Cette fiche a été rédigée dans le cadre du projet d’Atlas encyclopédique des Petites Iles de Méditerranée, porté par le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, et leurs nombreux partenaires.
This sheet has been written as part of the encyclopedic Atlas of the Small Mediterranean Islands project, carried out by the Conservatoire du Littoral, the PIM Initiative and their numerous partners.
(https://pimatlas.org)

ILES

Cluster : Côte de l’Esterel

Sous-bassin : FRANCE-SUD

île d'Or

Contributeur : Conservatoire du littoral (avec l’appui de l’entreprise O2 Terre)

Date de création : 18/06/2021

 

Pour citer cette version : Conservatoire du littoral (2021). Fiche île : Ile d’Or – Sous-bassin : France Sud. Atlas of Small Mediterranean Islands. https://pimatlas.org/explorer-atlas/iles/ile-dor/

Commune Saint-Raphaël
Archipel /
Surface (ha) 1,09
Linéaire côtier (mètre) 600,818
Distance à la côte (Mile nautique) 0.95
Altitude max (mètre) 15
Coordonnée géographiques Latitude 43,41076
Longitude 6,84652
Propriété foncière Privé
Gestionnaire(s) /
Statut de protection national /
international Site NATURA 2000 : 

Directive Habitats, Faune, Flore – FR9301628 – Estérel

Description générale


Administrativement, l’île d’Or est rattachée au quartier du Dramont de la commune de Saint-Raphaël dans le département du Var.

Le rivage est proche de l’île d’Or, avec au nord-nord-ouest, à 630 m, la plage du Débarquement et à l’est, à 400 m, la pointe de l’Esquine de l’Ay. L’île est desservie au nord-nord-est, à 430 m, par le port abri du Poussaï. Orientée vers ce dernier, elle mesure environ 195 m de long et 113 m de large avec une superficie de 1,095 ha et culmine à 15 m.

L’îlot est composé de rochers rouges, rhyolite, comme le reste du massif de l’Estérel dont il fait partie.

Connaissances


Au XIXème siècle, l’île d’Or n’était encore qu’un îlot rocheux semblable à tant d’autres sur le littoral varois. Ce n’est qu’en 1897 qu’enfin se révèle le fabuleux destin de cette petite île.

Cette année-là, l’État met en vente aux enchères cette île. Un architecte du Dramont, baptisé Sergent, en devient le propriétaire pour seulement 280 francs (une voiture Peugeot à pétrole valait 20 fois cette somme !).

En 1905, un médecin, Auguste Lutaud, la rachète et entreprend l’édification d’une tour, à section carrée et en pierres rouges extraites sur place, selon une architecture sarrasine, peu commune dans la région. L’édifice est achevé en 1912. La tour a une emprise au sol de huit mètres sur huit pour une hauteur de dix-huit mètres qui inclut cinq étages. Les murs ont une épaisseur d’un mètre à la base.

Le propriétaire alors se proclame Roi de l’île d’Or, prend le nom d’Auguste 1er et organisa une fête somptueuse. Des timbres et des pièces de monnaie sont même créés.

En 1944, au cours du débarquement de Provence, la tour subit de lourds dommages par un obus.

En 1961, l’île est vendue à François Bureau, ancien officier de marine. Dès son acquisition, en un an, il restaure la tour dont il ne reste que les murs extérieurs et l’escalier. Il consolide les façades et les créneaux, restaure les étages en respectant les ouvertures d’origine et crée de nouvelles citernes. Enfin il développe par apport de terre un jardin méditerranéen. Plus tard, pour disposer d’électricité, il installe un groupe électrogène. Ceci lui permet, de façon spartiate, d’y passer en famille toutes ses vacances. Le matin du 16 août 1994, lendemain de sa participation à la 50e commémoration du débarquement de Provence, il meurt à 76 ans lors de l’un de ses traditionnels tours de l’île à la nage. Une plaque en granit rose est apposée par ses enfants sur un rocher face au large pour rappeler son attachement à l’île.

La propriété appartient toujours à la famille Bureau qui entreprend en 2000 une campagne de restauration sous l’égide de l’architecte Olivier Detroyat. Elle étanchéifie les façades et rénove les créneaux. L’eau de pluie est récupérée sur le toit. Cette eau contenue dans deux citernes est non potable. L’une est destinée à alimenter les étages par gravitation, l’autre, au pied de la tour, sert de stockage. Enfin l’électricité est fournie depuis 2012 par des panneaux solaires sur le haut du toit derrière les créneaux.

Comme en attestent de nombreuses fouilles archéologiques sous-marines, des routes maritimes romaines longeaient les côtes méditerranéennes et c’est ainsi que la déclaration en 2017 de dix épaves face au Dramont datant de différentes époques et parfois certaines très proches de l’île, permet d’émettre l’hypothèse que celle-ci constituait un écueil sur lequel les navires s’éventraient.

Intérêts


Le Grand requin griset Hexanchus griseus est présent dans les profondeurs autour de l’île d’Or
(© Agence des aires marines protégées)

L’île d’Or est incluse dans le périmètre du site NATURA 2000  FR9301628 – L’Estérel.

Pour le milieu marin,  la zone du Cap Dramont est constituée d’herbiers de Posidonies Posidonia oceanica, de falaises sous-marines en passant par de nombreux hauts fonds rocheux. Elle regroupe des habitats variés attirant de nombreuses espèces et en fait un site de plongée très fréquenté par les clubs des alentours. Entre l’île d’Or et le sec de Fréjus, s’étire un canyon sous-marin qui abrite des espèces moins communes comme les organismes bioluminescents et le Grand requin griset Hexanchus griseus, requin inoffensif qui peut atteindre la tonne.

L’activité touristique a un poids socio-économique très important pour Saint-Raphaël dont l’attrait est basé sur les qualités paysagères naturelles et sauvages de son littoral dont, en saison estivale, les alentours de l’île d’Or constituent un site apprécié pour la pratique de la plongée sous-marine, du kayak de mer qui en fait facilement le tour ou pour un mouillage bref lors la navigation de plaisance.

L’île d’Or du Dramont est un site inscrit depuis le 17 mars 1941. Elle est depuis le 3 janvier 1996 incluse à ce titre dans le site classé «Massif de l’Estérel oriental».

La roche faite de rhyolite rouge, qui est également le matériau de construction de la tour, avec très peu de végétation, donne toute l’originalité du lieu et son enchantement. Le décor est tel que l’île d’Or et sa tour sont l’un des sites les plus photographiés du littoral, et aussi une référence touristique et publicitaire pour Saint-Raphaël.

L’île aurait été la principale source d’inspiration d’Hergé pour le décor de son album de Tintin L’Île Noire. Elle servit, aussi, de décor pour une scène du film « Le Corniaud » avec Louis de Funès et Bourvil, réalisé par Gérard Oury en 1965.

Pressions


   

La Caulerpe taxifoliée Caulerpa taxifolia est une algue exotique très problématique en Méditerranée
(©Antonin Guilbert – Agence des aires marines protégées)

Il faut tout d’abord signaler la présence d’espèces d’algues invasives comme la Caulerpe taxifoliée Caulerpa taxifolia. Une souche de cette espèce issue de l’aquarium de Monaco a été introduite accidentellement en Méditerranée. Rejetée comme un déchet, elle y est devenue une espèce envahissante. Elle est connue sous le nom d’« algue tueuse », en raison de sa toxicité pour la faune, de son impact négatif sur la biodiversité et de sa vitesse de développement inquiétante. Elle menace en particulier les herbiers de posidonie. Les conditions de la Mer Méditerranée sont particulièrement bien adaptées pour son développement. Le fait qu’elle n’ait pas d’herbivore la consommant est une autre raison de sa persistance. Sa toxicité empêche les animaux brouteurs (oursins par exemple) de la consommer. Sa plasticité lui permet de croître dans des milieux pollués ou pauvres en éléments nutritifs. Depuis quelques années, elle serait en forte régression et y est peut-être en voie de disparition. Il faut également signaler la présence de Caulerpa racemosa.

La proximité du port abri du Poussaï, de la plage de Camp Long (Agay) et du Cap Dramont attirent de nombreux plaisanciers autour de l’île pendant toute la période estivale. La surfréquentation estivale entraîne des nombreux conflits d’usage et de fortes pressions sur les milieux marins environnants : pêche à la ligne, pêche sous-marine, plongée, sports nautiques sont les principales pressions observées aux alentours de l’île d’Or. La dégradation des fonds par l’action du mouillage, notamment sur la zone la plus fréquentée de l’Ile d’Or, est très marquée.

Gestion & Conservation


 

En 2004, au vu de la pression du mouillage subie par la Baie d’Agay, la prud’homie et la ville de Saint-Raphaël ont mis en place trois zones de mouillages organisées visant à préserver la qualité des fonds marins et du paysage de la rade en empêchant les mouillages forains. Le principe est basé sur un système fixe d’amarrage des bateaux en 2 ou 3 points sur le fond, relié à des bouées en surface retirées en hiver pour éviter leur détérioration. Ainsi, la surface occupée sur le fond est très réduite, il n’y a plus de contact de ligne de mouillage avec le fond. De plus, le système est adapté aux différents substrats.

Ces mouillages organisés ont permis une augmentation de l’herbier de posidonie en moins de 3 ans (avec 200000 à 300000 rhizomes préservés chaque saison), une diminution du degré de son morcellement ainsi qu’une limitation de la dissémination de la Caulerpe taxifoliée. 

Principales ressources bibliographiques


  1. DOCOB du site Natura 2000 – FR 9301528 – L’Estérel http://esterel.n2000.fr/sites/esterel.n2000.fr/files/documents/page/m3-fiche_plaisance_docob_esterel.pdf
  2. Formulaire Standard des Données du site Natura 2000 – FR 9301528 – L’Estérel https://inpn.mnhn.fr/docs/natura2000/fsdpdf/FR9301628.pdf
Print Friendly, PDF & Email