió i conservació


La primera protecció que va rebre na Guardis va ser mitjançant la Llei d’espais naturals i de règim urbanístic de les àrees d’especial protecció de les Illes Balears, de 1991 (LEN), que la va integrar en l’àrea d’especial protecció denominada Ses Salines. Posteriorment va ser inclosa dintre de la Xarxa Natura 2000 com a zona d’especial protecció per a les aus (ZEPA) i com a lloc d’importància comunitària (LIC), amb el codi ES0000083, juntament amb l’arxipèlag de Cabrera, que és qui dona nom a aquest espai. Les aigües que envolten aquests illots es troben dintre de la reserva de pesca del Migjorn, establerta el 2015.

Les úniques accions de conservació han estat les derivades de la vigilància feta durant el seguiment de la colònia de gavina de bec vermell (Larus audouinii). Durant un temps s’hi va situar un cartell que advertia que les sargantanes d’aquest illot estan protegides per la llei.

L’explotació del marès: la pedra illenca

Des de temps immemorials, el marès ha estat un material bàsic per a bastir edificis a les Balears, tot i que avui està en recessió, desplaçat per noves tècniques i materials. Fins a mitjan segle XX era el més important arreu; basta recordar obres tan emblemàtiques com la catedral de Palma, el castell de Bellver, les murades de Ciutat, l’església de qualsevol poble i la immensa major part de cases urbanes o rurals.

Antany l’obtenció d’aquest material preuat es concentrava en les pedreres litorals emplaçades al llarg de tota la costa del nostre territori. En aquest sentit, cal ressenyar que aquesta ubicació no és casual: el litoral mallorquí, sobretot a la zona del sud i llevant de l’illa, és la zona maresera per excel·lència, i el transport del marès es realitzava amb barca, com es comprova en els llibres d’obra d’algunes de les construccions més importants de Mallorca. Va haver-hi pedreres costaneres actives fins als anys 60 del segle passat.

Les pedreres de marès són molt visibles a la costa i les illes: el tall és recte i dret, ja que s’obtenien prismes de pedra ben regulars. Aquesta explotació va transformar l’aspecte natural d’una bona part del litoral illenc. L’antigor de moltes d’aquestes ha afavorit una integració natural amb la resta d’elements que conformen el paisatge, al qual imprimeixen caràcter i aporten testimonis de l’antiga activitat humana. Aquesta empremta ha comportat una riquesa toponímica notable. Les pedreres es complementaven amb barraques, cisternes, embarcadors i altres elements que humanitzen l’entorn.

Les pedreres de marès són la prova més evident de la tasca extractiva duta a terme pels trencadors de marès. La seva presència és força notable, sobretot, als municipis de Calvià, Palma, Llucmajor, Santanyí o Felanitx. Es conserva una informació detallada als arxius de com el material per a cada una de les parts de determinades obres importants, com la Seu, era seleccionat de distintes pedreres, algunes a molta distància de Palma. La tasca dels trencadors va ser descomunal: el buit generat en aquests indrets —en alguna d’aquestes assoleixen unes alçades de més de vint metres— es va crear degut a la tasca pacient d’esculpir a cops d’escoda cantons de marès. El tall perfecte que presenten les parets d’aquestes pedreres descomunals es creà de manera artesanal, amb una habilitat admirable. Francisco Vich Verger (Coll d’en Rabassa, 1934) es considera el darrer trencador de marès de Mallorca. L’any 1964, a causa d’un encàrrec especial, va extreure manualment la darrera peça de marès d’una pedrera mallorquina. Explica com s’obtenien les peces de marès i quines eren les eines que empraven: una escoda, un tallant, uns tascons, paciència i l’experiència que sols s’aconsegueix amb els anys. Els senyals que queden a la pedra demostren que la tècnica era exactament la mateixa que vuit-cents anys abans.

Cal constatar l’existència de jaciments de marès en algunes de les illes i illots entorn de les illes majors. A Cabrera hi ha pedreres a la cala Santa Maria, entre els calons des Forn i el des Palangrers. També és significativa la pedrera de cala en Regau, a sa Dragonera. És molt evident també l’activitat extractiva present a na Guardis, l’illa de na Moltona, na Llarga, na Pelada, l’illa Gavina, na Corberana i na Cabot, propers a la colònia de Sant Jordi. Són molt notables els gravats a la pedra de na Pelada, on hi ha representats magníficament els velers amb els quals es traginaven els mitjans.

Cal esmentar també la particularitat que es pot percebre al litoral llucmajorer. Les riberes marines de les possessions de Son Granada, es Puigderrós i sa Torre són uns indrets on es pot percebre amb força claredat l’intensa tasca extractiva que s’hi dugué a terme; a més, hi han arrelat dos topònims força rellevants pel que fa al que a nosaltres ens interessa: l’illot de la Fossa i els illots de Can Climent. Ambdós indrets poden ser resultat d’aquesta labor extractiva incipient duta a terme en aquesta contrada, i la distinció recollida als genèrics d’ambdós noms de lloc ens permet intuir alguna mena de lligam entre la seva formació i el seu reconeixement i arrelament toponímic. A banda d’aquesta curiositat hipotètica, volem ressenyar l’aparició de certs penyals isolats molt propers a la costa que, sense tenir la consideració toponímica d’illots, són fruit també de la tasca pacient i activa duta a terme pels trencadors de marès. És el cas del prominent rocam situat al morro d’en Feliu, a la ribera de Calvià. És perfectament possible que alguns illots de marès de petita entitat arribassin a desaparèixer per la intensitat de l’extracció.

Referències
AGUILÓ ADROVER, C., 1996.
ALOMAR GARAU, G.; CLAR MONSERRAT, B., 2007.
SALVÀ MATAS, C., 2013.
SALVÀ MATAS, C., 2014.
SASTRE MOLL, J., 1987.
SASTRE MOLL, J. ,1993.
SASTRE MOLL, J., 2007.

Sal d’escuma[1]

 

En els inventaris medievals de les cases menorquines del segle XV, als corrals o als porxos, entre diferents objectes com un cossi trencat amb cendra, un bací de llautó, unes cassoles d’aram i diversos cullerots de fusta, hi trobam un barrilot buit en el qual encara hi ha un pessic de sal d’escuma —escrit com a sal de scuma—, utilitzada per salar carn o peix. A les alqueries del litoral —com per exemple, l’antic Rafal del terme de Sant Lluís de Menorca— les activitats agrícoles i ramaderes es complementaven amb activitats de caça, pesca i recol·lecció, com la collita de sal, algues i tàperes i la pesca de peix roquer i marisc.

La tradició de recollir sal a les costes rocoses de les illes Balears ha perdurat al llarg de la història. El context social i els materials han canviat, però el procés de recollida, en essència, s’ha mantingut amb poques variacions. El cas de Menorca és aclaridor perquè les salines construïdes als salobrars menorquins són relativament recents; les més antigues són del segle XVIII. A Menorca hi ha moltes evidències de l’explotació tradicional de les cubetes naturals de litoral i, el que és més interessant encara, proves ben clares d’intervencions tècniques primàries per millorar-ne el rendiment, com ara engrandir aquestes cubetes, reomplir-les amb aigua de mar de forma artificial o construir petites barraques lligades a aquesta activitat.

Com en altres aspectes de la cultura tradicional de les Balears, el testimoni del Die Balearen de l’arxiduc Lluís Salvador és impagable. A la descripció que fa aquest autor de les salines de Menorca afirma, de manera contundent, que es treu sal de tota la costa de l’illa. Dedica el mateix espai a descriure les quatre salines dels salobrars que les salines damunt roca, que són, diu, en part naturals i en part artificials. Recordem, de passada, que la segona visita de l’arxiduc a Menorca, quan descriu gran part de les costes de l’illa, és entre el 7 de juny i el 6 de juliol de 1877, en plena temporada de recollida de la sal: «A l’estiu —explica l’arxiduc— es poden veure moltes dones dedicades a treure aigua salada que aboquen en cocons, on llavors s’evapora. Hi ha grans cocons naturals, i en part artificials, que des de fa molts d’anys, potser segles, es consideren propietat del patrimoni reial, al qual moltes persones, entre les quals a vegades també hi ha dones, paguen una certa renda; aquesta gent engrandia, per compte seu els cocons i els feia més regulars». Els salinars principals que anomena l’arxiduc són els de la punta de Sant Felip, la cala de Sant Esteve, la torre d’en Penjat, el Rafalet dels Illots, la costa de Binissafúller, la punta i els illots de Binibèquer, Sant Nicolau, la costa de Ciutadella, s’Albufereta, Son Saura, els illots d’Addaia, el cap de Favàritx i el de Capifort, etcètera. «Per tota la punta dels illots [de sa Cigonya] hi ha nombrosos clots petits i rodons fets per recollir la sal […]. A s’Algar [davant cala Alcalfar] hi ha un escull comunicat amb la terra ferma només per una llengua de roca, anomenat es Torn, ple de clots enmig, al qual la gent ve de l’interior per recollir sal […]. Ve llavors el gran escull de Binissafúller, en el qual es recull molta sal i a tal objecte s’hi ha construït una caseta».

Els expedients de sol·licitud al patrimoni reial per treure sal de la costa de Menorca de 1824, recollits per Guillem Sintes, aporten dades interessants sobre la productivitat d’alguns coconars. Els més productius eren els de punta des Rafalet, Alcalfar, cala Torrent i Binibèquer Nou. A la punta des Rafalet hi havia tres explotacions d’uns vint cocons cadascuna que produïen una quartera i mitja de sal per explotació i una explotació de cinquanta cocons que produïa dues quarteres de sal (una quartera salera equivalia a dues quarteres de gra). A Binibèquer Nou hi havia devers vint cocons que feien una quartera de sal. A Alcalfar, uns trenta-cinc cocons, també una quartera. Finalment, a cala Torrent hi havia un centenar de cocons que produïen unes cinc quarteres. En total, les explotacions declarades contenen uns dos-cents cinquanta cocons útils que produeixen tretze quarteres de sal (més de dues tones). Els darrers faroners de l’illa de l’Aire, segons el testimoni recollit per Adolf Sintes, aplegaven fins a set tones de sal. A Ciutadella les millors salines eren al cap d’Artrutx i es Castellar.

Les cubetes naturals del litoral han funcionat i segueixen funcionant com a salines. Tot i que sovint reservam aquesta denominació per a les salines industrials ubicades en els salobrars, la toponímia ens indica que el mot salina a vegades també és usat popularment per a denominar les basses litorals productores de sal. La nomenclatura científica utilitza el terme salines damunt roca amb diferents precisions. Habitualment es tracta de salines petites, naturals o seminaturals, primitives i artesanals.

La toponímia de les Illes Balears ens parla d’illes i illots de la sal, de caps, cales i costes amb salines, cocons, coconars, basses i calderes; una geografia amb noms i llinatges que cal revisar. No tots els cocons de vorera de mar són saliners —en general, a les cales hi pot haver cocons d’aigua dolça— ni totes les salines són als salobrars. Hi ha agrupacions de cocons o coconars que s’anomenen salines, com els de la costa de Deià (ses Salines, a la caleta de Son Beltran), els de Camp de Mar (l’illa de ses Salines i es Salinar), els de cap Pinar (Mascaró Passarius hi recull el topònim de ses Salines), els de Sant Llorenç d’Alaior (Salines de Sant Llorenç) o els de la costa de Biniparratx (es Salinar).

El terme caldera també és problemàtic, ja que es pot interpretar de diferents maneres. L’illa d’en Calders i la punta d’en Calders als Amunts d’Eivissa (terme de Sant Miquel de Balansat) i ses Calderes, al migjorn de Menorca (punta de Sant Carles), són dues zones que tradicionalment s’han explotat per a obtenir sal, ja que concentren una abundància relativa de cocons saliners, però és difícil precisar si el mot fa referència a aquest o a altres usos. El mateix passa amb el topònim de ses Basses; per exemple, les de punta de Xarracó (Eivissa), on hi ha una important agrupació de basses que fan sal.

El topònim Cocó de sa Sal es repeteix en diferents indrets de la costa de les Balears. Citarem llocs que encara no hem esmentat com el cap Andritxol o sa punta de cala Brafi, a Felanitx (hi ha el Cocó de sa Sal i l’Entrador de sa Sal). Els Cingles de sa Sal, a la costa de Sant Joan de Labritja d’Eivissa, prenen aquest nom d’un cocó on els pescadors anaven a cercar sal per salar peix. En aquest i altres casos, els cocons i els salinars són més accessibles per mar que per terra.

En general un cocó no fa una salina, hi fa falta un coconar per parlar de salina o salinar. A diferents illots hi ha salines i per això a vegades se’ls anomena l’illa o illot de la sal. Per exemple, els esculls de Binissafúller de Menorca, anomenats també illots de la Sal, o el topònim antic de na Pobra, de l’arxipèlag de Cabrera, que segons el mapa del cardenal Despuig és l’illa de la Sal. També hi ha referències d’ús saliner a l’illa de Cabrera, les illes d’Addaia, l’illa de l’Aire de Menorca, i a ses Formigues i l’Escullet de ses Formigues d’Eivissa, on tradicionalment la gent de la cala va a cercar sal. A ses Margalides, hi ha es Cocó de sa Sal, situat al cap Prim de l’illa.

A Cabrera, el Cocó de l’Ancai és un cocó de grans dimensions que tradicionalment ha proveït de sal els habitants de l’illa. Cosme Aguiló, que ha estudiat a fons la toponímia de Cabrera, encara va poder recollir el testimoni d’un informant santanyiner que seguia dient “es cocó de l’Ancaid”. «Sabem que el castell de Cabrera —explica aquest autor— antigament, estava sota el comandament d’un alcaid, però, per què ha restat el nom de l’antic càrrec en un cocó? Possiblement perquè, en una època en què la sal era monopoli estatal, l’alcaid del castell i la guarnició usufructuava el millor lloc de producció de sal de tota l’illa».

Cal recordar que, a Mallorca, durant l’època baixmedieval l’impost sobre la sal (la gabella de la sal) era un dels de major transcendència dins l’esquema impositiu. La recollida de sal de cocó estava, per tant, sotmesa a un control estricte. Els capítols per a la collita de la sal del segle XV ho especifiquen clarament: «Els clavaris de la Consignació, per evitar els grans fraus que cada dia se cometen a la part forana en la recollida de la sal que se pren en els estanys i los quoquons de las mars de l’Illa, acorden, amb voluntat i entreveniment dels magnífics jurats de la Universitat i Regne de Mallorques, designar una persona que collirà tota la sal que es prendrà en los estanys que la Universitat acostuma a collir i tota la sal que es prendrà en los quoquons de les mars de l’Illa, bé, degudament i diligentment, en tal manera que en els dits estanys i quoquons no romandrà alguna espècie de sal, i la portarà o farà portar a la gabella, i haurà pels seus treballs la meitat de la dita sal i l’altra meitat serà per la gabella».

La sal d’escuma “assaona” també la literatura illenca contemporània: «He anat a cercar sal de cocó al cap Salines. No n’hi/havia gaire arreplegant-arreplegant, sí». Així comença “Aiguasal del cap Salines” (1993), un poema de Damià Huguet en el qual un “saquet de sal de cocó” viatja a Normandia per amanir uns “sards torrats amb sal de cocó i vinagre de Grècia”. Entre les llegendes populars, Adolf Sintes conta que la filla del faroner de l’illa de l’Aire, morta durant un temporal que impedí la família escapar de l’illa, tingué un sudari de flor de sal.

Principals recursos bibliogràfics


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Cette fiche a été rédigée dans le cadre du projet d’Atlas encyclopédique des Petites Iles de Méditerranée, porté par le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, et leurs nombreux partenaires.
This sheet has been written as part of the encyclopedic Atlas of the Small Mediterranean Islands project, carried out by the Conservatoire du Littoral, the PIM Initiative and their numerous partners.
(https://pimatlas.org)

ILES

Cluster : Tlemcen

Sous-bassin : ALGÉRIE

Rachgoun

Contributeur :

Samir Grimes

Date de création : 19 Décembre 2017

Carte Bing Rachgoun
KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA
Commune Oulhaça Gheraba
Archipel
Surface (ha) 28,5
Linéaire côtier (mètre) 2222
Distance à la côte (Mile nautique)
Altitude max (mètre) 85
Coordonnée géographiques Latitude 35,320835113525
Longitude -1,479444503784
Propriété foncière Domaine public de l’Etat (100%)
Gestionnaire(s) Commissariat National du Littoral
Statut de protection national  /
international Zone humide d’importance internationale (RAMSAR – 2011)

Description générale


L’île Rachgoun, plus connue sous le nom de  « Layalla »,  est la plus grande île la plus à l’ouest des côtes algériennes [longitude 1°28’, 1°29W/35°19’, 35°20N latitude]. Elle est à 8 km au Nord-Est du port de Béni-Saf et se trouve sur le plateau continental du golfe de Ghazaouet, en face du Cap Acra et à l’Est du Cap Brocchus et s’étend sur une superficie de 28,5 ha. L’île de Rachgoun est doté d’un magnifique phare datant de 1870, placé à près de 19 m du sol et culminant à 85 m du niveau de la mer ; ce phare a une portée lumineuse de 20 miles nautiques. L’île est également dotée d’un petit débarcadère ainsi que d’une vigie en état de ruine.

 

L’île de Rachgoun est sous l’influence directe du courant algérien qui circule en surface d’Ouest en Est entrant par le détroit de Gilbraltar à moins de cinq kilomètres le long du littoral avec une vitesse moyenne de 0.25 m/s (Millot, 1987). La fertilité des eaux autour de l’île de Rachgoun se traduit par une importante production primaire (Raimbault et al., 1993 ; Prieur & Sournia, 1994 ; Boudjellal, 2004).

 

L’intérêt pour la conservation et la protection légale de l’île a été manifesté par les scientifiques algériens depuis le début des années 1990 (Boutiba, 1991, 1999). Depuis cette date, de nombreuses recommandations ont été réitérées dans ce sens (Grimes, 2001, 2002, Grimes et al., 2004 ; CNL, 2006, CdL, 2008-2012 ; CAR ASP/PAM, 2016) ; d’autant que le site a fait l’objet de nombreuses « publicités », ce qui a eu, aussi, pour effet de susciter de nouvelles curiosités et d’augmenter par conséquent la pression de la plaisance sur l’île.

ENCADRE : GEOLOGIE


L’île Rachgoun est formée des restes d’un ancien volcan appelé “ Maar ” qui faisait partie de l’ensemble volcanique de la basse Tafna. Cette région a été le siège d’un volcanisme intense, qui s’est manifesté par intermittence. Les produits éruptifs sont répartis le long de la côte, entre le Cap Sigale (Oran) et la frontière algéro-marocaine. L’activité magmatique de la région de Beni Saf s’est produite au Plio-quaternaire (Megartsi, 1985). L’île de Rachgoun est donc de genèse récente constituée de basalte et de formations phréatomagmatiques. La falaise Nord de l’île est creusée d’une multitude d’alvéoles due à l’exploitation des pouzzolanes (Villemot, 1954). Zerka (2004) signale que l’île de Rachgoun renferme des témoins magmatiques et rapporte que « Sadran en 1958 y a découvert dans les coulées, des enclaves de granites et de schistes tachetés qui constituent très probablement l’évidence d’un prolongement, vers le Nord Est du massif granitique des Traras et de son auréole métamorphique sous la Basse Tafna ».
Samir Grimes

Connaissances


Héronière @CDL/PIM 2006

Vers 650, des traces de groupes berbères armés avec des femmes et enfants qui occupant prés de 3 ha à la pointe sud de l’île y ont été décelés. Au 10ème siècle,  le portus sigenis, port romain devient le port de l’île d’Erechgoul. En 1835, l’Emir Abdelkader utilisait l’île comme lieu de transit d’armement provenant de Tanger en provenance d’Angleterre. Les armes sont transférées des navires au littoral oranais. L’île de Rachgoun a été occupé par les Français le 20.10.1835 (Remini, 1986). En 1879, la construction du phare au même lieu que la nécropole a certainement bouleversé une partie des anciens vestiges, 144 tombes ont pu être fouillées. La protection militaire de l’île va permettre aux commerçant de livrer les marchandises sur la côte en passant par le cap d’ACRA et probablement d’autre côtes  de la Tafna  appelés Sidi-Samagran, plus à l’Est, appelé aussi Tenikrent. En 1902, Milsom et Angelvy, respectivement ingénieur des mines et maire de Béni Saf avait projeté de ressusciter un port à Rachgoun pour contrôler les îles de Méditerranée et surveiller Gibraltar (Bulletin de la société des vieux amis de Tlemcen, 1954).

 

L’île de Rachgoun, comme la plupart des îles algériennes n’a pas fait l’objet de nombreuses investigations et d’études scientifiques. L’essentiel des connaissances sur cette île porte sur les aspects halieutiques (campagnes Thalassa en1982 et Visconde de Eza en 2004) ou sur la fertilité des eaux autour de l’île (campagnes MEDIPROD VI en 1990 et Almofront  en 1991). Le premier inventaire de la faune carcinologique des substrats meubles de l’île Rachgoun a été établi en 2003 (Grimes et Kaidi, 2003), suivi de l’étude de classement de l’île de Rachgoun (MATE/LRSE/Université d’Oran, 2003) et finalisée en 2005. Cette étude comportait les premiers travaux structurés sur la végétation insulaire de l’île (Khelifi, 2004), le peuplement mammologique (Boutiba, 2004), le peuplement herpétologique (Bouderbala, 2004) et la biodiversité marine (Grimes, 2004).

 

Au titre de la mise en oeuvre des articles 8 et 9 du protocole ASP, l’île de Rachgoun faisait partie des quatre propositions de création d’ASPIM (7ème Réunion PFN-ASP/Séville/ 31 mai – 3 juin 2005). Toutefois, l’île de Rachgoun n’a pu accédé au statut d’ASPIM car ne disposant pas de statut de protection au niveau national. En outre, les travaux du Conservatoire du Littoral Français dans le cadre de l’initiative PIM ont apporté des données originales, notamment sur la faune insulaire, en particulier les compartiments ornithologique et herpétologique. En 2016, et dans le cadre du Medkeyhabitats, une cartographie fine des habitats marins clés de l’île de Rachgoun a été établie (CAR/ASP–PNUE/PAM, 2016).

Intérêts


Le phare de l’île @CDL/PIM 2006

L’île de Rachgoun présente un triple intérêt : écologique, historique et économique. Sur le plan écologique, le climat méditerranéen semi-aride de l’Île Rachgoun et son exposition aux embruns favorisent la végétation sous-frutescente épineuse, formant des broussailles xérophiles Khelifi (2004), avait identifié quatre groupements végétaux sur l’île : le groupement à Salsola longifolia et Withania frutescens, très fréquent sur l’île, se présente sous forme de broussaille. Ce groupement est accompagné par Atriplex halimus, Asparagus stipularis et S. longifolia, espèces hautement d’adaptées aux conditions des milieux littoraux et insulaires. Le groupement à Lycium intricatum,  se développe sur les bordures des falaises en haut des versants ouest de l’île et se présente sous forme de coussinets épineux. Le groupement à Mesembryanthemum cristallinum, pelouse à végétation rampante, s’étale sur les affleurements gréseux, est observée dans la partie ouest de l’île. Le groupement nitrophile à Lavatera mauritanica couvre une surface importante sur le plateau de l’île près du phare. L. mauritanica, espèce Ibero-maurétanéenne est assez rare en Algérie et sa distribution reste localisée à la région oranaise.

 

Parmi les mammifères, L’hérisson (Aethechinus algirus) a été introduit sur l’île par le gardien du phare, afin de limiter la population de serpents (Benabdi. Per. 20016), la même source signale l’introduction de chèvres et de lapins sur l’ile pour des besoins de subsistance. L’herpétofaune est représentée sur l’île par le serpent qui serait une Couleuvre à capuchon d’Abubaker.

 

L’île de Rachgoun, avec ses parties abritées des embruns et sa nature accidentée, incrustée de grottes, de failles, d’éboulis et d’escarpements héberge un peuplement ornithologique constitué de 11 d’espèces. Le Puffin cendré (Calonectris diomedea) niche dans des cavités étroites et des escarpements ou dans des grottes creusées dans la falaise. Leur nombre est variable.

 

Quelques spécimens de Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis) occupent la niche écologique la plus basse, alors que le Goeland leucophée (Larus cachinnans) occupe la partie la plus haute de l’île, où il aménage ses nids. Leur nombre varie selon les secteurs, plus de 20 couples, alors qu’un nombre important de cadavres de jeunes est éparpillé sur une grande surface. Une végétation dense occupant une grande partie du plateau insulaire sert de reposoirs pour le Goeland d’Audouin (Larus audouinii),  oiseau essentiellement ichtyophage qui niche dans les pentes douces en haut des falaises. Quatre colonies avec un nombre total dépassant les 250 couples ont été dénombrées.

 

L’Aigrette garzette (Egretta gazetta), oiseau marin reconnaissable à son plumage blanchâtre et à ses deux longues plumes sur la tête, est rare sur l’île de Rachgoun. Deux individus erratiques ont été reconnus en vol et cinq spécimens immobiles ou en quête de nourriture en bas des falaises ont été identifiés. Le Balbuzard pêcheur (Pandian haliaetus), rapace cosmopolite, y a été signalé. L’Aigle royal (Aquila chrysaetos), a été observée, planer au dessus des versants Nord et Est de l’île. Plusieurs couples (50 individus au moins) de Pigeons ramiers (Colomba palumbis) volaient entre les escarpements des falaises et s’engouffraient à l’intérieur de petites crevasses où se trouvaient leurs nids. En raison de la distance courte séparant l’îlot du littoral, les pigeons ont pu migrer et réussi à s’y installer. Les autres oiseaux signalés une seule fois sur l’ile sont le martinet pâle (Apus pallidus), le chevalier gambette (Tringa totanus) et le courlis cendré (Numenius arquata) qui y auraient été aperçus.

 

Les travaux menés sur le compartiment marin autour de l’île de Rachgoun permettent d’estimer le capital biodiversité benthique et ichtyologique à 633 espèces (Grimes et Kaidi, 2003 ; Grimes et al., 2005 ; (CAR/ASP–PNUE/PAM, 2016). Ce chiffre inclus les espèces signalées par les plongeurs et les pêcheurs ; ainsi que les observations faites au niveau des pêcheries de Béni Saf et Bouzedjar lors de l’étude classement de 2003 et en 2015-2016.

 

Autour de l’île de Rachgoun, deux espèces de tortues marines sont souvent observées : la Caouanne (Caretta caretta), la plus commune dans ce secteur et la Tortue Luth (Dermochelys coriacea). Huit espèces de Cétacés, fréquentent les alentours de l’île Rachgoun : Delphinus delphis, ursiops truncates, Stenella coeruleoalba, Globiccephala melas, Grampus griseus Ziphius cavirostris, Physeter macrocephalus, Balaenoptera physalus. Les grands Cétacés : Cachalot, Rorqual commun et Ziphius sont très rares et ne représentent que 0,5 à 3 % des échouages et des observations par rapport aux Delphinidés qui constituent plus des 3/4 de l’ensemble des échouages et des observations. Trois espèces y sont communes : D. delphis, T. truncatus, S. ceruleoalba. Avec 63,49 % d’échouages et 56,61 % d’observations en mer D. delphis est l’espèce la plus commune.

44 espèces marines remarquables figurant sur les annexes du Protocole ASP BD de la Convention de Barcelone ont été récolées ou signalées autour de l’île de Rachgoun.

 

Le secteur marin de Rachgoun alimente la pêcherie occidentale de la côte algérienne et constitue, avec les Habibas et le banc de l’Alidade, des espaces stratégiques cette  espèces à forte valeur commerciale. La zone côtière en face de l’île est à fort potentiel de développement touristique et sa situation géographique au centre de la façade occidentale de la côte algérienne.

ENCADRE : LE PHOQUE MOINE


L’ile Rachgoun a été l’un des derniers sites refuge du phoque moine de Méditerranée (Monachus monachus) en Algérie ; cette unique espèce de Pinnipèdes avait fréquenté le littoral ouest algérien (grottes du Cap Oulassa-plage, la falaise Camerrata, l’Ourdania et Zouanif-Rachgoun). En 1986 et 1987, un couple de phoques avait trouvé refuge sur cet îlot. Au printemps 1988, il n’existait qu’un seul phoque ; l’autre individu aurait été abattu dans le bassin du port de Béni Saf. Les deux gardiens du phare (Ghemaoui et Bekkada, com. pers.) ont affirmé que cet individu qui leur était familier, visible matin et soir et reconnaissable grâce à une large tache blanche sur le cou du côté droit de la tête ; ils l’avaient surnommé “Messaoud” (= joyeux), n’était plus observé depuis mars 1989, à la suite de mauvais temps qui a duré plusieurs jours. En juin 1990 (mission de Robineau et Boutiba) et en août 1990, les chercheurs du CERP de Béni Saf ont signalé un phoque sur l’île de Rachgoun. Selon le gardien du phare (Mohamed, com. Pers.), un phoque venait souvent l’été 2003 rendre visite à une grotte située au Nord-Est de l’île.
Samir Grimes

L’une des originalités de l’île de Rachgoun est liée à la patelle géante de (Patella ferruginea), espèce en voie de disparition et dont la population de l’île de Rachgoun est parmi les importantes de la Méditerranée (CAR ASP/PAM, 2016).

L’importance du secteur marin de Rachgoun pour l’activité de la pêche n’est plus à démontrer. En effet, la zone immédiate de l’île de Rachgoun avec ses fonds  accidentés, constitue un véritable réservoir en espèces exploitables. Selon l’inventaire de l’ichtyofaune exploitée dans le secteur de Rachgoun-Beni Saf, réalisé à partir de plusieurs sources d’informations (ISMAL, 1988-1994, observations en plongée, enquête auprès des pêcheurs des ports de Beni Saf et de Bouzedjar (Grimes, 2003); données de la Direction de la pêche d’Ain Témouchent ; campagne Thalssa (ISTPM, 1982) et campagne Visconde de Eza, 2004), les principales espèces capturées sont : le saurel, Trachurus trachurus, la bogue, Boops boops, le merlu, Merluccius merluccius la crevette rose, Parapeneus longicornis, le maquereau, Scomber scombrus, la rascasse rose, Scorpaena elongata, la petite rascasse, S. notata, la rascasse  brune, S. porcus, les serrans (Serranus cabrilla et S. scriba), le mulet doré, Mugil auratus, les sars, Diplodus sargus et D. vulgaris, la torpille, Torpedo marmorata.

Sur le plan culturel et historique le patrimoine archéologique du site et le phare constituent des témoignages du rôle stratégique que cette île eu a à jouer pendant une longue période ainsi que de son importance pour la population de Beni Saf et pour les pêcheurs et les navigateurs de manière plus générale.

Pressions


Oeufs de Goélands @CDL/PIM 2006

La pression de pêche professionnelle et celle dite  de plaisance (amateur) est de plus en plus forte. La pression se fait ressentir particulièrement sur les grands sérranidés (mérou, badèche) et les grands crustacés (homard, homard, cigale), qui sont déjà rares dans la zone (CAR ASP/PAM, 2016).

L’île Rachgoun  est n’est pas directement exposée à des sources de pollution industrielle, cependant, le risque de contamination, via les courants NNO à partir de la zone industrielle de Ghazaouet (ALZINC) sont réels. De même, la proximité de la zone pétrochimique d’Arzew, rend l’île Rachgoun vulnérable au risque de pollution par les hydrocarbures (accident en mer). L’île de Rachgoun devenant de plus en plus accessible aux plaisanciers, les risques liés à la sur-fréquentation estivale sont multiples. En effet, de plus en plus d’embarcations légères à moteur « déversent » une population de vacanciers sur l’île avec divers désagréments (huiles d’embarcations dans le périmètre immédiat de l’île, macrodéchets). La pression de la chasse sous marine autour de l’île cible trois espèces quelques espèces (mérou, badèche, corb noir) ainsi que la langouste et la cigale.
Le prélèvement des œufs de l’avifaune, pratique courante sur l’île, soit par les plaisanciers pour usage personnel, ou destinés aux boulangeries et aux pâtisseries. Ces prélèvements continus, soutenus risquent de compromettre la reconstitution des stocks de certaines  populations d’avifaune très vulnérables. Le développement des activités aquacoles dans le secteur de Béni Saf doit être encadré pour réduire les effets négatifs des déchets organiques de cette activité et limiter le nombre et la taille des activités dans le la zone la plus immédiate de l’île. Parmi les autres menaces, il y’a lieu de citer la présence de chèvres et de moutons introduits sur l’île et qui broutent un couvert végétal déjà très limité et recelant quelques espèces d’intérêt pour la conservation.

Le développement accéléré du tourisme dans la zone côtière proche de l’île de Rachgoun constitue, à terme une menace. En effet, le complexe touristique le Syfax sur le cap Brocchus et celui d’El Nabil sur le cap Acra, tous deux situés en face de l’île de Rachgoun ainsi que des Construction « pied dans l’eau » au niveau de la plage de Rachgoun constituent un point des points de départ des plaisanciers vers l’île. Le Complexe gazier de sidi Djelloul  et la Cimenterie de Beni Saf (Ain Témouchent) sont également des menaces pour le site.

Les espèces marines exotiques, dont certaines pourraient être envahissantes constituent une menace à terme pour l’écosystème insulaire de Rachgoun. L’étude Medkeyhabitat a mis en évidence la présence de quatre espèces exotiques autour de l’île de Rachgoun, mais dont aucune n’est en situation « envahissante »   (CAR/ASP– PNUE/PAM. 2016) : le Chlorophyte Codium fragile, très localisée au Sud de l’île, le Rhodophyte Asparagopsis armata, abondante au Nord de l’île, à 0-5 m de profondeur, Asparagopsis taxiformis, abondante autour de l’île (0-15 m de profondeur) et une colonie du Bryozoaire Amathia verticillata, localisée en surface près de l’embarcadère au Sud de l’île.

Gestion & Conservation


Rive Sud @CDL/PIM 2006

L’île de Rachgoun n’est pas encore classée et ne dispose pas d’un statut légal de protection. Toutefois, l’intérêt pour son classement a été manifesté depuis le début des années 1990.

Boutiba (1991) proposait la création de deux réserves marines dans l’Ouest algérien, pour la protection des derniers phoques moines présents encore en Algérie. Cette demande a été réitérée pour l’île Rachgoun et un projet dans ce sens a été présenté à la Conférence Internationale pour la Protection des Mammifères marins en Méditerranée Occidentale (RIMMO 8) à Antibes (France) en 1999  (Boutiba, 1999). En 1996, Boudouresque (1996/GIS-Posidonie), recommandait au classement les axes îles Habibas-Mersat Medakh et île Rachgoun-Ras Kela. La stratégie nationale de la biodiversité (Grimes, 2002/ PNUD/GEF.ALG31) ; ainsi que le premier plan national d’action pour les AMP (Grimes, 2002/CAR ASP/PAM), avaient considéré l’île Rachgoun parmi les AMP prioritaires de l’Algérie. 3112 hectares est la surface marine, partie terrestre incluse qui a été proposée comme zone de protection autour de l’île de Rachgoun (Grimes, 2005/ Rapport MATE-LRSE, 2005).

Le ministère charge de l’environnement a initié depuis un processus pour accélérer le classement de cet espace biostratégique pour le bassin sud occidental de la Méditerranée et un Schéma d’aménagement et d’orientation de gestion de l’île de Rachgoun a été élaboré par les experts mobilisés par le Conservatoire Français du Littoral en 2006 dans le cadre de la coopération algéro-française (projet d’Appui au Commissariat National du Littoral (MATE/CNL-FFEM.CdL/2006-2012).

Principales ressources bibliographiques


  1. Benzohra M. and  Millot C., 1995. Caracteristics and circulation of surface and intermediate water masses off Algeria. Deep-Sea Res. I, Vol. 42, n°10., pp 1803 –1830.
  2. Boutiba Z., 1992. Déclin du Phoque moine, Monachus monachus, sur les côtes d’Algérie. Intern., Tanger, Maroc, 21-26 Juin 1992: 29p.
  3. Boutiba Z., Robineau D. et Derrar D., 1991. Demande de la création de deux réserves marines dans l’Ouest algérien pour la protection des derniers phoques d’Algérie (in Boutiba, 1992) : 05p.
  4. Boutiba Z., 1999. Projet “Ile de Rachgoun” Réserve naturelle d’intérêt écologique et faunistique. Conférence Internationale pour la Protection des Mammifères marins en Méditerranée Occidentale (RIMMO 8), Antibes (France), Nov. 1999.
  5. CAR/ASP –  PNUE/PAM. 2016. Cartographie des habitats marins clés de Méditerranée et initiation d’un réseau de surveillance autour de l’île de Rachgoun – Ouest Algérien. Par Ramos Esplá A., Benabdi M., Forcada Almarcha A., Sghaier Y., Valle Pérez C. Projet MedKeyHabitats. Centre d’activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (PNUE/PAM- CAR-ASP).Tunis : 112 p. + Annexes.
  6. Grimes S. et Boudjellal – Kaidi N., 2003. Etude de la faune carcinologique des fonds meubles de l’île Rachgoun (Beni-Saf, ouest Algérien). Rapport extrait du Mém. Ing. d’état  en océanographie (écologie marine) de Boudjellal–Kaidi N., ISMAL (Alger)., 65p.
  7. Grimes S., 2002a. Plan d’action national pour l’inventaire et la mise en place d’aires marines protégées en Algérie. Contrat PNUE/CAR ASP : 35 p.
  8. Grimes S., 2002b. Perspectives des aires marines protégées en Algérie. PNUD/GEF/ALG 31: 15p.
  9. Grimes S., Boutiba Z., Bakalem A., Bouderbala M. Boudjellal B., Boumaza S., Boutiba M., Guedioura A., Hafferssas A., Hemida F., Kaïdi N.,  Kerzabi F., Khelifi H., Merzoug A., Nouar A., Sellali B., Sellali-Merabtine H., Semroud R., Seridi H., Taleb M.Z. & Touahria T., 2004. Biodiversité marine et littorale algérienne. Projet Sonatrach/LRSE. Sonatrach. 362 p.
  10. Prieur L. and Sournia A., 1994. « Almofront-1 » (April-May 1991): an interdisciplinary study of the Almeria-Oran geostrophic front, SW Mediterranean Sea. Journal of Marine Systems 5 (1994). ELSEVIER., pp 187- 203.
  11. Raimbault P., Coste B., Boulahdid M. and Boudjellal B., 1993. Origin of height phytoplankton concentration in deep chlorophyll maximum (DCM) in a frontal region of South-western  Mediterranean   Sea  (Algerian Current).  Deep  Sea Research. 40. N° 4, pp 791 – 804.
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Cette fiche a été rédigée dans le cadre du projet d’Atlas encyclopédique des Petites Iles de Méditerranée, porté par le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, et leurs nombreux partenaires.
This sheet has been written as part of the encyclopedic Atlas of the Small Mediterranean Islands project, carried out by the Conservatoire du Littoral, the PIM Initiative and their numerous partners.
(https://pimatlas.org)

ILES

Cluster : Ponent d’Eivissa

Sous-bassin : BALEARIC ISLANDS

Grand Rouveau

Contributeur :

Eva MORAGUES BOTEY (Govern de les Illes Balears) ; Virginia PICORELLI SASTRE (Govern de les Illes Balears) ; Mariana VIÑAS TORRES

Date de création : 31 de desembre de 2017

GRAND ROUVEAU satellite
France; ile du Grand Rouveau; PIM mai 2009
Commune Sant Josep de sa Talaia
Archipel Ponent d’Eivissa
Surface (ha) 61,99
Linéaire côtier (mètre) 4 242
Distance à la côte (Mile nautique) 46
Altitude max (mètre) 382
Coordonnée géographiques Latitude 438,8668
Longitude 1,19726
Propriété foncière Dominio Publico Maritimo-Terrestre (10%)
Gestionnaire(s) Direcció General d’Espais Naturals i Biodiversitat (Govern de les Illes Balears)
Statut de protection national /
international /

Descripció general


L’emblemàtica illa des Vedrà, un símbol d’Eivissa, amb 382 m d’alçada i 62,5 ha de superfície, es caracteritza per tenir un relleu accidentat de penya-segats i parets quasi verticals. L’illa disposa de dos cims anomenats es Bestrems, d’arestes grises i penyals verticals. El més alt, amb 381,53 metres, és el Picatxo de Tramuntana; l’altre, el Picatxo de Migjorn, en té 375. Vora el punt geodèsic hi ha una creu de ferro, col·locada al 1959 i ja malmenada pel temps. A la part central de l’illa, entre els Picatxos i sa Bestorre, s’hi troba una cresta estreta coneguda com les Crestes des Vedrà, és molt abrupta amb desnivells forts de més de cent metres.

Des del punt de vista estructural, tant es Vedrà com la seva illa veïna, es Vedranell, són una continuació del Cap des Jueu, ses Roques Altes i sa Talaia, que estan composts per materials pretectònics. La base i cara nord des Vedrà, amb pendents més suaus i una major cobertura vegetal, està formada pels materials més joves: les margues del miocè. En contrast, la zona sud, amb els seus penya-segats verticals, presenta materials durs i resistents, molt més antics (calcàries del cretaci inferior) superposats als anteriors a conseqüència de l’encavalcament que estructura l’illa. El contrast entre les dues vessants és molt marcat i suposa condicions de clima i sòl molt diferents, que expliquen la diferència de poblament vegetal. L’illa va ser proposada com a lloc d’interès geològic (LIG) per a les Illes Balears (Gràcia, F. et al., 2011). Falta referència a la bibliografia.

La imponent figura que dibuixa es Vedrà sobre la mar i el cel ha estat font d’inspiració d’històries i llegendes, poesia, pintura, música, fotografia i filmacions cinematogràfiques i és sentida com un símbol per tots els eivissencs.

Coneixement


L’illa és un referent per a la navegació des de temps dels púnics. Actualment, a l’extrem oest de l’illa, s’ubica un petit far de pedra que dona nom a la Punta de sa Farola.

El rei i el paborde de Tarragona disposaven d’una part de la producció dels falcons de l’illa d’Eivissa i dels illots des Vedrà i de sa Conillera (Bover i Rosselló, 2003).

L’illa és una propietat privada indivisa de 12 famílies eivissenques. Antigament, hi mantenien un grup de cabres, amb un aprofitament molt regulat: captures d’un nombre ben determinat dos pics l’any. Altres aprofitaments eren les aus marines, la llenya, la manufactura de carbó i el contraban.

Al segle XIX es Vedrà fou lloc de refugi espiritual del pare Francesc Palau i Quer (1811-1872), fundador dels carmelites terciaris. Hi passà llargs períodes refugiat a la cova que rep el seu nom, on un degotís proporciona l’escassa aigua dolça disponible a l’illa. És enterrat al monestir de Sant Honorat, a Mallorca.

L’illot és la base de rondalles tradicionals (com la del gegant des Vedrà, que habitava sota les aigües de l’illot i atacava a tothom qui gosava apropar-s’hi), llegendes i narracions que li confereixen una fama exotèrica i emblemàtica. Diuen que forma part, amb Alacant i el sud-oest de Mallorca, de l’anomenat Triangle del Silenci: diuen que és font de llums i energies, albiraments d’ovnis, renous, anomalies magnètiques que desorienten embarcacions i avions, i altres fenòmens paranormals.

La pesca amb dinamita, una realitat superada

La pesca amb dinamita va ser una modalitat clandestina que va perdurar fins entrats els anys 70 al litoral de Mallorca i les Pitiüses. Havia estat encara més freqüent en el passat. L’any 1921 el Boletín de Pescas la qualifica per a Eivissa com a “desdichada plaga”, destructora, perillosa i molt freqüent, usada fins i tot per pescar tonyines i, generalment, impune. Destaca la freqüència amb què els pescadors perdien mans o braços per explosions prematures.

Aquesta pesca no era practicada pels mariners professionals, sinó per pagesos que habitaven les zones litorals. Més rarament, des dels illots. Hem pogut entrevistar-ne alguns de la zona de llevant de Mallorca. Als anys 40 i 50 se sembraven molts d’arbres a les Balears, principalment ametllers, garrovers i figueres. A les marines,[2] on la terra és prima i la roca aflora arreu, l’ús de dinamita per fer clots d’arbres era habitual. Els barrobins es podien adquirir a cooperatives i magatzems agrícoles sense massa problemes, per això l’accés de molts pagesos a l’explosiu.

Les espècies objectiu eren la saupa (Sarpa salpa), el mabre (Lithognathus mormyrus), el déntol (Dentex dentex), la serviola (Seriola dumerili), el moixó (Atherina boyeri), diferents espècies de llisses i mújols (fam. Mugilidae), l’oblada (Oblada melanura) i ocasionalment la tonyina (Thunnus thynnus).

Una tècnica molt emprada per a la pesca dels déntols consistia a llançar un coet més petit als esbarts de moixó i esperar que aquests acudissin al lloc a menjar-se’l.

Per a saupes i altres peixos, els coeters recorrien el litoral, amb molt d’esment a fer ombra dins l’aigua, cercant el llambrec o lluentor del peix amb la vista. Depenent de l’espècie, s’usava un coet més gros o més petit, amb la metxa més llarga o més curta. Els déntols eren l’espècie més preuada. Aquesta espècie, però, parteix molt aviat si algun objecte és llançat a l’aigua. Això requeria barrobins amb metxes molt curtes que explotassin just en el moment de tocar l’aigua. Aquesta tècnica era extremament perillosa i produïa la majoria d’accidents, morts i amputacions.

Encara ara es localitzen alguns cartutxos de dinamita a cases pageses antigues, testimonis d’una pràctica extingida. Se’n va trobar una caixa vella, de dinamita, a l’Illa del Toro l’any 1984, amagada a una cova on nidifiquen virots. El darrer cas conegut de pesca amb dinamita a les Balears va tenir lloc a prop des Vedrà, probablement des d’embarcació, ja dins el segle XXI.

(1) Guillem Adrover, Coronell, s’Espinagar (1929-2015).
(2) Martí Sureda, Vives, Son Macià (1928).
(3) Sion Llull, de Son Còdol, Petra (1915).
(4) Miquel Mestre, de sa Talaia, Manacor (1928).
(5) Guillem Pons, Trapasser, Santanyí (1931).

Referències
Anònim, 1921.

[1]Jaume Adrover i Rafel Perelló, amb aportacions de J. Mayol.

[2]A Mallorca, es denomina marina la contrada litoral de sòls rocosos i poc apta per a l’agricultura, coberta de garrigues.

Interessos


El principal valor natural de l’illa des Vedrà, a més del geològic i paisatgístic, és la seva flora, que en fa un dels indrets de més rellevància botànica de les Pitiüses, tant per la varietat d’espècies de plantes que hi viuen com per la raresa d’algunes d’aquestes. Presenta una flora rica amb uns 165 tàxons, dels quals 19 són endèmics de les Pitiüses o d’interès biogeogràfic (Rita et al., 2010). La vessant nord de l’illa està coberta per matolls, a vegades densos, de llentiscle (Pistacia lentiscus). Al sud, en canvi, hi predominen els arbusts de Withania frutescens, espècie més termòfila i nitròfila. Els penya-segats serveixen de refugi a un important nombre d’endemismes i altres espècies poc freqüents a les Pitiüses. Els matolls halonitròfils de Suaeda vera recobreixen una superfície important, especialment a la vessant sud i a les zones pròximes a la mar (Bibiloni et al., 2003).

Entre la flora més singular tenim mig centenar d’exemplars d’una subespècie exclusiva de l’illa de camamil·la, Santolina magonica subsp. vedranensis. És molt destacable des del punt de vista biogeogràfic, ja que aquest gènere no es troba a cap altre punt de les Pitiüses. Es diferencia de les camamil·les de les Gimnèsies per ser poc pilosa i d’un verd fosc (Sáez, 2013). També en podem destacar l’herba de llunetes (Biscutella ebusitana), l’aspèrula d’en Pau (Asperula paui), dos alls endèmics eivissencs (Allium ebusitanum i Allium eivissanum), el farigol púnic (Teucrium cossonii), descrit per alguns autors com una forma endèmica de les Pitiüses (subsp. punicum), la silene d’Ifac (Silene hifacensis), la rogeta de penya (Saxifraga corsica subsp. cossoniana) i la ravenissa d’Eivissa (Diplotaxis ibicensis). Cal esmentar que as Vedrà es troben algunes espècies molt rares a les Pitiüses, com el garballó (Chamaerops humilis), Whitania frutescens, el llampúdol (Rhamnus alaternus) i la lletrera arbustiva (Euphorbia dendroides). Hi ha 42 espècies de fongs liquènics citats a l’illa (Atienza et al., 2014).

Els invertebrats de major interès són els mol·luscs Xerocrassa ebusitana vedrae, Iberellus sp., una forma més globosa i de mides majors semblant a I. pythiusensis i un llimac de colonització antiga, endèmic de les Balears, Gigantomilax majoricensis; les aranyes Tegenaria herculea, recollides a la cova des Vedrà, els opilions Scotolemon krausi (as Vedranell i a ses Margalides), que colonitzen zones ombrívoles, balmes i ambients endogeus i Trogulus balearicus, endèmica de les Balears i de coloració mimètica; i diversos coleòpters tenebriònids, com Pachychila sublunata, Asida ludovici ludovici, Asida mater cunicularia i Phylan mediterraneus. També hi han estat recol·lectades aranyes endèmiques dels gèneres Nemesia i Malthonica.

La subespècie endèmica de sargantana, Podarcis pityusensis vedrae, és d’una coloració groga i blava intensa amb ocels i franges negres, molt contrastada, i sens dubte una de les més belles i ben diferenciada d’altres poblacions.

Hi nidifiquen la gavina roja, Larus audouinii; el virot gros, Calonectris diomedea, i el corb marí, Phalacrocorax aristotelis, catalogats com a vulnerables; el virot petit, Puffinus mauretanicus, catalogat en perill d’extinció, i hi ha citada la noneta, Hydrobates pelagicus. Destaca la presència d’una de les colònies europees més importants de falcó marí, Falco eleonorae. Fins fa pocs decennis, els ous i els polls de moltes d’aquestes espècies eren col·lectats com a aliment pels propietaris de l’illot.

El fons marins des Vedrà es caracteritzen per tenir fondàries impressionants a la cara sud que determinen un predomini de fons coral·ligen amb espècies tan singulars com la gorgònia vermella, Paramuricea clavata, qualificada com a vulnerable a la Llista Vermella dels invertebrats marins del mar Balear (2016). És una espècie estructurant i clau en la comunitat del coral·ligen de dominància animal. A la vessant nord de l’illa, de pendents més suaus i fondàries menys pronunciades, són presents els alguers de Posidonia oceanica. El vell marí, Monachus monachus, habitava fins fa poc més de mig segle a les grutes i als fons des Vedrà.

Pressió


Després de gairebé vint anys d’absència de cabres a l’illa, els propietaris tornaren a introduir-les l’any 1992, però la gestió fou deficient: proliferaren de manera poc controlada i esdevingueren una amenaça molt greu per a la valuosa vegetació d’aquest indret fins al punt que moltes espècies vegetals han limitat el seu hàbitat als racons més inaccessibles de l’illa i d’altres podrien haver desaparegut. Afortunadament, aquesta situació s’ha vist millorada el 2016 amb l’eliminació de quasi la totalitat d’aquests animals per part de la Conselleria de Medi Ambient, en una operació molt contestada pels propietaris, entitats animalistes i alguns partits polítics. A l’hora de redactar aquesta fitxa, el tema continua en procés judicial. La presència de conills i rata negra constitueixen també problemes a resoldre, tot i que l’impacte d’aquests és menor que el que provocaven les cabres.

D’altra banda, el misticisme associat a l’illa i els usos lúdics nàutics que es concentren al voltant d’aquesta en els mesos estivals fa que s’hi produeixin desembarcaments no autoritzats, però els impactes reals són de poca rellevància.

Cal esmentar que als fons marins hi ha presència d’espècies d’algues invasores, com ara Caulerpa cylindracea i Lophocladia lallemandii. També hi suposa una amenaça l’ancoratge local sobre els alguers de Posidonia oceanica, actualment prohibit.

Gestió i conservació


Es Vedrà forma part, des del febrer de 2002, de les reserves naturals des Vedrà, es Vedranell i els illots de Ponent, i també s’inclou al LIC-ZEPA ES-0000078 de la Xarxa Natura 2000. Els corresponents plans de gestió estan en elaboració.

La gestió i conservació d’aquest illot és competència de la Conselleria de Medi Ambient, Agricultura i Pesca. Té un equip assignat que s’encarrega de la vigilància, educació ambiental, seguiment i gestió de la zona.

Pastoralisme arcaic i espècies invasores: el cas de les cabres des Vedrà[1]

 

A finals de la dècada dels 70, es Vedrà estava cobert d’un dens pradell vegetal i la flora era d’una riquesa espectacular, plena d’originalitats i rareses, amb una bona cobertura de plantes anuals —sobretot, de ravenissa de les Pitiüses (Diplotaxis ibicensis)— i arbusts ben constituïts, guarnits de brostades verdes i tendres. Les cabres havien estat exterminades anys abans i l’illa havia recuperat la flora pròpia. Diversos botànics han acumulat centenars de dades que demostren que es Vedrà és l’indret de major interès botànic de les Pitiüses. La seva morfologia, constitució geològica, exposicions als vents marins i insolacions diverses li donen una riquesa de microclimes que han fet possible la supervivència i manteniment d’espècies rares o inexistents a les nostres illes fora des Vedrà. També la presència d’aus marines, que fecunden el sòl amb les seves dejeccions, afavoreix la diversitat. En total, es coneixen a l’illa 166 espècies de vegetals, una quantitat elevadíssima per un indret d’extensió tan reduïda.

Hi havia cabres, quan els primers botànics, a principis del segle XX estudiaren la flora des Vedrà? És ben probable…

Sorprenentment, l’arxiduc Lluís Salvador d’Àustria, poques dècades abans, no en fa cap referència. [1] Aquesta omissió crida molt l’atenció, ja que el noble toscà bé esmenta cabres a les illes des Bosc i Tagomago, detalla l’abundància d’aquest bestiar a s’Espalmador («isla ricamente dotada de cabras»), i refereix fins i tot com els pagesos en transportaven anualment des d’aquesta darrera illa a s’Espardell, perquè hi passassin l’hivern (on no hi ha aigua dolça, la qual és imprescindible a l’estiu). Per cert que de les primeres ens conta que «son tan indómitas que ocasionalmente se ven forzados los propietarios a matarlas a tiros».

El costum d’usar els illots com a corrals és antiquíssim, arreu del món. El cas des Vedrà està documentat des del segle XIV, però aquesta pràctica deu ser tan antiga com la navegació. Sense anar més lluny, Cabrera no té aquest topònim per casualitat i hi ha moltes illes mediterrànies (Caprera, Capraia, Capri…) amb nom d’aquests ungulats introduïts, com també es repeteix el nom de Conillera i d’Illa dels Conills (una altra espècie de reiterades introduccions). Si tornam a la gran obra de l’arxiduc Lluís Salvador, ens trobam com fa referències explícites a l’abundància de cabres a sa Dragonera i a Cabrera, on la vegetació és «lamentablemente pasto de las numerosas cabras salvajes, de ahí su nombre, y de los conejos en número devastador». També en dona notícia per a l’Illa d’en Colom, de Menorca, on les cabres ja havien estat eliminades pels danys que ocasionaven a la vegetació.

No sols cabres, conills i ovelles han format part del bestiar microinsular: també els porcs han estat introduïts als illots. Aquests tenien uns efectes especialment exhauridors, per la seva conducta grufadora, generadora d’erosió, i predadora, ja que consumien ous i polls d’aus marines quan els podien abastar. A sa Dragonera va haver-hi una guarda de truges fins a la compra de l’illa pel Consell de Mallorca, avançada la dècada dels 80. A les illes de Sant Eulària n’hi amollaven per tal que consumissin els tubercles de la rapa (Arisarum vulgare). En resum, uns usos d’alt impacte, que una societat quasi autàrquica i d’economia precària requeria per mantenir-se.

Un exemple indirecte dels efectes aniquiladors de la presència de bestiar domèstic és la distribució geogràfica de l’alfals arbori, Medicago citrina. Aquest endemisme sols es troba a ses Bledes, es Malvins, els penyals de s’Espartar, alguns illots de Cabrera i dels Columbrets. Quina explicació té una distribució geogràfica tan limitada i disjunta? És òbvia: està confinat als illots on no hi ha hagut herbívors que l’hagin devorat, ja que, com a bon alfals, és molt apreciat per cabres o conills (i rates).

Tornant a l’aprofitament dels limitats recursos naturals dels illots, el cas des Vedrà presenta una singularitat notable: probablement pel seu caràcter de propietat proindivisa, s’hi havia dissenyat i aplicat un procediment ritualitzat que garantia un aprofitament equitatiu entre els propietaris i evitava comprometre la continuïtat de les pastures. Cada any es feien dues extraccions de cabrits, per Pasqua i per Nadal, un per a cada família en la primera i mig en la segona, més un animal que es menjava en comú els dies de l’aplegada, que era també una tasca compartida i festiva. Una feina, per cert, no desproveïda de risc, el qual era conjurat passant devotament el rosari durant el viatge al rem de Cala d’Hort a l’illot, que assegurava així una certa protecció celestial.

Aquesta extracció anual de devuit o vint caps devia mantenir la guarda ben controlada i evitava que la vegetació patís en excés. Això no vol dir, però, que les espècies més sensibles no fossin perjudicades per la pastura, perquè no és el mateix mantenir la cobertura vegetal que els efectius demogràfics de cada una de les espècies que la integren. Diverses plantes rares sobrevisqueren en condicions precàries en els llocs més empenyalats, poc accessibles als herbívors, i probablement d’altres degueren desaparèixer.

Els vedraners, tanmateix, tenien a l’illa altres activitats: n’aprofitaven els ous de gavina, polls de virots i altres aus marines, cries dels esparvers o falcons marins… També es talaven savines; rabasses de mata i altres llenyes eren aprofitades per coure carbó (tot i que sembla que aquesta activitat era més tost la tapadora de la pràctica del contraban de tabac).

El sentit d’aquests usos el segle XXI és, evidentment, anacrònic, i la capacitat de les noves generacions urbanes per a una tasca tan costosa i delicada com és l’encalç de cabres pels penyals no és la mateixa que tengueren els pagesos i mariners obligats per la limitació dels recursos disponibles. En els darrers aplecs de cabres as Vedrà no s’aconseguia, ni de lluny, obtenir un animal per a cada família!

 

El bestiar insular

 

Els canvis socioeconòmics que han caracteritzat les nostres societats en els darrers decennis han influït molt en la presència de bestiar en les petites illes despoblades. Les cabres desaparegueren de la majoria d’illots de les Balears a devers la meitat del segle XX, per desinterès dels gestors d’aquestes. Els canvis de la vegetació varen ser positius, rapidíssims i espectaculars.

Aquest no és un problema original de les Balears. La IUCN (Unió Internacional per a la Conservació de la Natura) inclou la cabra entre les 100 espècies invasores més pernicioses. A centenars d’illes de tot el món, on les cabres havien estat introduïdes històricament per mariners que volien disposar d’un recurs d’aliment en futurs abordatges, s’han exterminat sistemàticament per motius de conservació de la naturalesa. A països molt diversos, des dels Estats Units fins a Austràlia, des de la Mediterrània a illes de l’oceà antàrtic, s’ha aconseguit extirpar la presència de cabres. En tots els casos d’illes grans, s’ha fet sacrificant els animals amb arma de foc. De vegades, amb esforços i inversions considerables: a distintes illes de les Galápagos s’hi han invertit centenars de milers de dòlars, amb mobilitzacions de centenars de persones ajudades per cans i, fins i tot, disparant des d’helicòpters. En algun cas aïllat s’han usat verins per fer acabar aquest gravíssim problema de conservació. L’escàndol que es va provocar a Eivissa, per una combinació irracional d’interessos polítics, particulars dels propietaris, animalisme sensible i esoterisme tronat va resultar dramàtic, amb atacs molt ofensius a les persones que havien fet complir la llei, ja que la presència de cabres està prohibida a la Reserva Natural i els propietaris havien fet cas omís dels requeriments de retirar-les.

Avui, la flora singular des Vedrà ha de ser un motiu d’orgull per als vedraners i tots els eivissencs, perquè és tan genuïna i tan irrepetible com la silueta de l’illa, considerada per molts com la més bella del món. Es Vedrà és un santuari botànic, i no pot ser un corral de vegetació arrabassada i que perd el sòl per erosió. El món i les societats canvien: en els darrers decennis hem desat en el prestatge de la història les virotades en què alguns agosarats es jugaven la pell acumulant els ous de gavina dins la camisa per tenir els braços lliures i baixar de les penyes; i deixam viure els esparvers a la ribera. Per no parlar de ganivetes o pistoles per dirimir el festeig conflictiu, o la pesca amb dinamita. Les cabres des Vedrà, per motius igual de peremptoris, han de quedar en el mateix prestatge d’arcaismes fora de lloc, amb la comprensió i el respecte per a les generacions que en feren ús, en altres circumstàncies que fora millor no tornar a viure.

 

Una sensibilitat mal dirigida: l’animalisme antibiològic

La retirada de les cabres des Vedrà era una obligació legal des que es va declarar la Reserva Natural dels Illots de Ponent, l’any 2000, però, desgraciadament, ha estat un tema polititzat. Des del món científic i conservacionista, i molt especialment el col·lectiu de botànics i estudiosos de la flora, es reclamava des de feina anys la necessitat de fer complir la llei i retirar el bestiar de l’illot. Les seves característiques físiques, el valor biològic nul dels animals (sense cap interès  genètic ni zootècnic), la necessitat de procedir amb rapidesa i la seguretat de les persones que havien d’efectuar la tasca, aconsellaren actuar-hi amb el sistema usat a tot el món en casos similars a aquest: el sacrifici dels animals amb arma de caça major i professionals solvents, que garanteixen una durada mínima de l’agonia dels animals. L’extracció en viu dels animals els pot ocasionar patiments majors i comporta un risc no negligible per als operaris que desenvolupen la feina.

Desgraciadament, el cas ha estat mal entès per una part molt activa de l’opinió pública illenca, que ha fet veure que el sacrifici era poc menys que el caprici d’un parell de polítics sanguinaris i desinformats. Un procés d’anys de feina, d’anàlisi rigorosa d’alternatives, d’aplicació dels mateixos procediments que es fan servir a tot el món, inclosos els espais protegits més valuosos i reconeguts internacionalment, ha quedat obviat per la ignorància i la demagògia. Per molt que dolgui les sensibilitats més acusades, la mort forma part dels processos vitals dels ecosistemes, i gestionar les poblacions animals (domèstiques i, fins i tot, silvestres en molts de casos) inclou un ús assenyat i prudent del control d’espècies, quan és imprescindible. Un excés de biofília pot resultar, a la llarga, perniciós per a la vida. Cal integrar mort i conservació, tot i les dificultats òbvies de contraposar arguments matisats i sentiments primaris.

[1]DIE BALEAREN, 1897, Erxherzog Ludwig Salvator. Geschildert in Wort und Bild. Würzburg und Leipzig. K.u.K. Hofbuchhandlung von Leo Woer.

[1]Joan Mayol

Pprincipals recursos bibliogràfics


Atienza, V. [et al.], 2014.
Ballesteros, E. [et al.], 2007.
Bibiloni, G. [et al.], 2003.
Bover, J.; Rosselló, R., 2003.
Cirer, F. (coord.), 1995-2016.
Gràcia, F. [et al.], 2011.
Marí, M. (coord.), 2014.
Mata, R. I.; Roig, X., 2016.
Oliver, M., 2016.
Rita, J. [et al.], 2003.
Rita, J. [et al.], 2010.
Sáez, LL., 2013.
Viada, C., 2006.

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ISBN N°


Atlas des Petites îles de la Méditerranée


ILES

Cluster : Mallorca

Sous-bassin : BALEARIC ISLANDS

Grand Rouveau

Contributeur :

Martí MAYOL (Consell de Mallorca)

Date de création : 31 de desembre de 2017

France; ile du Grand Rouveau; PIM mai 2009
Tunisie; ile de Zembra; PIM juin 2009
Commune Andraitx
Archipel Mallorca
Surface (ha) 272,75
Linéaire côtier (mètre) 10 535
Distance à la côte (Mile nautique) 109
Altitude max (mètre) 352
Latitude 39,5844
Longitude 2,31983
Propriété foncière Consell Insular de Mallorca (100%)
Gestionnaire(s) Consell Insular de Mallorca
Statut de protection national /
Statut de protection international /

Descripció general


Situada a l’extrem oest de l’illa de Mallorca,  forma part estructural de la serra de Tramuntana, amb la qual comparteix origen geològic, disposició i materials.  És l’illot més gran de Mallorca, amb una longitud de 4,2 km i una amplada màxima d’uns 800 metres.

Propietat

El Consell Insular de Mallorca és el propietari majoritari de l’illa de sa Dragonera, que la va adquirir al 1987, així com de les carreteres dels fars —abans propietat de la Comunitat Autònoma de les Illes Balears i ara transferides al Consell (Llei 16/2001, de 14 de desembre)—, la MA-120, la carretera del far de Llebeig (asfaltada) i la MA-121, la de Tramuntana (no pavimentada).

La Comunitat Autònoma de les Illes Balears és propietària de l’espigó de cala Lladó, gestionat per Ports de les Illes Balears, i l’Estat espanyol, de la zona de domini públic maritimoterrestre, gestionada per la Direcció General de Sostenibilitat de la Costa i de la Mar (Ministeri d’Agricultura, Alimentació i Medi Ambient), que inclou la costa de sa Dragonera (delimitació aprovada per Ordre ministerial 30/9/2013), l’illa Mitjana i altres illots i esculls, i els fars de Llebeig i de Tramuntana, gestionats per l’Autoritat Portuària de les Balears del Ministeri de Foment. També és propietari de l’illot des Pantaleu.

Accés i edificacions

Es pot accedir a l’illa únicament pel moll situat a cala Lladó, lloc on es troben la major part de les edificacions del parc. Es tracta de les antigues cases dels pagesos i del propietari de l’illa, actualment reconvertides en centre de visitants, instal·lacions per a acollida d’investigadors i voluntaris i dependències per al personal.

A part, al parc s’edificaren tres fars entre 1850 i 1910, dos dels quals resten encara en servei; aquests edificis es dotaren amb habitatges per als faroners i les seves famílies. Actualment, amb els fars automatitzats, no estan habitats i algun d’aquests s’ha incorporat a les infraestructures d’interpretació del parc.

Una antiga torre de vigilància del segle XVII, restaurada l’any 2006 pel Consell de Mallorca, es troba a la zona del cap de Llebeig.

Altres construccions petites d’ús agrícola, rehabilitades, completen l’inventari d’edificis de sa Dragonera.

Geologia i geomorfologia

Les roques de sa Dragonera es formaren al fons marí ara fa 180-200 milions d’anys; la major part de sa Dragonera és material del juràssic inferior, encara que també podem trobar-hi dipòsits detrítics miocènics.

L’illa està dividida en dues unitats paisatgístiques. El vessant que està orientat al sud-est presenta un pendent homogeni a l’entorn del 30 % (entre el 10 i el 50 %, segons el lloc), en què diversos cursos d’aigua donen lloc a petites cales.

El vessant nord-oest és un penya-segat pràcticament vertical, continu i ombrívol, refugi d’espècies vegetals endèmiques i sobretot d’una colònia important de falcó marí.

Toponímia, origen del nom

El nom d’aquesta illa, sa Dragonera, està associat a diverses hipòtesis i llegendes. La forma allargada, com un dragó adormit, o tal vegada la presència de les sargantanes, han estat sovint els arguments sobre l’origen del topònim.

L’any 2008, un grup d’investigadors documentaren la coincidència del topònim amb altres indrets de l’entorn geogràfic regional. A diversos llocs de la Mediterrània occidental, la paraula dragonera fa referència a l’existència d’una cavitat vertical amb aigua dolça al fons, en forma de llac més o manco accessible. A sa Dragonera, un avenc situat a escassa distància del port ha estat, des de fa segles, un lloc de proveïment d’aigua per a navegants. Els vestigis arqueològics es remunten a èpoques clàssiques anteriors al segle I aC. L’origen del nom, per tant, està en relació amb la cova, importantíssima per al proveïment d’aigua dels navegants al llarg de segles o mil·lenis.

Coneixement


Fauna

La fauna d’invertebrats està constituïda per elements semblants als que es poden trobar a la zona més propera de Mallorca. Els punts d’interès se centren en els tàxons endèmics i en la comunitat lligada a coves. El grup dels crustacis isòpodes terrestres es considera molt variat (18 espècies); hi són presents un centenar d’espècies de lepidòpters, entre els quals hi ha una espècie nova per a la ciència endèmica de sa Dragonera (Idaea acutipennis; Hausmann i Honey, 2004), i altres que no s’havien trobat abans a Mallorca (Idaea calunetaria, Kuchleria insignata, Evergestis bifasciallis; Prunier, 2003). Els coleòpters són el grup d’invertebrats més nombrós de sa Dragonera. El seu catàleg és encara incomplet, si bé s’han fet alguns avanços i al 2005 es van trobar espècies noves per sa Dragonera (Cryptocephalus saucius, Aphthona nigriceps, Longitarsus geneus) i fins i tot per totes les Illes Balears (Lucasianus levaillantii; Petitpierre i Sacarés, 2005). Les espècies endèmiques detectades a sa Dragonera i/o as Pantaleu són: Asida barceloi, Asida planipennis planipennis, Elaphocera capdeboui, Chryptocephalus majoricensis, Nesotes viridicollis viridicollis, Phylan semicostatus, Timarcha balearica, Pachychila sublunata, Percus plicatus, Stenosis intricata.

Cal destacar que Brachycerus barbarus (escarabat bonyarrut), que s’havia fet rar per la plaga de rates, torna a ser abundant d’ençà que es va erradicar (Alomar et al., 2015).

Rèptils
Aquest grup d’espècies terrestres inclou actualment tres espècies, després de la troballa del dragonet (Hemidactylus turcicus). El dragó (Tarentola mauritanica) també es troba a l’illot des Pantaleu. Però és la sargantana de les Balears (Podarcis lilfordi) l’element més característic atesa la seva endemicitat: la subespècie giglioli només es troba a l’illa de sa Dragonera.

Nom comú Nom científic Categoria de protecció (Catàleg Nacional i annex II Directiva) Hàbitats)
Dragó Tarentola mauretanica mmmmmmauretanicamauritanica Règim de protecció especial
Dragonet Hemidactylus turcicus Règim de protecció especial
Sargantana de les Balears Podarcis lilfordi giglioli Règim de protecció especial; Directiva Hàbitats

 

Avifauna
El grup de fauna més important són les aus marines, amb colònies de cria de totes les espècies presents a les Balears (virot petit, virot gros, noneta, gavina corsa, gavina comuna i corb marí). A més, hi destaca la colònia més gran de la Mediterrània occidental de falcó marí, amb unes 70-80 parelles reproductores.

Larus audouinii es reprodueix anualment en algun indret del parc, amb una colònia d’entre 65 i 75 parelles reproductores.

Larus michaelis. Respecte a aquesta espècie, la població arribà als nivells més alts a final dels 90, amb poblacions estimades de fins a 4000-4500 parelles reproductores. El tancament dels abocadors de residus urbans a la intempèrie a l’illa de Mallorca ha fet que la població s’hagi reduït progressivament. Actualment es calcula que la població total deu estar al voltant de 2000 parelles, si bé la densitat a diferents indrets de l’illa és molt variable i el càlcul global de la població és complex.

Calonectris diomedea ocupa sobretot l’illot des Pantaleu, amb una colònia estable d’un mínim de 186 nius ocupats l’any 2016 i amb una població que s’estima del voltant de 220 parelles reproductores.

Respecte a Puffinus mauretanicus i Hydrobates pelagicus, sembla que les poblacions es troben en procés de recuperació a partir de la desratització de l’illa. De Puffinus, l’any 2016 s’ha verificat la nidificació segura de 59 parelles a 6 parcel·les de control situades a la vessant sud-est. La recuperació de la població és evident a partir de la desratització, si bé cal tenir en compte que els penya-segats no han estat objecte de seguiment detallat a causa de la dificultat per accedir-hi.

Respecte a l’avifauna que hi nidifica, se n’ha confirmat la cria de 24 espècies (incloses les 7 marines esmentades abans) i 3 que possiblement nien:

Calonectris diomedea
Puffinus mauretanicus
Hydrobates pelagicus
Phalacrocorax aristotelis
Falco eleonorae
Falco peregrinus
Larus audouinii
Larus michahellis
Columba livia
Columba palumbus
Tyto alba
Apus apus
Ptyonoprogne rupestris
Troglodytes troglodytes
Monticola solitarius
Turdus merula
Sylvia balearica
Sylvia melanocephala
Muscicapa striata
Corvus corax
Serinus serinus
Carduelis chloris
Carduelis carduelis
Carduelis cannabina

Nidificació possible :
Otus scops
Sylvia cantillans
Emberiza calandra

L’illa constitueix un lloc de pas important per a la fauna migratòria, sobretot en el temps de la tardor, ja que com que es troba al sud de la serra de Tramuntana, s’hi allotgen gran quantitat d’aus passeriformes a l’espera de condicions meteorològiques adequades per al pas fins al nord del continent africà.

Mamífers
No s’hi troben mamífers terrestres (un cop se’n van erradicar el conill, la rata i el ratolí), però si que hi són presents diverses espècies de ratapinyades:
Pipistrellus pipistrellus
Hypsugo savii
Eptesicus serotinus
Plecotus austriacus
Tadarida teniotis
Miniopterus schreibersii
Myotis myotis

Flora

El catàleg florístic actualitzat al 2007 de l’illa de sa Dragonera inclou 364 tàxons distribuïts en 242 gèneres que pertanyen a 90 famílies diferents. Si se n’exclouen les espècies introduïdes que no s’han naturalitzat, el nombre és més baix: 343 tàxons, distribuïts en 227 gèneres i 80 famílies. És, per tant, d’una diversitat notable, especialment si es té en compte que l’illa és àrida i amb una certa uniformitat ambiental. La composició de les famílies és molt similar a la que es presenta a Mallorca i a altres zones de la Mediterrània.

La flora del Parc Natural de sa Dragonera s’emmarca dins la típica de les Gimnèsies, però també presenta característiques pròpies. En el Parc natural de sa Dragonera es troben 21 tàxons endèmics, un dels quals, Limonium dragonericum, descrit per Erben (1989), és un endemisme exclusiu de l’illa i de la costa d’Andratx i Estellencs, on és abundant. La resta d’endemismes ho són també d’altres illes de l’arxipèlag balear. Existeix una concentració clara d’endemismes a les zones altes de la meitat occidental de l’illa, al puig dels Aucells i al puig de na Pòpia. En canvi, les zones baixes de les vessants sud-est són les més pobres en endemismes: cala Cucó, cala Lladó, cala en Bubú, etc. També s’observa un nombre inferior d’endemismes a la meitat oriental, on hi ha un predomini dels substrats margocalcaris, de poca consistència. La majoria de les espècies endèmiques es troben distribuïdes a la zona litoral, llocs ventosos, penya-segats, comellars i roques ombrívoles. La part culminant de l’illa, el puig dels Aucells i la pujada al puig de na Pòpia, presenta també valors notables de riquesa florística.

Interessos


Patrimoni construït: els fars[1]

 

Far de na Pòpia

És el far construït a Espanya amb més altura sobre el nivell del mar, ja que el pla focal es trobava a 360 metres d’elevació. Aquest va ser precisament el motiu del tancament i eliminació d’aquest com a senyal marítim, ja que en moltes ocasions al llarg de l’any els núvols baixos es queden rondant aquest pic de la muntanya i impedeixen la visibilitat del far.

La seva instal·lació en un illot i, a més, en el cim d’una muntanya escarpada, van fer d’aquest far una de les destinacions infaustes per als faroners d’aquella època. El seu aïllament es veia acompanyat per les duríssimes condicions climatològiques a les quals es veien exposats en aquell pic, amb vents fortíssims i nombroses tempestes amb descàrregues elèctriques imponents. Això va fer que la convivència dins d’aquell senyal marítim fos una de les més difícils de mantenir en calma, d’entre tots els fars de les Illes Balears. Van ser innombrables les desavinences, en una ocasió de les quals es va arribar a la batussa i a acabar trencant els aparells d’il·luminació en plena llanterna del far. Aquest fet va comportar que se sancionassin els dos faroners implicats amb el trasllat forçós al far dels Columbrets, una de les pitjors destinacions i far de càstig per excel·lència en aquell temps. La fatídica reputació que pesava sobre aquell illot situat davant de Castelló era tan terrible que, fins i tot, un dels torrers del far mallorquí del cap Blanc va arribar a disparar-se un tret al 1869 quan va patir el càstig del temible trasllat als Columbrets. Aquest illot maleït forma també part important de la història dels fars de les Illes Balears, ja que havien de fer torns entre els torrers de València, Castelló i les Balears per enviar-hi un torrer principal durant un any. Per descomptat, els que hi anaven castigats podien passar en aquell penós far molt més temps.

Els mariners encarregats del proveïment de na Pòpia van començar residint a cala Lladó, després van passar a tenir la residència a Sant Telm, per finalment ubicar el seu lloc base al port d’Andratx.

El far de na Pòpia es va apagar al novembre de 1910, moment en què van quedar inaugurats els de Llebeig i Tramuntana, al sud i nord, respectivament, de l’illa.

Far de Llebeig

Es va inaugurar el 1910 per substituir, juntament amb el far de Tramuntana, el de na Pòpia, amb un sistema òptic giratori anglès. Va començar amb una plantilla de tres torrers i va acabar assistit per només un tècnic amb l’ajuda d’un auxiliar, fent torns cada quinze dies amb dos més de similars que, mentrestant, atenien l’abalisament del port d’Andratx.

Els problemes d’assistència en cas de necessitat urgent eren molt acusats a sa Dragonera; tant és així que fins a tres ocasions familiars dels torrers van emmalaltir de gravetat i, atès que no podien ser evacuats pels mariners, van arribar a morir en el mateix far. El problema de l’aïllament es va veure aguditzat perquè les relacions entre els faroners i els mariners es van arribar a enrarir fins a extrems judicials.

Des d’aquest far es va haver de prestar auxili diverses vegades a mariners en perill. Un cas destacat va tenir lloc durant la Primera Guerra Mundial, concretament el 18 de febrer de 1917, quan els faroners de Llebeig van prestar ajuda a sis supervivents d’un bergantí-goleta italià que havia estat torpedinat per un submarí austríac.

El far de Llebeig va quedar automatitzat el 1971 i el seu personal va abandonar els habitatges el 1973.

Far de Tramuntana

Es va construir el 1910 per completar l’abalisament de sa Dragonera, després d’haver-se apagat el far de na Pòpia. Va començar il·luminant amb un llum de petroli d’una sola metxa, per a fars de poc abast, i era atès per un únic faroner. Aquesta manca de companys va provocar que en nombroses ocasions la família d’aquest hagués d’atendre el far per indisposició del cap de família. Quan la indisposició s’allargava, llavors un dels torrers de Llebeig anava a atendre el far de Tramuntana.

No obstant això, el 1925, el faroner va caure tan malalt que va morir allà mateix i la dona es va haver d’encarregar de l’encesa i manteniment del far durant aquella nit, fins que l’endemà va rebre ajuda dels companys de l’altre far de l’illa.

També aquí el torrer i la seva família van haver de dur a terme moltes vegades la vigilància de la costa. Com a cas curiós, cal comentar la nota transmesa el 31 d’agost de 1919, on es comunica que s’ha vist passar per les rodalies del far una mina que s’allunyava en direcció nord-est.

El far va quedar deshabitat el 1961, un cop que el sistema d’il·luminació es va automatitzar amb equips de gas acetilè.

 

Medi marí[2]

L’illa de sa Dragonera és remarcable pels seus hàbitats submergits. En l’àmbit litoral cal remarcar l’abundància de Lithophyllum byssoides, alga calcària massiva, que forma un hàbitat molt característic. Un poc més avall, on trenquen les onades, hi destaquen l’hàbitat de Palisada tenerrima i el de Cystoseira stricta. A les zones més superficials hi ha esplèndides comunitats dominades per Cystoseira balearica o Dictyopteris polypodioides. Al vessant nord, i especialment al cap de Llebeig, hi ha representacions magnífiques de comunitats d’algues esciòfiles i de coral·ligen de paret. També hi ha alguna cova submarina (cova des Francès o Cueva de la Ventana) amb esplèndides comunitats de coves fosques i espècies remarcables, com les esponges cavernícoles Rhabderemia minutula i Epipolasis spelaea, el gòbid Didogobius splechtnai i el misidaci Hemimysis margalefi. Al vessant sud, molt diferent, hi destaquen les comunitats situades per sota de 30 metres, on hi ha una gran abundància d’algues vermelles laminars de mida gran (Sebdenia, Halymenia, Kallymenia) i una no gens menyspreable abundància de Cystoseira zosteroides, C. funkii, C. spinosa v. compressa i C. abies marina, algues erectes poc abundants a les Balears, acompanyades d’altres grans algues brunes, com la gran alga laminar Phyllariopsis brevipes. Els fons de sa Dragonera són probablement els fons més interessants i diversos de les Gimnèsies pel que fa a la flora i comunitats algals.

[1]Javier Pérez de Arévalo

[2]Enric Ballesteros

Pressió


Gestió i conservació


L’illa va ser declarada Parc Natural l’any 1995, després que el Consell de Mallorca l’adquirís íntegrament per acord del Ple del dia 14 de juliol de 1988, a través del Decret 7/1995 del Govern de les Illes Balears. Abans, havia estat protegida des del punt de vista urbanístic per la Llei 1/1991, de 30 de gener, d’espais naturals i de règim urbanístic de les àrees naturals d’especial protecció de les Illes Balears; el Decret de creació del Parc Natural fou modificat pel Decret 52/2002, de 5 d’abril, publicat al BOIB núm. 44, d’11 d’abril de 2002.

El Pla Territorial Insular de l’illa de Mallorca, aprovat definitivament per acord del Ple del Consell de Mallorca, en data 13 de desembre de 2004, classifica el Parc Natural de sa Dragonera com a àrea natural d’especial interès d’alt nivell de protecció (AANP).

Per altra part, tota la superfície del parc natural, així com l’àrea marina d’influència del parc (Decret 7/1995, de 26 de gener, del Govern de les Illes Balears), queda compresa en els LIC (llocs d’importància comunitària) de sa Dragonera (ES 0000221) en el marc de la Directiva 92/43/CEE del Consell, de 21 de maig, relativa a la conservació dels hàbitats naturals i de la fauna i flora silvestres. Actualment, aquesta figura es troba en procés de conversió a la nova figura ZEC (zona d’especial conservació), en compliment de la normativa europea, per Acord del Consell de Govern de 2 d’agost de 2013 (BOIB núm. 108, de 3 d’agost de 2013).

La baldriga o virot (Calonectris diomedea) a l’illot des Pantaleu

La colònia de l’illot des Pantaleu acull actualment unes 210 parelles nidificants de baldriga o virot, Calonectris diomedea. L’espècie cria en aquest illot protegit, lliure de depredadors terrestres, en caus entre les roques o sota la vegetació. L’espècie pon un sol ou durant el mes de maig i els dos membres de la parella s’encarreguen de l’alimentació del poll durant tot l’estiu fins que aquest s’envola, a final de setembre. Després de la reproducció, l’espècie fa grans viatges transequatorials cap a aigües atlàntiques més riques (González-Solís et al., 2007).

 

La colònia va ser descoberta a final dels anys 70, i el GOB va iniciar aleshores l’anellament sistemàtic de polls (Mayol, M., 1991). Des de l’any 2001, el Grup d’Ecologia de Poblacions (IMEDEA, CSIC-UIB) fa l’anellament i el seguiment d’aquesta colònia, cosa que ha permès estimar molts dels paràmetres demogràfics de l’espècie en aquesta població, descobrir alguns dels factors determinants de la dinàmica poblacional, i poder avaluar-ne l’estat actual de conservació. Com que els individus són molt filopàtrics al lloc de cria, el seguiment de la colònia permet tenir dades poblacionals de l’espècie i al mateix temps fer un seguiment individual al llarg del temps.

 

La primera edat de reclutament podria ser amb cinc anys (Sanz-Aguilar et al., 2016a) i si bé els individus mostren un elevat grau de filopàtria (97 %), estudis moleculars a partir de dades de diverses colònies, tan mediterrànies com atlàntiques, mostren que hi ha dispersió recent entre les dues conques, especialment de l’Atlàntic al Mediterrani (aproximadament, un 10 % de migrants/generació) i també es detecta un intercanvi històric entre les conques (uns 70 reproductors/generació). Una anàlisis espacial de la variació genètica també ens mostra que la distància no és el factor principal que modula l’estructuració genètica a l’espècie (Genovart et al., 2013b).

El volum mitjà de l’ou en aquesta colònia —calculat com volum = 0.51* L*B2, on L és la longitud de l’ou i B és l’amplada màxima— és de 72.943 (SD:1.2618) (2001-2016, N=1777).

 

L’èxit reproductor per aquesta població, calculat com el nombre de polls volanders trobats al final del període reproductor dividit pel nombre d’ous incubats en què es va observar el contingut del niu, és de 66,5 % ± 0.06. (2001-2014). Les causes de fracàs reproductor són variables, com es pot veure en la figura 2, però no s’ha detectat presència de depredadors terrestres (ni rates ni carnívors) i les desaparicions d’ous es produeixen principalment perquè els ous roden o llisquen per pendents i, en alguns casos, per depredació del gavià de potes grogues Larus michahellis.

 

L’èxit reproductor es veu afectat també per factors climàtics, com el NAO índex, que explica un 41 % de la variància d’aquest paràmetre, probablement causat per la relació entre aquest índex i la disponibilitat de menjar (Genovart et al., 2013a).

 

Les anàlisis de supervivència dutes a terme fins ara ens mostren uns valors alarmantment baixos de supervivència adulta per a una espècie de llarga vida com aquesta (Genovart et al., 2013a; Sanz-Aguilar et al., 2016a; Tavecchia et al., 2016) i que això és probablement degut a la captura accidental en arts de pesca (Genovart et al., en preparació). Les variacions temporals en la supervivència es troben també clarament relacionades amb les variacions en l’índex climàtic SOI, que arriben a explicar fins a un 66 % de les variacions anuals en aquesta colònia, a causa d’unes taxes elevades de mortalitat o dispersió permanent en condicions meteorològiques adverses durant la hivernada (Genovart et al., 2013a).

 

Els estudis realitzats fins ara mostren que la colònia des Pantaleu no seria actualment viable si no estigués recuperada per immigració (~10–12 % de la població total cada any; Sanz-Aguilar et al., 2016b), i sense aquest recobrament la població s’extingiria en menys de cent anys (figura 3; Genovart et al., en preparació). Ni aconseguint cada any el valor màxim de fertilitat es podrien compensar taxes de supervivència menors a 0,90 en aquesta espècie. Donat que probablement aquest recobrament no serà permanent, i que la pesca accidental afecta moltes més poblacions, es requereixen mesures urgents per mitigar la captura accidental de l’espècie per garantir-ne la viabilitat.

Referències
Genovart, M.et al., 2013a.
Genovart, M. et al, 2013b.
Genovart, M. et al., 2007.
Mayol, M., 1990.
Sanz-Aguilar, A. et al., 2016a.
Sanz-Aguilar, A. et al., 2016b.
Tavecchia, G. et al., 2016.

El falcó marí i els illots

El falcó marí o de la reina, Falco eleonorae, és una espècie endèmica de la costa mediterrània, amb poblacions a l’Atlàntic marroquí i a les illes Canàries. És una au migrant i les seves àrees d’hivernada es troben a l’illa de Madagascar. A les Balears el trobam present en les seves àrees de reproducció des de l’abril fins a principi de novembre, quan els exemplars utilitzen com a llocs de nidificació els penya-segats costaners i illots rocosos. Les estimacions de la població a tot el món en l’últim cens és de 15.000 parelles, de les quals 12.000 són a Grècia (Papaconstantinou, 2007). La població balear, el 2014, es va quantificar pròxima a 1.500 individus, unes 750 parelles reproductores (Mas, 2014).

A algunes localitats de les Balears s’ha dut a terme el seguiment de les colònies durant un període de temps llarg, gairebé tots els anys, com per exemple a l’illa de sa Dragonera, a l’arxipèlag del Parc Nacional de Cabrera, i en els últims anys a la costa nord del paratge natural de la serra de Tramuntana (Mallorca). Per evitar molèsties innecessàries els recomptes complets es porten a terme cada quatre anys.

 

 

La dieta d’aquesta au rapinyaire és molt variada i en la nostra latitud fora de l’època de cria s’alimenta en gran mesura d’insectes que caça al vol, sobre una gran diversitat d’hàbitats: coleòpters anomenats banyarriquers, Cerambix cerdo, sobre els alzinars de la serra de Tramuntana; cigales Cicada orni, a pinars i garrigues; formigues alades; i escarabats de Sant Joan, Polyphilla fullo, i altres coleòpters petits, com Pentodon algirus, a zones arenoses amb vegetació de gramínies; i libèl·lules i cavallets del dimoni sobre les zones humides (Adrover i Mas, 2012; Araújo et al., 1977; Mas, 2006; Mayol, 1976).

 

Si bé és present i freqüenta les illes grans abans de la cria a la recerca d’aliment, al començament de l’època de reproducció ocupa les zones dels penya-segats marins i els illots abruptes. Les colònies de cria presents a les Balears es distribueixen de la manera següent: a Mallorca, a la costa nord de la serra de Tramuntana, entre Sóller i el cap de Formentor, a l’illa de sa Dragonera i a l’illa de Cabrera i als illots adjacents; a Eivissa, a la costa escarpada dels Amunts, a l’illa de Tagomago i als illots des Vedrà i es Vedranell (Mas, 2014; Muñoz, 2010).

 

La importància dels petits illots abruptes és la mateixa que els penya-segats marins on es reprodueix el falcó marí: serveixen de lloc de nidificació perfecte, tranquil, i estan situats a llocs ben estratègics. Són ideals per a esperar l’arribada dels petits passeriformes migrants que retornen dels seus quarters de cria situats més al nord (Walter,1979, a Bonnín, 2004), que arriben extenuats i són fàcils de capturar pels falcons. Aquestes presses són l’aportació de proteïna que necessiten els polls per créixer ràpidament per a final de setembre començar el camí de tornada cap a l’est del continent africà.

 

Referències
Adrover, J.; Mas, R., 2012.
Araújo, J.; Muñoz-Cobo, J.; Purroy, F. J., 1977.
Bonnín, J., 2004.
Mas, R., 2006.
Mas, R., 2014.
Mayol, J., 1976.
Muñoz, A., 2010.
Papaconstantinau, C., 2007.

La desratització de sa Dragonera amb dispersió aèria de raticida

Sa Dragonera, com altres illes deshabitades de les Balears, patia la presència de diversos mamífers introduïts, com ara la rata negra, el ratolí, i el conill, entre els quals el primer és el que comporta un impacte major, molt especialment perquè destrueix ous i polls de virot petit (Puffinus mauretanicus), però també sobre altres espècies d’aus, invertebrats —probablement sargantana— i alteracions de la vegetació. Tant el Pla de Recuperació del Virot Petit, com els plans del Parc de Sa Dragonera preveuen la desratització de l’illa.

 

L’any 2009 es va fer un estudi detallat dels possibles procediments i alternatives per a l’operació l’octubre de 2009, durant unes jornades celebrades a la localitat de Six Fours pel Conservatoire du littoral, en el marc del seu programa de Petites Iles de Méditerranée (PIM); es va contactar amb gestors de la zona protegida de Tavolara (Sardenya, Itàlia), que havien executat mesos abans un primer projecte d’erradicació de rata a l’illa de Molara, amb l’ús d’un dispersor aeri de fabricació neozelandesa. La seva disposició a col·laborar amb el cas de sa Dragonera va ser molt favorable.

 

El 2011 es va aprovar la proposta de desenvolupar el projecte amb mitjans propis: personal del Parc i de la Conselleria, amb el suport d’una empresa de serveis aeronàutics i l’assessorament tècnic de Skua SLU. En total, hi varen intervenir trenta-quatre persones i les operacions d’aplicació varen comportar dues sessions de sis hores. La tremuja transportada amb helicòpter va ser cedida temporalment per l’autoritat de gestió de Tavolara. El cost total dels mitjans auxiliars que van ser contractats externament va ser de 41.901,7 euros (inclòs el raticida).

 

Es va usar un helicòpter del model Eurocopter AS350-B3, d’una turbina i preparat per a fer les connexions necessàries amb la tremuja (eslinga, sistema pneumàtic i sistema elèctric) amb una càrrega útil de 1009 kg. La tremuja de la companyia Helicopters Otago LTD – Taieri Arifield, de Nova Zelanda, per dispersar el biocida des de l’helicòpter va ser de 128 kg de pes en buit, amb una capacitat de 330 kg de càrrega (amb un total màxim de 458 kg). El producte va ser Brodifacoum 0,005 %, presentat en pèl·lets.

 

Atesa la importància i la manca d’experiència local en el sistema de tractament, es va comptar amb l’assessorament extern de Skua SLU, així com dels tècnics italians Massimo Putzo i Paolo Sposimo, que havien efectuat el projecte de Tavolara.

 

Amb la finalitat de donar la trajectòria exacta i precisa a l’helicòpter durant les passades, es varen replantejar sobre el terreny 188 punts mitjançant GPS i abalisament in situ. Cinc equips de dues o tres persones van assegurar el senyal dels punts successius de cada línia, mitjançant banderes de color vermell, que guiaven l’helicòpter en passades successives amb 20 m de separació.

 

Es van fer diversos assajos previs en zones de control, per calibrar amb precisió l’amplada de banda i la quantitat de raticida a dispersar en funció de la velocitat de vol. La primera dispersió efectiva va ser el 13 de gener de 2011, amb tres hores i vint-i-vuit minuts de vol (incloses les càrregues successives de la tremuja, que es feien amb vol estacionari de l’aparell), en condicions meteorològiques ideals (9-18ºC, vent < 6 Km/h). Les passades de l’helicòpter eren cada 40 m, amb una altura de 100 peus sobre el sòl i a 40-50 nusos de velocitat. Les bandes de dispersió se solapaven al 50 %, que garantien així la cobertura total de l’illa amb els pèl·lets.  Es va fer un primer vol del contorn de l’illa, posteriorment el de bandes paral·leles i, finalment, un vol de les zones de penya-segats. S’havien d’efectuar setze càrregues, per dispersar un total de 5.140 kg de pèl·lets. La densitat mitjana de producte al terra va ser de 14,08 kg/ha, amb una major acumulació als extrems de l’illa.

 

A la vista dels resultats òptims obtinguts, la segona aplicació, el dia 8 de febrer de 2011, va reduir el solapament de bandes al 25 % i es va augmentar lleugerament la velocitat del vol. Es varen fer servir 5.100 kg de rodenticida. La superfície tractada va ser del 95,99 % de l’illa (no tractada: 4,01%, 14,5 ha). L’amplada màxima de les zones no tractades va ser de 47 m a la zona del port.

 

Per temes de seguretat, es va decretar el tancament del parc els dies de tractament i els quatre posteriors. El tractament es va complementar amb una dispersió terrestre manual a l’interior d’edificis i alguns indrets on era previsible que no hi hagués cobertura amb el tractament aeri.

 

Sols es va detectar un efecte col·lateral rellevant, amb la mort d’aproximadament 850 gavines comuns, que es varen recollir i incinerar.

 

Els resultats de l’operació es varen seguir amb càmeres de fototrempeig, túnels de petjades i recerca d’indicis. Només es varen produir dos albiraments de conills, que es varen tractar amb dispersió manual d’esquers a la zona d’observació. Actualment, l’illa es considera lliure de les tres espècies objectiu, s’ha produït un notable increment dels efectius de virot petit, i s’han anotat millores en l’estat de les poblacions d’invertebrats i de la vegetació.

 

Referències

Mayol, J. et al 2012

Principals recursos bibliogràfics


Cette fiche a été rédigée dans le cadre du projet d’Atlas encyclopédique des Petites Iles de Méditerranée, porté par le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, et leurs nombreux partenaires.
This sheet has been written as part of the encyclopedic Atlas of the Small Mediterranean Islands project, carried out by the Conservatoire du Littoral, the PIM Initiative and their numerous partners.
(https://pimatlas.org)

ILES

Cluster : Tramuntana de Menorca

Sous-bassin : BALEARIC ISLANDS

Grand Rouveau

Contributeur :

Ricard BORRAS (Govern de les Illes Balears) ; Anna TRAVESSET (CSIC) ; Encarna SAEZ

Date de création : 31 décembre 2017

GRAND ROUVEAU satellite
France; ile du Grand Rouveau; PIM mai 2009
Commune Maó
Archipel Tramuntana de Menorca
Surface (ha) 59,32
Linéaire côtier (mètre) 4 552
Distance à la côte (Mile nautique) 204
Altitude max (mètre) 42
Coordonnée géographiques Latitude 39,9605
Longitude 4,27772
Propriété foncière Dominio Publico Maritimo-Terrestre (10%) & propietat privada (90%)
Gestionnaire(s) Direcció General d’Espais Naturals i Biodiversitat (Govern de les Illes Balears) et Consell Insular de Menorca
Statut de protection national
international

Descripció general


Amb 59,32 ha d’extensió i una cota màxima de 43 m, és la més gran de totes les illes que envolten Menorca. Està separada de l’illa Gran per un braç estret d’arena submergit que no assoleix 2 m de fondària màxima. A la banda de ponent, s’hi troben les platges de s’Arenal d’en Moro i Tamarells. La resta de la costa està constituïda majoritàriament per penyals d’entre 10 i 30 m d’alçada, que sovint acaben formant macars (o macarets)[1] en la seva part més baixa.

Les primeres evidències d’activitat humana a l’illa són prehistòriques, concretament de l’edat del bronze i es corresponen amb troballes de fragments ceràmics del segon mil·lenni aC, els quals indiquen l’existència d’una activitat minera relacionada amb el coure (Hunt et al., 2013). De les darreries de l’època imperial romana, entre els segles II i V, es conserven restes d’un altar que formava part d’una basílica paleocristiana, localitzada al sud-est de l’illa (Barber, 2007). D’altra banda, la seva extensió i l’orografia, amb algunes fondalades, ha permès, des de fa almenys uns 500 anys, el manteniment d’una activitat agrícola destacable (Sintes, 2007). L’illa disposa d’un cementiri petit a la banda de migjorn on hi ha enterrades les restes de tres esclaus que moriren durant el període en què es convertí en un llatzeret improvisat, l’any 1787. El llatzeret es va establir a l’illa amb motiu de l’alliberament de 350 presos espanyols procedents d’Alger (Barber, 2007). D’aquesta època es conserva un monòlit i una placa amb una inscripció en honor dels tres difunts.

Geològicament està formada principalment per turbidites del carbonífer, tot i que destaquen les mineralitzacions de sulfurs metàl·lics de la zona de llevant, les quals la converteixen en un punt d’interès mineralògic (Rosell i Llompart, 2002), tal com ho demostra l’existència, durant els anys 20 del segle passat, d’una explotació minera de sulfur de zinc (Sintes, 2007).

La part central de l’illa està dominada per una marina[2] d’ullastres i brucs (assoc. Ampelodesmo-Ericetum + Prasio-Oleatum) que evoluciona, a mesura que ens apropam a la costa, cap a una marina d’aladerns (assoc. Aro picti-Phillyreetum rodriguezii). A prop dels penyals la vegetació està dominada per les subaliances Launaenion cervicorniae i Crithmo-Limonienion (Rita et al., 1995). Però, el tret més rellevant des del punt de vista botànic és, sens dubte, l’existència de la població més important de Daphne rodriguezii, un endemisme pràcticament local. Així mateix, l’illa té una petita població de Lavatera triloba, que, segons Escobar et al. (2010), pertany a la subespècie minoricensis. També s’hi troben altres espècies de flora endèmica, balear o tirrènica, com ara Senecio rodriguezii, Dracunculus muscivorus, Digitalis minor o Pastinaca lucida. Disposa aproximadament de 219 tàxons de flora. Així mateix, hi destaca la presència de les poblacions d’Asteriscus maritumus i Mesembryanthemum cristallinum, les quals només es troben al migjorn de Menorca i, per tant, constitueixen aquí les úniques poblacions de la tramuntana (Fraga et al., 2003). Un altre tret destacable és la presència d’una població sembrada de tamarells (Tamarix africana) inclosos en el Catàleg Balear d’Arbres Singulars, per la seva edat i talla.

La fauna autòctona vertebrada està caracteritzada únicament per Podarcis lilfordi subsp. brauni (Mellado, 2009). Així mateix, també hi ha la serp blanca (Elaphe scalaris), la rata (Rattus rattus) i el ratolí (Apodemus sylvaticus) convivint amb la sargantana, i això fa que sigui l’única illa balear on conviuen un ofidi i el saure autòcton (Mellado, V. [comunicació personal], gener 2005). Pel que fa a la fauna invertebrada terrestre, s’hi han detectat 14 tàxons endèmics de les Balears, per la qual cosa l’illa d’en Colom és la més rica quant a endemismes de Menorca (Pons, 2016).

El petit, però veritable escull barrera de Posidonia oceanica de la platja de Tamarells, amb amplades màximes de fins a 25 m (Ballesteros, et al., 2003), és una altra de les joies ecològiques de l’illa.

[1]Macaret: petita platja formada principalment per còdols arrodonits de diferents mides.

[2]Marina: terres no conreades colonitzades majoritàriament per matolls i arbusts (brolla, garriga).

Coneixement


Le Phyllodactyle d’Europe, espèce emblématique de l’île
(©Louis-Marie Préau, CdL/PIM 2009)

Interessos


Le Phare de l’île (©Louis-Marie Préau, CdL/PIM 2009)

Pressió


L’ús públic actual és una de les amenaces principals que posen en perill la preservació de la integritat de l’ecosistema. La persistència, durant els mesos d’estiu, d’un nombre elevat de persones acampades al voltant de les cases de l’antic lloc[1] incrementa el risc d’incendi i pot afavorir la proliferació de rates. A la zona costanera la pressió elevada pels fondeigs posa en risc la conservació de l’escull barrera de Posidonia oceanica de la platja dels Tamarells i els vestigis que queden de l’escull de l’Arenal d’en Moro. Així mateix, en els darrers anys s’ha produït un augment important de les visites amb caiac, fet que ha contribuït a incrementar la pressió humana a l’illa sense que, de moment, s’hagi avaluat la magnitud de l’impacte. D’altra banda, a l’illa resideix la població més important de gavina camagroga (Larus michahellis) de tot Menorca, amb unes 280 parelles reproductores, sense que s’hagi pogut demostrar cap influència negativa d’aquesta extensa colònia sobre la sargantana balear. En qualsevol cas, el nombre de parelles reproductores de la colònia es podria haver reduït en prop d’un 50 % en els darrers 25 anys (De Pablo, 2015) seguint la tendència general del conjunt de les Balears després de les campanyes de control (culling) dels anys 90 i el tancament dels abocadors de residus domèstics.

Pel que fa a la flora endèmica, aquesta es veu amenaçada principalment per la presència de l’espècie exòtica invasora Drossantemum floribundum, que creix, com a mínim, a tres localitats de l’illa. Altres tàxons exòtics també hi són presents però tenen un risc menor d’invasió, com ara Spartium junceum o Agave americana (Fraga et al., 2003). Recentment l’amollada clandestina d’alguns exemplars de conills d’angora sembla que podria haver tingut èxit, atès que una població més o menys estable d’aquesta varietat domèstica es podria haver establert a l’illa. D’altra banda, el nombre elevat de propietaris que té la part privada de l’illa dificulta, si més no, la resolució d’alguns dels conflictes existents.

[1]Lloc: explotació o finca agrícola.

Gestió i conservació


Les primeres passes en ferm per protegir l’entorn de s’Albufera des Grau es van donar l’any 1988 amb l’aprovació d’un Pla especial de protecció de la zona, tot i que en l’àmbit d’aquest pla no hi havia inclosa l’illa d’en Colom. No va ser, doncs, fins l’any 1991 que es va fer efectiva la protecció de l’illa mitjançant l’aprovació del Parlament de les Illes Balears de la Llei 1/1991 d’espais naturals, la qual va declarar tota la zona de s’Albufera des Grau, que inclou el cap de Favàritx i l’illa d’en Colom, com a àrea natural d’especial interès (ANEI). Posteriorment, l’any 1995, tota aquesta ANEI va ser declarada Parc natural i va entrar en vigor el primer Pla d’Ordenació dels Recursos Naturals (PORN).

L’any 2003 es va ampliar l’àmbit del parc, que arriba ara fins a ses Salines, la badia i els illots d’Addaia, i es va aprovar un nou PORN (Acord de Consell de Govern de 16 de maig de 2003, BOIB núm. 82, de 10 de juny de 2003), el qual segueix vigent actualment.  L’illa d’en Colom està classificada segons el PORN com a àrea de protecció estricta, on els únics usos que es permeten són els de caire científic no intervencionista, llevat de les dues platges i de l’entorn de les cases del lloc. Aquestes parts de l’illa estan qualificades com a àrees de conservació predominant, fet que els confereix un grau de protecció menys estricte i en permet un cert ús per part dels propietaris i dels usuaris de les platges.

Les actuacions principals que du a terme l’òrgan gestor del parc en relació amb l’illa d’en Colom se centren en l’eliminació de la flora invasora; l’eradicació de D. floribundum i A. americana, C. edulis de l’illa fa uns anys; la neteja del litoral; el seguiment de les poblacions de corb marí (Phalacrocorax aristotelis) i de gavina camagroga (L. michahellis); la regulació de l’ús públic; la col·laboració en els treballs d’investigació que s’hi desenvolupin i tasques de vigilància.

Una de les mancances més importants pel que fa a la gestió de l’espai és l’aprovació d’un Pla Rector d’Ús i Gestió (PRUG) que, entre altres aspectes, reguli i especifiqui les activitats que es permeten, determini el nombre màxim d’usuaris que poden rebre les platges de l’illa i, si escau, proposi les eines adequades per poder fer efectiu el control de visitants. Així mateix, caldria millorar el finançament de l’espai natural protegit, dedicar més esforços al foment de la investigació a l’illa, incrementar la vigilància i dur a terme un seguiment periòdic de les poblacions de D. rodriguezii i P. lilfordi subsp. brauni. La desratització de l’illa podria ser molt favorable a la recuperació dels virots Puffinus mauretanicus i Calonectris diomedea, presents de manera continuada a aquestes aigües en època de reproducció, però no assentats en el Parc natural.

Principals recursos bibliogràfics


BALLESTEROS, E.; GARCIA, T.; CEBRIAN, E.; PINEDO, S.; TORRAS, X., 2003.
BARBER, C., 2007.
DE PABLO, F., 2015.
ESCOBAR, P.; MASCIA, F.; BACCHETTA, G., 2010.
FRAGA, P.; MASCARÓ, C.; CARRERAS, D.; GARCÍA, O.; MASCARÓ, B.; PALLICER, X.; PONS, M.; SEOANE, M.; TRUYOL, M., 2003.
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PONS, G. X.; MARTÍN, J. A., 2016.
RITA, J.; LLOP, J.; BIBILONI G., 1995.
RODRÍGUEZ-PÉREZ, J.; TRAVESET, A., 2009.
ROSELL, J.; LLOMPART, C., 2002.
SINTES, A., 2007.
TRAVESET, A.; RODRÍGUEZ, J. & FRAGA, P., 2003.

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Cette fiche a été rédigée dans le cadre du projet d’Atlas encyclopédique des Petites Iles de Méditerranée, porté par le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, et leurs nombreux partenaires.
This sheet has been written as part of the encyclopedic Atlas of the Small Mediterranean Islands project, carried out by the Conservatoire du Littoral, the PIM Initiative and their numerous partners.
(https://pimatlas.org)

ISOLE

Cluster : SOUTH-EASTERN

Sous-bassin : SICILE

Vendicari

Contributeur :

P. Lo Cascio, R. Ientile, P. Minissale & S. Sciandrello

Date de création : 15/12/2017

Commune Pachino
Archipel
Surface (ha) 4,98
Linéaire côtier (mètre) 550
Distance à la côte (Mile nautique) 0,2
Altitude max (mètre) 3
Coordonnée géographiques Latitude 36,791769
Longitude 15,105211
Propriété foncière /
Gestionnaire(s) /
Statut de protection national  /
international /

Descrizione


L’isolotto di Vendicari ha una superficie di circa 4.45 ha, è lungo 320 m e largo 255 m e presenta un’elevazione massima di 3 m s.l.m.; dista 445 m da Punta dell’Isola, il punto più vicino della costa siciliana, dalla quale è separato da un fondale la cui profondità non supera mai i 6 m. Durante l’ultimo massimo glaciale l’isolotto era certamente connesso con la terraferma, e non si può escludere che lo fosse anche in epoca classica, periodo in cui il livello marino era almeno un metro inferiore all’attuale.

L’isolotto costituisce la porzione emersa di un fondale calcarenitico profondo tra 4 e 6 m sul lato occidentale prossimo alla costa dell’isola maggiore e 14 m sul lato orientale; presenta contorni rocciosi, ad eccezione del settore occidentale, dove è ubicata la spiaggia dinamica connessa alla cuspide sabbiosa di Punta dell’Isola. Nel lato meridionale è invece presente una laguna estesa circa 1000 m2.

L’isolotto di Vendicari è situato sul settore costiero orientale dell’Altopiano Ibleo, ovvero la parte emersa di un segmento moderatamente deformato del margine continentale africano. Le rocce affioranti sono biocalcareniti giallastre e calciruditi, soggette a processi carsici piuttosto intensi e coperte da sabbie recenti sul settore occidentale.

Tuttora vaghe e insufficienti sono le informazioni relative al ruolo che l’isolotto può avere svolto per le comunità umane insediatesi nel Siracusano in periodo preistorico, protostorico e storico. In un’illustrazione restituitaci da Jean Houel, un viaggiatore francese che visitò l’isolotto sul finire del Settecento, vi attesta la presenza di una cisterna per la raccolta dell’acqua piovana e di una grande struttura già in rovina quando venne raffigurata.

Nell’area di Vendicari sorgeva probabilmente l’emporio della colonia greca di Neaiton (l’odierna Noto) ed il territorio ha continuato ad essere abitato senza interruzione. L’importanza del sito e la presenza ininterrotta dell’uomo nell’area sono attestate dalla presenza di manufatti risalenti al periodo bizantino, periodo in cui Noto assunse un ruolo economico e politico di primo piano a livello regionale. La baia di Vendicari è già nel XIII-XIV secolo sede di un porto di una certa importanza, come attesta la costruzione di una torre sveva (o aragonese) eretta in sua difesa. Tale porto ha intensi scambi commerciali (derrate alimentari e prodotti pescati) con Messina e Catania e perde la sua importanza soltanto agli inizi del XIX secolo. Le saline locali sono operative almeno a partire dal 1400 e tre secoli dopo diventano funzionali alle operazioni di salagione dei prodotti di una tonnara edificata in loco, la cui attività cessò nel 1884 e riprese nel 1917 per interrompersi definitivamente nel 1943. A quest’ultimo periodo risalgono i ruderi delle costruzioni edificate sull’isolotto, destinate ad ospitare i proprietari ed il rais.

Sulla base dei dati termo-pluviometrici relativi alla stazione di Cozzo Spadaro, posta a circa 15 Km di distanza da Vendicari, l’area è interessata da temperature medie annue pari a 18,2 °C e precipitazioni medie annue inferiori a 400 mm, con massimi di piovosità (> 60 mm) concentrati nei mesi di ottobre, dicembre e gennaio e un periodo di stress idrico che si protrae da marzo a settembre con precipitazioni nulle o scarsissime tra giugno e agosto. L’area ricade pertanto nel termo-mediterraneo secco superiore.

Stato delle conoscenze


Le prime informazioni botaniche sull’isolotto si devono a Giacomo Albo, che lo visitò nel 1909 e nel 1917 (non si dispone di informazioni più precise circa la stagione, le date e la durata delle sue prospezioni) e pubblicò solo quarant’anni dopo i dati raccolti. Quasi un secolo dopo, P. Minissale e S. Sciandrello hanno indagato la flora vascolare e la vegetazione locale durante il mese di maggio 2012. Ulteriori prospezioni in stagioni diverse da quella primaverile consentirebbero di integrare le liste floristiche più recenti. A parte pochi dati relativi all’erpetofauna, pubblicati nei primi anni Settanta del XX secolo da S. Bruno e B. Lanza, la componente faunistica maggiormente studiata risulta quella ornitica, grazie alle recenti indagini di R. Ientile e collaboratori, che hanno peraltro permesso di accertare la presenza dell’unica popolazione siciliana di gabbiano corso, Larus audouinii.

Interesse


Le specie di piante vascolari osservate da G. Albo circa un secolo fa ammontavano a 67, mentre sono in totale 88 quelle censite da P. Minissale e Sciandrello nel 2012. Il modestissimo turnover registrato nell’arco dell’ultimo secolo lascia supporre che gli ecosistemi locali abbiano subito un disturbo del tutto trascurabile e sottolinea la notevole stabilità ecologica dell’isolotto, le cui caratteristiche fisiografiche (scarso sviluppo altitudinale, morfologia sub-pianeggiante) giustificano il numero di ridotto di nicchie disponili per eventuali nuovi colonizzatori. Alcune delle poche piante scomparse crescevano senza dubbio in ambienti colturali e ruderali legati all’attività umana ancora presente ai tempi di Albo. Nel recente passato altre specie sinantropiche, quali Galactites tomentosa, Glebionis coronaria, ecc., sono state invece avvantaggiate dal disturbo indotto dalla presenza di uccelli marini nidificanti.

La flora vascolare dell’isolotto conta alcune specie di un certo interesse biogeografico e/o conservazionistico quali Limonium syracusanum Brullo, endemica delle coste del Siracusano, Seseli tortuosum L. subsp. maritimum (Guss.) C.Brullo, Brullo, Giusso & Sciandr., endemica dell’area tirrenica, e Launaea fragilis (Pau) Asso, specie delle dune inclusa nelle liste rosse nazionali.

Particolarmente articolato appare il mosaico di consorzi psammofili, cioè legati ai sedimenti sciolti del litorale sabbioso della porzione occidentale dell’isolotto, dove si osservano aspetti riferiti all’associazione Glaucio flavi-Matthioletum tricuspidatae (habitat 1210) a ridosso della battigia dove si registra un accumulo di residui organici trasportati dal moto ondoso, mentre sui depositi sabbiosi si avvicendano e coesistono diverse associazioni tipiche delle dune embrionali (Cypero mucronati-Elytrigietum junceae, habitat 2110; Vulpio membranaceae- Cutandietum divaricatae, habitat 2230) e del retroduna (Centaureo sphaerocephalae-Ononidetum ramosissimae, habitat 2210).

La porzione interna dell’isolotto, caratterizzata da affioramenti rocciosi e da sottili tasche di suolo, ospita comunità arbustive riferibili alle associazioni Halimiono portulacoides-Suaedetum verae e Limonio virgati-Arthrocnemetum macrostachyi (habitat 1420), dominate da poche specie di Amaranthaceae perfettamente adattate a tollerare l’elevato tenore salino dei suoli esposti alle mareggiate ed al continuo apporto di aerosol marino. All’interno di tali formazioni arbustive si rinvengono consorzi a terofite subalofile riferiti al Parapholidetum filiformis (Saginetea maritimae, habitat 1310). Consorzi riferibili ai Thero-Brometalia (classe Stellarietea mediae) prevalgono in corrispondenza dei siti di nidificazione degli uccelli marini, dove il disturbo connesso con il calpestio e il significativo apporto di nutrienti facilita la diffusione di diverse specie ruderali e nitrofile.

L’isolotto riveste notevole importanza biogeografica e conservazionistica. A livello regionale, rappresenta l’unico sito di nidificazione del gabbiano corso Larus audouinii, specie inclusa nell’Appendice I della Direttiva ‘Uccelli’ 2009/147 dell’UE; la colonia è caratterizzata da un trend demografico positivo, con 50-60 coppie stimate nel biennio 2010-2011 e 100-130 nel periodo compreso tra il 2012 e il 2016, un incremento che sembra dovuto all’apporto di individui provenienti da altre aree geografiche. Oltre che per questa specie, l’isolotto ospita siti di nidificazione di fraticello Sternula albifrons (popolazione stimata in 5-15 coppie), germano reale Anas platyrhynchos (2 coppie), volpoca Tadorna tadorna (1 coppia), fratino Charadrius alexandrinus (1-2 coppie), e sporadicamente anche qualche coppia di gabbiano reale mediterraneo Larus michahellis. L’erpetofauna è rappresentata da tre specie abbastanza comuni: Podarcis siculus, Hemidactylus turcicus e Tarentola mauritanica. Non sono segnalati altri vertebrati terrestri, né risultano disponibili dati sul popolamento a invertebrati.

Pressioni


La principale forma di disturbo è rappresentata dall’accumulo di rifiuti solidi trasportati dal moto ondoso. Nel complesso, l’isolamento e i vincoli che derivano dal regolamento dell’area protetta, che vieta lo sbarco e la fruizione dell’isolotto, garantiscono un soddisfacente mantenimento del grado di naturalità e integrità del sito, a dispetto del notevole afflusso di visitatori nell’ambito della riserva (100.000 presenze all’anno, delle quali solo 25.000 nel mese di agosto).

Una minaccia potenziale per le comunità marine dei fondali dell’isolotto è rappresentata dal riscaldamento globale, che può determinare conseguenze particolarmente nefaste sulla composizione e struttura delle comunità marine in ambienti poco profondi e pertanto soggetti ad un sensibile innalzamento delle temperature medie.

Gestione e Conservazione


La Riserva Naturale Orientata di Vendicari è stata istituita con Decreto Regionale del 14/03/1984 e ricade interamente nel comune di Noto. L’area protetta si estende per 1512 ha, di cui 575 di zona A (l’isolotto è incluso in questo settore soggetto a protezione integrale) e 937 di zona B o pre-riserva, gestite a partire dal 1989 dal Dipartimento regionale dello sviluppo rurale e del territorio (ex Azienda Foreste Demaniali), in cui attività quali l’agricoltura estensiva e la fruizione turistica sono ammesse ancorché regolamentate. Il perimetro dell’area protetta coincide con quello del Sito d’Importanza Comunitaria ITA090002 ‘Vendicari’, mentre la porzione sommersa dell’omonima baia corrisponde al Sito d’Importanza Comunitaria ITA090027 ‘Fondali di Vendicari’; sia l’area terrestre che quella marina sono infine incluse nella Zona di Protezione Speciale ITA090029 ‘Pantani della Sicilia sud-orientale, Morghella, Marzamemi, Punta Pilieri e Vendicari’.

L’efficace tutela della zona A della riserva di Vendicari consente un totale abbattimento degli impatti sugli ecosistemi dell’isolotto, per il quale vige inoltre un’interdizione permanente di accesso (disposizione dirigenziale Ente Gestore n. prot. 6772 del 30/8/2017). Appare tuttavia opportuno realizzare un monitoraggio regolare dei possibili fenomeni di inquinamento dovuti al trasporto e deposito di rifiuti solidi sulla linea di costa.

Bibliografia


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