Cette fiche a été rédigée dans le cadre du projet d’Atlas encyclopédique des Petites Iles de Méditerranée, porté par le Conservatoire du Littoral, l’Initiative PIM, et leurs nombreux partenaires.
This sheet has been written as part of the encyclopedic Atlas of the Small Mediterranean Islands project, carried out by the Conservatoire du Littoral, the PIM Initiative and their numerous partners.
(https://pimatlas.org)

ILES

Cluster : Tlemcen

Sous-bassin : ALGÉRIE

Rachgoun

Contributeur :

Samir Grimes

Date de création : 19 Décembre 2017

Carte Bing Rachgoun
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Commune Oulhaça Gheraba
Archipel
Surface (ha) 28,5
Linéaire côtier (mètre) 2222
Distance à la côte (Mile nautique)
Altitude max (mètre) 85
Coordonnée géographiques Latitude 35,320835113525
Longitude -1,479444503784
Propriété foncière Domaine public de l’Etat (100%)
Gestionnaire(s) Commissariat National du Littoral
Statut de protection national  /
international Zone humide d’importance internationale (RAMSAR – 2011)

Description générale


L’île Rachgoun, plus connue sous le nom de  « Layalla »,  est la plus grande île la plus à l’ouest des côtes algériennes [longitude 1°28’, 1°29W/35°19’, 35°20N latitude]. Elle est à 8 km au Nord-Est du port de Béni-Saf et se trouve sur le plateau continental du golfe de Ghazaouet, en face du Cap Acra et à l’Est du Cap Brocchus et s’étend sur une superficie de 28,5 ha. L’île de Rachgoun est doté d’un magnifique phare datant de 1870, placé à près de 19 m du sol et culminant à 85 m du niveau de la mer ; ce phare a une portée lumineuse de 20 miles nautiques. L’île est également dotée d’un petit débarcadère ainsi que d’une vigie en état de ruine.

 

L’île de Rachgoun est sous l’influence directe du courant algérien qui circule en surface d’Ouest en Est entrant par le détroit de Gilbraltar à moins de cinq kilomètres le long du littoral avec une vitesse moyenne de 0.25 m/s (Millot, 1987). La fertilité des eaux autour de l’île de Rachgoun se traduit par une importante production primaire (Raimbault et al., 1993 ; Prieur & Sournia, 1994 ; Boudjellal, 2004).

 

L’intérêt pour la conservation et la protection légale de l’île a été manifesté par les scientifiques algériens depuis le début des années 1990 (Boutiba, 1991, 1999). Depuis cette date, de nombreuses recommandations ont été réitérées dans ce sens (Grimes, 2001, 2002, Grimes et al., 2004 ; CNL, 2006, CdL, 2008-2012 ; CAR ASP/PAM, 2016) ; d’autant que le site a fait l’objet de nombreuses « publicités », ce qui a eu, aussi, pour effet de susciter de nouvelles curiosités et d’augmenter par conséquent la pression de la plaisance sur l’île.

ENCADRE : GEOLOGIE


L’île Rachgoun est formée des restes d’un ancien volcan appelé “ Maar ” qui faisait partie de l’ensemble volcanique de la basse Tafna. Cette région a été le siège d’un volcanisme intense, qui s’est manifesté par intermittence. Les produits éruptifs sont répartis le long de la côte, entre le Cap Sigale (Oran) et la frontière algéro-marocaine. L’activité magmatique de la région de Beni Saf s’est produite au Plio-quaternaire (Megartsi, 1985). L’île de Rachgoun est donc de genèse récente constituée de basalte et de formations phréatomagmatiques. La falaise Nord de l’île est creusée d’une multitude d’alvéoles due à l’exploitation des pouzzolanes (Villemot, 1954). Zerka (2004) signale que l’île de Rachgoun renferme des témoins magmatiques et rapporte que « Sadran en 1958 y a découvert dans les coulées, des enclaves de granites et de schistes tachetés qui constituent très probablement l’évidence d’un prolongement, vers le Nord Est du massif granitique des Traras et de son auréole métamorphique sous la Basse Tafna ».
Samir Grimes

Connaissances


Héronière @CDL/PIM 2006

Vers 650, des traces de groupes berbères armés avec des femmes et enfants qui occupant prés de 3 ha à la pointe sud de l’île y ont été décelés. Au 10ème siècle,  le portus sigenis, port romain devient le port de l’île d’Erechgoul. En 1835, l’Emir Abdelkader utilisait l’île comme lieu de transit d’armement provenant de Tanger en provenance d’Angleterre. Les armes sont transférées des navires au littoral oranais. L’île de Rachgoun a été occupé par les Français le 20.10.1835 (Remini, 1986). En 1879, la construction du phare au même lieu que la nécropole a certainement bouleversé une partie des anciens vestiges, 144 tombes ont pu être fouillées. La protection militaire de l’île va permettre aux commerçant de livrer les marchandises sur la côte en passant par le cap d’ACRA et probablement d’autre côtes  de la Tafna  appelés Sidi-Samagran, plus à l’Est, appelé aussi Tenikrent. En 1902, Milsom et Angelvy, respectivement ingénieur des mines et maire de Béni Saf avait projeté de ressusciter un port à Rachgoun pour contrôler les îles de Méditerranée et surveiller Gibraltar (Bulletin de la société des vieux amis de Tlemcen, 1954).

 

L’île de Rachgoun, comme la plupart des îles algériennes n’a pas fait l’objet de nombreuses investigations et d’études scientifiques. L’essentiel des connaissances sur cette île porte sur les aspects halieutiques (campagnes Thalassa en1982 et Visconde de Eza en 2004) ou sur la fertilité des eaux autour de l’île (campagnes MEDIPROD VI en 1990 et Almofront  en 1991). Le premier inventaire de la faune carcinologique des substrats meubles de l’île Rachgoun a été établi en 2003 (Grimes et Kaidi, 2003), suivi de l’étude de classement de l’île de Rachgoun (MATE/LRSE/Université d’Oran, 2003) et finalisée en 2005. Cette étude comportait les premiers travaux structurés sur la végétation insulaire de l’île (Khelifi, 2004), le peuplement mammologique (Boutiba, 2004), le peuplement herpétologique (Bouderbala, 2004) et la biodiversité marine (Grimes, 2004).

 

Au titre de la mise en oeuvre des articles 8 et 9 du protocole ASP, l’île de Rachgoun faisait partie des quatre propositions de création d’ASPIM (7ème Réunion PFN-ASP/Séville/ 31 mai – 3 juin 2005). Toutefois, l’île de Rachgoun n’a pu accédé au statut d’ASPIM car ne disposant pas de statut de protection au niveau national. En outre, les travaux du Conservatoire du Littoral Français dans le cadre de l’initiative PIM ont apporté des données originales, notamment sur la faune insulaire, en particulier les compartiments ornithologique et herpétologique. En 2016, et dans le cadre du Medkeyhabitats, une cartographie fine des habitats marins clés de l’île de Rachgoun a été établie (CAR/ASP–PNUE/PAM, 2016).

Intérêts


Le phare de l’île @CDL/PIM 2006

L’île de Rachgoun présente un triple intérêt : écologique, historique et économique. Sur le plan écologique, le climat méditerranéen semi-aride de l’Île Rachgoun et son exposition aux embruns favorisent la végétation sous-frutescente épineuse, formant des broussailles xérophiles Khelifi (2004), avait identifié quatre groupements végétaux sur l’île : le groupement à Salsola longifolia et Withania frutescens, très fréquent sur l’île, se présente sous forme de broussaille. Ce groupement est accompagné par Atriplex halimus, Asparagus stipularis et S. longifolia, espèces hautement d’adaptées aux conditions des milieux littoraux et insulaires. Le groupement à Lycium intricatum,  se développe sur les bordures des falaises en haut des versants ouest de l’île et se présente sous forme de coussinets épineux. Le groupement à Mesembryanthemum cristallinum, pelouse à végétation rampante, s’étale sur les affleurements gréseux, est observée dans la partie ouest de l’île. Le groupement nitrophile à Lavatera mauritanica couvre une surface importante sur le plateau de l’île près du phare. L. mauritanica, espèce Ibero-maurétanéenne est assez rare en Algérie et sa distribution reste localisée à la région oranaise.

 

Parmi les mammifères, L’hérisson (Aethechinus algirus) a été introduit sur l’île par le gardien du phare, afin de limiter la population de serpents (Benabdi. Per. 20016), la même source signale l’introduction de chèvres et de lapins sur l’ile pour des besoins de subsistance. L’herpétofaune est représentée sur l’île par le serpent qui serait une Couleuvre à capuchon d’Abubaker.

 

L’île de Rachgoun, avec ses parties abritées des embruns et sa nature accidentée, incrustée de grottes, de failles, d’éboulis et d’escarpements héberge un peuplement ornithologique constitué de 11 d’espèces. Le Puffin cendré (Calonectris diomedea) niche dans des cavités étroites et des escarpements ou dans des grottes creusées dans la falaise. Leur nombre est variable.

 

Quelques spécimens de Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis) occupent la niche écologique la plus basse, alors que le Goeland leucophée (Larus cachinnans) occupe la partie la plus haute de l’île, où il aménage ses nids. Leur nombre varie selon les secteurs, plus de 20 couples, alors qu’un nombre important de cadavres de jeunes est éparpillé sur une grande surface. Une végétation dense occupant une grande partie du plateau insulaire sert de reposoirs pour le Goeland d’Audouin (Larus audouinii),  oiseau essentiellement ichtyophage qui niche dans les pentes douces en haut des falaises. Quatre colonies avec un nombre total dépassant les 250 couples ont été dénombrées.

 

L’Aigrette garzette (Egretta gazetta), oiseau marin reconnaissable à son plumage blanchâtre et à ses deux longues plumes sur la tête, est rare sur l’île de Rachgoun. Deux individus erratiques ont été reconnus en vol et cinq spécimens immobiles ou en quête de nourriture en bas des falaises ont été identifiés. Le Balbuzard pêcheur (Pandian haliaetus), rapace cosmopolite, y a été signalé. L’Aigle royal (Aquila chrysaetos), a été observée, planer au dessus des versants Nord et Est de l’île. Plusieurs couples (50 individus au moins) de Pigeons ramiers (Colomba palumbis) volaient entre les escarpements des falaises et s’engouffraient à l’intérieur de petites crevasses où se trouvaient leurs nids. En raison de la distance courte séparant l’îlot du littoral, les pigeons ont pu migrer et réussi à s’y installer. Les autres oiseaux signalés une seule fois sur l’ile sont le martinet pâle (Apus pallidus), le chevalier gambette (Tringa totanus) et le courlis cendré (Numenius arquata) qui y auraient été aperçus.

 

Les travaux menés sur le compartiment marin autour de l’île de Rachgoun permettent d’estimer le capital biodiversité benthique et ichtyologique à 633 espèces (Grimes et Kaidi, 2003 ; Grimes et al., 2005 ; (CAR/ASP–PNUE/PAM, 2016). Ce chiffre inclus les espèces signalées par les plongeurs et les pêcheurs ; ainsi que les observations faites au niveau des pêcheries de Béni Saf et Bouzedjar lors de l’étude classement de 2003 et en 2015-2016.

 

Autour de l’île de Rachgoun, deux espèces de tortues marines sont souvent observées : la Caouanne (Caretta caretta), la plus commune dans ce secteur et la Tortue Luth (Dermochelys coriacea). Huit espèces de Cétacés, fréquentent les alentours de l’île Rachgoun : Delphinus delphis, ursiops truncates, Stenella coeruleoalba, Globiccephala melas, Grampus griseus Ziphius cavirostris, Physeter macrocephalus, Balaenoptera physalus. Les grands Cétacés : Cachalot, Rorqual commun et Ziphius sont très rares et ne représentent que 0,5 à 3 % des échouages et des observations par rapport aux Delphinidés qui constituent plus des 3/4 de l’ensemble des échouages et des observations. Trois espèces y sont communes : D. delphis, T. truncatus, S. ceruleoalba. Avec 63,49 % d’échouages et 56,61 % d’observations en mer D. delphis est l’espèce la plus commune.

44 espèces marines remarquables figurant sur les annexes du Protocole ASP BD de la Convention de Barcelone ont été récolées ou signalées autour de l’île de Rachgoun.

 

Le secteur marin de Rachgoun alimente la pêcherie occidentale de la côte algérienne et constitue, avec les Habibas et le banc de l’Alidade, des espaces stratégiques cette  espèces à forte valeur commerciale. La zone côtière en face de l’île est à fort potentiel de développement touristique et sa situation géographique au centre de la façade occidentale de la côte algérienne.

ENCADRE : LE PHOQUE MOINE


L’ile Rachgoun a été l’un des derniers sites refuge du phoque moine de Méditerranée (Monachus monachus) en Algérie ; cette unique espèce de Pinnipèdes avait fréquenté le littoral ouest algérien (grottes du Cap Oulassa-plage, la falaise Camerrata, l’Ourdania et Zouanif-Rachgoun). En 1986 et 1987, un couple de phoques avait trouvé refuge sur cet îlot. Au printemps 1988, il n’existait qu’un seul phoque ; l’autre individu aurait été abattu dans le bassin du port de Béni Saf. Les deux gardiens du phare (Ghemaoui et Bekkada, com. pers.) ont affirmé que cet individu qui leur était familier, visible matin et soir et reconnaissable grâce à une large tache blanche sur le cou du côté droit de la tête ; ils l’avaient surnommé “Messaoud” (= joyeux), n’était plus observé depuis mars 1989, à la suite de mauvais temps qui a duré plusieurs jours. En juin 1990 (mission de Robineau et Boutiba) et en août 1990, les chercheurs du CERP de Béni Saf ont signalé un phoque sur l’île de Rachgoun. Selon le gardien du phare (Mohamed, com. Pers.), un phoque venait souvent l’été 2003 rendre visite à une grotte située au Nord-Est de l’île.
Samir Grimes

L’une des originalités de l’île de Rachgoun est liée à la patelle géante de (Patella ferruginea), espèce en voie de disparition et dont la population de l’île de Rachgoun est parmi les importantes de la Méditerranée (CAR ASP/PAM, 2016).

L’importance du secteur marin de Rachgoun pour l’activité de la pêche n’est plus à démontrer. En effet, la zone immédiate de l’île de Rachgoun avec ses fonds  accidentés, constitue un véritable réservoir en espèces exploitables. Selon l’inventaire de l’ichtyofaune exploitée dans le secteur de Rachgoun-Beni Saf, réalisé à partir de plusieurs sources d’informations (ISMAL, 1988-1994, observations en plongée, enquête auprès des pêcheurs des ports de Beni Saf et de Bouzedjar (Grimes, 2003); données de la Direction de la pêche d’Ain Témouchent ; campagne Thalssa (ISTPM, 1982) et campagne Visconde de Eza, 2004), les principales espèces capturées sont : le saurel, Trachurus trachurus, la bogue, Boops boops, le merlu, Merluccius merluccius la crevette rose, Parapeneus longicornis, le maquereau, Scomber scombrus, la rascasse rose, Scorpaena elongata, la petite rascasse, S. notata, la rascasse  brune, S. porcus, les serrans (Serranus cabrilla et S. scriba), le mulet doré, Mugil auratus, les sars, Diplodus sargus et D. vulgaris, la torpille, Torpedo marmorata.

Sur le plan culturel et historique le patrimoine archéologique du site et le phare constituent des témoignages du rôle stratégique que cette île eu a à jouer pendant une longue période ainsi que de son importance pour la population de Beni Saf et pour les pêcheurs et les navigateurs de manière plus générale.

Pressions


Oeufs de Goélands @CDL/PIM 2006

La pression de pêche professionnelle et celle dite  de plaisance (amateur) est de plus en plus forte. La pression se fait ressentir particulièrement sur les grands sérranidés (mérou, badèche) et les grands crustacés (homard, homard, cigale), qui sont déjà rares dans la zone (CAR ASP/PAM, 2016).

L’île Rachgoun  est n’est pas directement exposée à des sources de pollution industrielle, cependant, le risque de contamination, via les courants NNO à partir de la zone industrielle de Ghazaouet (ALZINC) sont réels. De même, la proximité de la zone pétrochimique d’Arzew, rend l’île Rachgoun vulnérable au risque de pollution par les hydrocarbures (accident en mer). L’île de Rachgoun devenant de plus en plus accessible aux plaisanciers, les risques liés à la sur-fréquentation estivale sont multiples. En effet, de plus en plus d’embarcations légères à moteur « déversent » une population de vacanciers sur l’île avec divers désagréments (huiles d’embarcations dans le périmètre immédiat de l’île, macrodéchets). La pression de la chasse sous marine autour de l’île cible trois espèces quelques espèces (mérou, badèche, corb noir) ainsi que la langouste et la cigale.
Le prélèvement des œufs de l’avifaune, pratique courante sur l’île, soit par les plaisanciers pour usage personnel, ou destinés aux boulangeries et aux pâtisseries. Ces prélèvements continus, soutenus risquent de compromettre la reconstitution des stocks de certaines  populations d’avifaune très vulnérables. Le développement des activités aquacoles dans le secteur de Béni Saf doit être encadré pour réduire les effets négatifs des déchets organiques de cette activité et limiter le nombre et la taille des activités dans le la zone la plus immédiate de l’île. Parmi les autres menaces, il y’a lieu de citer la présence de chèvres et de moutons introduits sur l’île et qui broutent un couvert végétal déjà très limité et recelant quelques espèces d’intérêt pour la conservation.

Le développement accéléré du tourisme dans la zone côtière proche de l’île de Rachgoun constitue, à terme une menace. En effet, le complexe touristique le Syfax sur le cap Brocchus et celui d’El Nabil sur le cap Acra, tous deux situés en face de l’île de Rachgoun ainsi que des Construction « pied dans l’eau » au niveau de la plage de Rachgoun constituent un point des points de départ des plaisanciers vers l’île. Le Complexe gazier de sidi Djelloul  et la Cimenterie de Beni Saf (Ain Témouchent) sont également des menaces pour le site.

Les espèces marines exotiques, dont certaines pourraient être envahissantes constituent une menace à terme pour l’écosystème insulaire de Rachgoun. L’étude Medkeyhabitat a mis en évidence la présence de quatre espèces exotiques autour de l’île de Rachgoun, mais dont aucune n’est en situation « envahissante »   (CAR/ASP– PNUE/PAM. 2016) : le Chlorophyte Codium fragile, très localisée au Sud de l’île, le Rhodophyte Asparagopsis armata, abondante au Nord de l’île, à 0-5 m de profondeur, Asparagopsis taxiformis, abondante autour de l’île (0-15 m de profondeur) et une colonie du Bryozoaire Amathia verticillata, localisée en surface près de l’embarcadère au Sud de l’île.

Gestion & Conservation


Rive Sud @CDL/PIM 2006

L’île de Rachgoun n’est pas encore classée et ne dispose pas d’un statut légal de protection. Toutefois, l’intérêt pour son classement a été manifesté depuis le début des années 1990.

Boutiba (1991) proposait la création de deux réserves marines dans l’Ouest algérien, pour la protection des derniers phoques moines présents encore en Algérie. Cette demande a été réitérée pour l’île Rachgoun et un projet dans ce sens a été présenté à la Conférence Internationale pour la Protection des Mammifères marins en Méditerranée Occidentale (RIMMO 8) à Antibes (France) en 1999  (Boutiba, 1999). En 1996, Boudouresque (1996/GIS-Posidonie), recommandait au classement les axes îles Habibas-Mersat Medakh et île Rachgoun-Ras Kela. La stratégie nationale de la biodiversité (Grimes, 2002/ PNUD/GEF.ALG31) ; ainsi que le premier plan national d’action pour les AMP (Grimes, 2002/CAR ASP/PAM), avaient considéré l’île Rachgoun parmi les AMP prioritaires de l’Algérie. 3112 hectares est la surface marine, partie terrestre incluse qui a été proposée comme zone de protection autour de l’île de Rachgoun (Grimes, 2005/ Rapport MATE-LRSE, 2005).

Le ministère charge de l’environnement a initié depuis un processus pour accélérer le classement de cet espace biostratégique pour le bassin sud occidental de la Méditerranée et un Schéma d’aménagement et d’orientation de gestion de l’île de Rachgoun a été élaboré par les experts mobilisés par le Conservatoire Français du Littoral en 2006 dans le cadre de la coopération algéro-française (projet d’Appui au Commissariat National du Littoral (MATE/CNL-FFEM.CdL/2006-2012).

Principales ressources bibliographiques


  1. Benzohra M. and  Millot C., 1995. Caracteristics and circulation of surface and intermediate water masses off Algeria. Deep-Sea Res. I, Vol. 42, n°10., pp 1803 –1830.
  2. Boutiba Z., 1992. Déclin du Phoque moine, Monachus monachus, sur les côtes d’Algérie. Intern., Tanger, Maroc, 21-26 Juin 1992: 29p.
  3. Boutiba Z., Robineau D. et Derrar D., 1991. Demande de la création de deux réserves marines dans l’Ouest algérien pour la protection des derniers phoques d’Algérie (in Boutiba, 1992) : 05p.
  4. Boutiba Z., 1999. Projet “Ile de Rachgoun” Réserve naturelle d’intérêt écologique et faunistique. Conférence Internationale pour la Protection des Mammifères marins en Méditerranée Occidentale (RIMMO 8), Antibes (France), Nov. 1999.
  5. CAR/ASP –  PNUE/PAM. 2016. Cartographie des habitats marins clés de Méditerranée et initiation d’un réseau de surveillance autour de l’île de Rachgoun – Ouest Algérien. Par Ramos Esplá A., Benabdi M., Forcada Almarcha A., Sghaier Y., Valle Pérez C. Projet MedKeyHabitats. Centre d’activités Régionales pour les Aires Spécialement Protégées (PNUE/PAM- CAR-ASP).Tunis : 112 p. + Annexes.
  6. Grimes S. et Boudjellal – Kaidi N., 2003. Etude de la faune carcinologique des fonds meubles de l’île Rachgoun (Beni-Saf, ouest Algérien). Rapport extrait du Mém. Ing. d’état  en océanographie (écologie marine) de Boudjellal–Kaidi N., ISMAL (Alger)., 65p.
  7. Grimes S., 2002a. Plan d’action national pour l’inventaire et la mise en place d’aires marines protégées en Algérie. Contrat PNUE/CAR ASP : 35 p.
  8. Grimes S., 2002b. Perspectives des aires marines protégées en Algérie. PNUD/GEF/ALG 31: 15p.
  9. Grimes S., Boutiba Z., Bakalem A., Bouderbala M. Boudjellal B., Boumaza S., Boutiba M., Guedioura A., Hafferssas A., Hemida F., Kaïdi N.,  Kerzabi F., Khelifi H., Merzoug A., Nouar A., Sellali B., Sellali-Merabtine H., Semroud R., Seridi H., Taleb M.Z. & Touahria T., 2004. Biodiversité marine et littorale algérienne. Projet Sonatrach/LRSE. Sonatrach. 362 p.
  10. Prieur L. and Sournia A., 1994. « Almofront-1 » (April-May 1991): an interdisciplinary study of the Almeria-Oran geostrophic front, SW Mediterranean Sea. Journal of Marine Systems 5 (1994). ELSEVIER., pp 187- 203.
  11. Raimbault P., Coste B., Boulahdid M. and Boudjellal B., 1993. Origin of height phytoplankton concentration in deep chlorophyll maximum (DCM) in a frontal region of South-western  Mediterranean   Sea  (Algerian Current).  Deep  Sea Research. 40. N° 4, pp 791 – 804.
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